Trooper, le robot qui simplifie la vie des horticulteurs comme des pépiniéristes
Le robot de distances des plantes en pot Trooper, d'Instar Robotics, s'implante de plus en plus chez les horticulteurs et pépiniéristes.
Le robot de distances des plantes en pot Trooper, d'Instar Robotics, s'implante de plus en plus chez les horticulteurs et pépiniéristes.
Et si le robot Trooper devenait l'indispensable de tous les horticulteurs et pépiniéristes de France ? Commercialisé depuis près de quatre ans par Instar Robotics, start-up française installée dans le Val-d'Oise, lancée en 2018 par Adrien Jauffret et Pierre Delarboulas, la société promet de "diminuer la pénibilité au travail et recentrer l'humain sur son métier en s'affranchissant de tâches pénibles et peu valorisantes".
Concrètement, le robot Trooper est utile pour effectuer le distançage des plantes en pot. Cette tâche peut être très usante, notamment pour le dos, lorsqu'elle est réalisée à la main par un humain. "Il faut déjà tracer des repères au sol, pour certains mesurer à la règle. C'est une opération à très faible valeur ajoutée mais qui est obligatoire pour la qualité de la plante", explique Adrien Jauffret.
Dans le détail, le séquençage consiste à espacer les plantes les unes des autres afin de permettre leur croissance et d'obtenir une belle qualité de plante. Trooper peut donc saisir les pots à touche-touche puis les distancer sur toute une largeur. Il peut aussi effectuer l'opération inverse : le resserrage, pour remettre les plantes à touche-touche afin de pouvoir ramasser le tas resserré à la fourche. Enfin, le robot permet aussi le regroupement en saisissant les pots déjà distancés pour les regrouper au plus proche, ou bien pour les distancer une seconde fois, avec davantage d'espace.
Si certaines entreprises ont longtemps eu recours à des saisonniers pour réaliser le distançage, le manque de main-d'œuvre se fait ressentir. "De moins en moins de personnes veulent faire cela, même des travailleurs étrangers, parce que c'est trop pénible et qu'il y a plus valorisant ailleurs", détaille son cofondateur.
Plus précis que l'humain
Le coût du distançage est estimé à "environ 15 centimes le pot par un saisonnier, 20 voire 25 centimes par un chef d'entreprise ou un chef de production", selon Adrien Jauffret. Instar Robotics considère qu'il faut entre 200 000 et 250 000 plantes déplacées pour rentabiliser le robot Trooper. "Un gros producteur peut le faire en un an, même si, en moyenne, nos clients sont plutôt sur 80 000 pots par an", raconte Adrien Jauffret.
Outre le gain d'énergie, Instar Robotics promet un robot plus précis que l'humain. Trooper fonctionne avec un lidar, une technologie de télédétection qui utilise des faisceaux laser pour mesurer des distances et des mouvements précis en temps réel. "Le robot a tout de même besoin de cônes de chantier, à placer le long de la planche pour définir sa zone, parce qu'il ne peut pas utiliser de GPS en intérieur sous serre horticole", précise Adrien Jauffret.
"Même si Trooper est moins rapide qu'un humain, il n'a pas besoin de faire de pause et n'a pas besoin non plus de lumière, donc il peut effectuer des tâches la nuit", détaille-t-il. Trooper peut traiter entre 1 500 et 2 000 pots par jour avec une batterie d'une autonomie de 10 heures, qui se recharge en 3 à 4 heures. L'entreprise avance comme argument, le passage de trois ou quatre personnes pour réaliser ces actions à une seule personne qui s'occupe du robot et qui amène les plantes au sol.
"Lorsque nous avons lancé notre entreprise, nous ne voulions pas faire des robots gadgets, mais un robot utile, répondant à un vrai besoin. Le distançage est une action pénible et répétitive, tout ce qu'il faut pour un robot", souligne le cofondateur.
Désormais, Instar Robotics propose également trois modules supplémentaires : un surfaceur automatique équipé d'un réservoir de microbilles d'engrais, une tailleuse et un piège pour les insectes ravageurs. Le développement de l'entreprise se déroule bien, selon Adrien Jauffret : "Nous avons passé la vague des précurseurs ; désormais, les entreprises viennent nous voir pour ne pas rater le train."•