Aller au contenu principal

Solidarité Paysans 76 : un collectif toujours sur le pont

L'association Solidarité Paysans 76 qui vient en aide aux agriculteurs en difficulté a tenu son assemblée générale le 23 avril à Bourdainville. 169 agriculteurs ont bénéficié de son accompagnement en 2025.

Solidarité Paysans 76 a fait salle comble le 23 avril pour son assemblée générale statutaire. 

Après introduction, Jean-Joseph Roussignol, président de l'association, a donné la parole à Séverine Gest, maire de Bourdainville et vice-présidente du Conseil départemental de la Seine-Maritime. L'élue a souligné que le Département « venait de voter le 2 mars dernier une subvention de 160 000 euros sur 3 ans à l'association » et rappelé le « dispositif des petits investissements mis en place par la collectivité départementale dont ont bénéficié près de 4 000 exploitations depuis 2022 ». « Et cela pour vous dire que nous apportons un soutien plus général aux agriculteurs de Seine-Maritime... ceux qui ne sont pas forcément en difficulté mais qui ont besoin d'être soutenus pour faciliter leur travail au quotidien », sans oublier « notre contribution au dispositif Réagir, qui, avec la Chambre d'agriculture, soutient les exploitations en situation préoccupante ».

Le trésorier, Jean-Luc Duclos, a ensuite présenté le rapport financier de l'association pour 2025. Celle-ci affiche une situation financière saine, grâce au soutien de ses partenaires financiers ainsi qu'à quelques produits nouveaux (sa participation à l'événement caritatif La Nuit du Bien Commun à Canteleu en juin dernier).

Après approbation des comptes, place au rapport d'activité. Solidarité Paysans 76 comptait 202 adhérents en 2025, une équipe bénévole de 26 personnes (dont quatre nouveaux) pour un total de 3 041 heures d'accompagnement, et trois salariés.

L'association a accompagné 169 agriculteurs l'année passée correspondant à 160 exploitations. Le nombre de sollicitations reste stable avec 28 nouvelles situations enregistrées (soit 37 personnes) tandis que 45 ont pris fin.

Typologie des personnes et caractéristiques des exploitations

Au total, parmi les personnes aidées, 80 % sont des hommes. Les nouveaux appels sont orientés principalement par la MSA. Les orientations sont aussi le fait du bouche-à-oreille par des personnes qui parlent de l'association autour d'eux (partenaires, administration, fournisseurs et agriculteurs accompagnés par le passé).

Les exploitations accompagnées sont réparties sur l'ensemble du territoire, avec une représentation plus marquée dans le pays de Bray.

60 % des personnes accompagnées ont plus de 45 ans, 16 % ont plus de 65 ans - alors qu'elles pourraient prétendre à la retraite -, et 5 % ont moins de 35 ans. 28 % des personnes sont célibataires et 20 % veuves ou divorcées.

Tous les types de production sont accompagnés. L'association relève « quand même une majorité de systèmes élevage (74 %) » et souligne que « dans les nouveaux appels, on a eu 12 situations en système bovin-lait, alors que le contexte économique était plutôt favorable, donc les problématiques sont autres, et c'est souvent des problématiques de santé ou de surcharge de travail ». Le nombre d'exploitations en AB qui appellent augmente aussi d'année en année avec 6 nouveaux appels en 2025 (soit 21 % des appels).

Les exploitations accompagnées sont majoritairement des entreprises individuelles (67 %). La majorité a également une surface comprise entre 50 et 100 ha et « seules 17 % des exploitations emploient au moins un salarié ».

L'association relève la fragilité économique d'une grande majorité des exploitations suivies. « À partir des comptabilités 2024, il ressort de l'analyse du revenu disponible que 84 % des exploitations ne dégagent pas l'équivalent d'un Smic. Plus encore, pour 75 % d'entre elles, le revenu disponible est inférieur au plafond du RSA pour une personne seule. Enfin la situation est critique pour 63 % des exploitations dont le revenu est négatif ».

Quel accompagnement ?

L'accompagnement se veut respectueux et sans jugement, répondant aux besoins spécifiques des agriculteurs. L'agriculteur reste « libre de ses décisions et maître de ses choix ».

Côté méthode explique l'association : « On considère toujours que l'exploitation est un système global, avec plusieurs dimensions qui interagissent entre elles : outil de production, organisation du travail, partenaires, mais aussi cadre administratif, social et juridique. Et au centre de tout cela, on a l'exploitant et sa famille. Donc on regarde, quand c'est possible, l'ensemble de ces paramètres, pour pouvoir mener à bien nos accompagnements ». Côté humain : « Ça nécessite l'établissement d'une relation de confiance, une écoute active, de l'attention mais aussi beaucoup de temps. Donc on essaye le plus possible de se déplacer à domicile (637 rendez-vous à domicile sur l'année) ».

« L'accompagnement social constitue un volet essentiel de notre action, en étroite collaboration avec les travailleurs sociaux du département ou de la MSA. On travaille sur tout ce qui est accès aux droits sociaux, aux soins, à la santé, au logement, accès aussi à la culture et aux loisirs, avec par exemple l'aide au répit de la MSA. Et puis, nous travaillons sur le maintien dans l'emploi, parce qu'on a beaucoup d'agriculteurs qui ont des soucis de santé. » 

Autre point important de Solidarité Paysans 76 : le juridique en lien avec les tribunaux (tribunal paritaire des baux ruraux, tribunal judiciaire ou nouveau tribunal des affaires économiques). L'association a donc une expertise sur les procédures collectives. « En 2025, on a homologué deux plans ; un pour une sauvegarde et un pour un redressement judiciaire. Et puis, on a accompagné une personne en liquidation judiciaire. »

Les salariés ont présenté plus en détail quelques-uns des leurs accompagnements durant l'année 2025 : un agriculteur en entreprise individuelle et en âge de prendre sa retraite qui avait accumulé un retard administratif important ; un arboriculteur avec une grosse problématique de santé ; un maraîcher récemment installé en AB avec vente sur les marchés avec des difficultés de trésorerie.

2026 ?

Plusieurs priorités se dessinent. « Nous souhaitons renforcer notre capacité d'accompagnement avec l'ouverture d'un quatrième poste salarié. Nous allons poursuivre le développement de notre réseau de partenaires, notamment en allant à la rencontre des nouveaux élus ainsi que le mécénat. Nous voulons également déployer des actions de prévention, en particulier auprès des établissements agricoles et dans les dispositifs d'installation. Enfin, nous continuerons à porter la voix des agriculteurs et agricultrices en difficulté. Notre objectif reste le même, permettre à chacun de retrouver des perspectives et de rompre l'isolement. »

Une table ronde, intitulée "Bien penser sa transmission pour une retraite sereine", s'est tenue en toute fin d'assemblée avec les interventions de la Chambre et de la MSA et le témoignage d'Alain Folastre, agriculture retraité. La rédaction reviendra sur cette table ronde dans un prochain numéro.•

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Les Prés d’Artemare à Saint-Vaast-Dieppedalle (22 juillet).
Concerts à la ferme : carton plein en Seine-Maritime

Près de 900 personnes sont venues assister aux cinq concerts à la ferme qui se sont tenus en Seine-Maritime du 20 au 24…

L'aide à l'achat d'engrais minéraux azotés simples va de 50 à 70 € la tonne. Épandage d'engrais azoté sur blé.
Plan engrais 2026 : l'aide est aujourd'hui disponible

Le dispositif d'urgence exceptionnel qui accompagne les exploitations agricoles face à la hausse des coûts des intrants liée…

Philippe Sellier, membre du bureau de la FNB et éleveur allaitant dans l'Eure, martèle, devant le directeur de l'abattoir, que Bigard, leader français des abatteurs, orchestre une baisse continue des prix qui in fine se retournera contre toute la filière.
Les éleveurs bovins dénoncent des baisses de prix injustifiées

Dès 4 heures du matin, mardi 28 juillet, près d'une centaine d'agriculteurs venus de tous les départements normands ont bloqué…

Adoption définitive de la loi d'urgence agricole le 21 juillet 2026. Pour la FNSEA, « cette loi constitue une véritable bouffée d'oxygène pour les exploitations agricoles ».
Adoption définitive de la loi d'urgence agricole

L'Assemblée nationale puis le Sénat ont définitivement adopté le projet de loi d'urgence agricole mardi 21 juillet au soir.…

Au printemps, David Léger composte la litière deux fois à 15 jours d'intervalle. Il l'épand ensuite, sans l'incorporer sur ses prairies temporaires.
Une litière en plaquette bois pour booster la vie du sol

À Esteville, les vaches de David Léger logent sur une litière mixte construite sur de la plaquette bois. Sans impact sur le…

Au 20 juillet, les prairies sont fortement touchées par la sécheresse. Les éleveurs s'inquiètent pour les fourrages à venir.
Sécheresse : mobilisation autour des fourrages

Face à la baisse des fourrages, les éleveurs s'inquiètent. Le réseau FDSEA-FRSEA de Normandie lance une enquête afin d…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole