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Sans le TO-DE, Sylvain Massin arrêterait la production de salades

Sylvain Massin embauche jusqu'à sept saisonniers pour son exploitation maraîchère basée à Moidrey, aux portes du Mont-Saint-Michel (Manche). Sans le dispositif TO-DE (travailleurs occasionnels-demandeurs d'emploi) qui vise à obtenir des exonérations patronales, il serait contraint d'arrêter des productions.

Sylvain Massin est devenu producteur de légumes comme ses parents, dans les polders du Mont-Saint-Michel, dès 2003. Ses parents, qui avaient commencés en race allaitante à Pleine-Fougères, de l'autre côté du Couesnon, ont migré au fil des années vers la production légumière, notamment les endives. "On livrait à Agrial, qui était la Casam à l'époque. Puis ils ont commencé la production de salades dans le milieu des années 90", explique Sylvain Massin. "Cela fait donc 30 ans qu'on est dans la salade. De 1996 à 2003, on était très spécialisé parce qu'on n'était pas équipé pour faire d'autres productions ou qu'elles n'étaient pas intéressantes économiquement ", relève-t-il. Notamment dans le secteur de Moidrey.

Sept saisonniers chaque année

Si chacun avait sa structure, ses parents et lui faisaient appel à de la main-d'œuvre saisonnière. "Mes parents avaient deux saisonniers et moi j'employais une personne", précise-t-il. La production de carottes est arrivée plus tard. Au départ en retraite de ses parents, Sylvain Massin a continué toutes les productions. "Et aujourd'hui, je produis autant de salades, sur 20 ha. Se sont ajoutés 10 ha de carottes, 6 ha de pommes de terre. Et je cultive 50 ha de maïs et 20 ha de blé", avance-t-il.

L'activité maraîchère est écoulée à 90 % via les coopératives et 10 % en vente directe. Pour assurer toute cette production, Sylvain Massin fait appel à de la main-d'œuvre saisonnière. "J'ai quatre personnes de février à fin novembre et trois autres personnes complètent l'équipe de mai à novembre", indique le producteur. "C'est la main-d'œuvre qui oriente nos choix de production. Par exemple, on a arrêté le navet d'hiver parce que les conditions sont pénibles", ajoute-t-il.

Un dispositif non négligeable

Comme tous les producteurs embauchant de la main-d'œuvre occasionnelle, il bénéficie du dispositif TO-DE, octroyant des exonérations patronales. "Chaque mois, pour chaque salarié, ce n'est pas anodin", reconnaît Sylvain Massin. Sans ce dispositif, il sait qu'il serait contraint d'arrêter des productions comme la salade. "Je garderai les productions mécanisées. Mais cela veut dire que les usines ne pourraient plus s'approvisionner en local. On détruirait tout un tissu économique. Aujourd'hui, les productions légumières sont demandeuses d'emploi. Et nous, employeurs, avons besoin d'être aidés", assure-t-il. Pour autant, si un dispositif lui permettait d'embaucher des salariés à l'année, il saisirait l'opportunité "parce que cela nous permettrait de fidéliser notre personnel et de leur proposer de meilleures conditions de vie", conclut-il. Pour l'instant, le dispositif est acté jusqu'à fin 2025.•

 

JEAN-MICHEL DEBESNE, vice-président de la commission employeurs de la FRSEA de Normandie

"Des actions pour les employeurs qui dépassent le cadre du TO-DE

La FNSEA est le seul syndicat reconnu employeur de main-d'œuvre à ce jour. Son rôle principal est de représenter et défendre les intérêts des employeurs dans le secteur agricole auprès des instances gouvernementales, des organisations professionnelles et des syndicats de travailleurs. Cela leur permet de faire entendre notre voix sur des questions législatives, réglementaires et économiques affectant le secteur. Les commissions emploi et formation de la FRSEA déploient plusieurs actions pour promouvoir et améliorer l'emploi dans le secteur agricole. En premier chef, la promotion des métiers de l'agriculture (organisation de visites d'entreprises agricoles, participation à des salons et forums dédiés à l'orientation et à l'emploi, interventions en milieu scolaire pour informer et orienter les jeunes collégiens). Des actions sont également menées sur la formation professionnelle agricole en impliquant des élus professionnels dans les conseils d'administration des lycées agricoles afin de s'assurer que les décisions prises soient en adéquation avec les réalités du terrain. Nous assurons également des formations spécifiques avec Pôle emploi et Ocapiat pour le déploiement de formations comme la POEC agents d'élevage laitier (Préparation opérationnelle à l'emploi collective) pour les demandeurs d'emploi ou personnes en reconversion professionnelle. Nous avons créé une bourse à l'emploi gérée grâce à une plateforme www.lagriculture-recrute.org, diffusant des offres et facilitant la mise en relation entre employeurs et candidats. D'autres actions sont menées pour les employeurs en accompagnement sur les questions réglementaires sociales (intégration, aide à l'embauche, contrat de travail, paie, fin de contrat, DUER…) et des services spéciaux pour les saisonniers, particulièrement dans le secteur du maraîchage par la mise à disposition de personnel recruté hors Union européenne, avec des démarches allégées pour donner suite à la reconnaissance de métiers de l'agriculture sous tension. Des négociations sont en cours sur les complémentaires. Ces actions visent à renforcer l'attractivité des métiers agricoles, à améliorer la formation des travailleurs et à faciliter la mise en relation entre employeurs et employés dans le secteur. Nos démarches visent à professionnaliser nos chefs d'entreprise sur la gestion de leurs ressources humaines en complément de nos revendications constantes pour alléger le coût du travail pour les employeurs du secteur agricole.

 

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