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Réguler le gibier pour pérenniser la forêt.

Le syndicat des forestiers privés, Fransylva, rappelle que la régulation du gibier est indispensable au maintien et au renouvellement de la forêt.


A l'occasion de l'ouverture de la chasse, les forestiers privés de Seine-Maritime alertent sur l'importance de réguler les populations de gibier pour l'avenir de la forêt.
« Aujourd'hui, nous cherchons à mieux nous faire connaître. Nous défendons les propriétaires forestiers qui pratiquent une gestion dynamique de leur forêt et qui subissent les dégâts croissants des chevreuils, cerfs et sangliers sur les arbres », déclare Pierre Lereboullet, président du Fransylva, le syndicat des forestiers privés.

Demande d'une réflexion sur l'indemnisation des sylviculteurs
L'accroissement important des tableaux de chasse depuis 30 ans (chevreuils +600 %, sangliers +730 %, cervidés +250 %) est la traduction chiffrée du déséquilibre agro-sylvo-cynégétique croissant.
« Depuis 2-3 ans, la population de sangliers prolifère. Il y a moins de mortalité de petits que dans le passé et le nourrissage a augmenté la fertilité des femelles qui ont plus de portées par an. Nombreuses sont les jeunes plantations retournées en une nuit.  Les dégâts des chevreuils et des cerfs sont soit d'ordre alimentaire et/ou comportemental. On distingue l'abroutissement qui est la consommation de jeunes pousses, le frottis qui est le frottement des bois des mâles sur les tiges et l'écorçage qui est la consommation d'écorce par le cerf », explique Cyril Retout, technicien forestier au centre national de la propriété forestière.,Les dégâts agricoles sont aujourd'hui les seuls indemnisés par la fédération des chasseurs. Fransylva met en place un protocole de dégât de gibier, un questionnaire qui aidera le propriétaire de chiffrer ses dégâts au niveau qualitatif et quantitatif. Cet outil de mesure permettra de mettre en place un dispositif de financement via les fédérations de chasse.  Fransylva Seine-Maritime demande qu'une réflexion sur le financement de l'indemnisation des dégâts de gibier sylvicoles soit menée rapidement.
« L'équilibre sylvo-cynégétique est difficile car il est compliqué de connaître le niveau des populations de gibier exacte sur les territoires. Les comptages restent des estimations. Mais dans de nombreuses situations, il existe un déséquilibre et il est compliqué de maintenir le gibier dans des proportions raisonnables compatibles avec la pérennisation de la forêt. Ce déséquilibre induit des surcoûts pour le sylviculteur qui doit protéger ses plantations.  De nombreux propriétaires retardent le renouvellement indispensable de la forêt car le coût d'une replantation dépasse le revenu généré par l'exploitation de la parcelle ».

Une pression de chasse plus importante trois ans avant la plantation
Le coût d'une plantation est d'environ de 3 000 euros l'hectare sans protection. La pose de protections individuelles sous forme de manchon en plastique représente entre 50 et 60% du coût de la plantation. L'engrillagement à 2 mètres de haut de la parcelle coûte près de quatre fois le coût de la plantation.
« Mais l'idée est quand même de ne pas avoir de dégâts. Nous suggérons aux propriétaires de faire des demandes plus conséquentes de prélèvements de gibier dans les 2-3 ans avant la plantation d'une parcelle. Cela nécessite un gros travail de planification car il faut connaître ses prévisions de plantation mais c'est la condition pour une sylviculture dynamique »
Fransylva encourage donc les propriétaires de faire réaliser le plan de chasse par le locataire de la chasse mais en concertation avec celui-ci. « Assurez-vous que le plan de chasse est effectué et qu'il est en adéquation avec les projets sylvicoles. Ne laissez pas le locataire gérer seul, associez-vous aux chasseurs ».

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