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Recrudescence d’avortements bovins imputés au virus de Schmallenberg

Apparue en 2011 en Allemagne et aux Pays-Bas, cette maladie a rapidement circulé en Europe en 2012 et 2013. Depuis, elle évoluait de manière sporadique chez les bovins et les ovins. Cependant, depuis l’été dernier, on constate plus d’avortements qui lui sont imputés.

© Shutterstock

Quelles manifestations cliniques ?

Chez l’adulte, le virus de Schmallenberg peut engendrer une hyperthermie avec diarrhée. Sur une vache gestante, les symptômes varient selon le moment de la contamination : naissance de veaux malformés si la vache est gestante de 1,5 à 4 mois (voir figure 1), avortement ou prématurité. Les malformations fréquentes sont :
- déformation ou blocage d’une articulation d’un ou plusieurs membres ;
- malformation de la colonne vertébrale ;
- anomalie du port de tête (torticolis) ;
- raccourcissement de la mâchoire inférieure ;
- hydrocéphalie : “grosse tête”.
Dans certains cas, les veaux naissent vivants et en bonne forme mais développent des signes nerveux (parfois discrets) et meurent dans les heures ou jours suivant leur naissance.
Aucun traitement n’existe à ce jour. L’immunité à la suite du passage de la maladie semble très efficace et durable. Le virus est transmis par un Culicoides (petit moucheron), qui se reproduit quand il fait chaud (de 13 à 35 °C) et humide, mais est sensible à la sécheresse et la pluie.

Avortements chez les bovins : des causes variées

Chez les bovins, les causes d’avortement sont nombreuses avec trois maladies majeures – fièvre Q, BVD, néosporose –, recherchées dans le cadre d’avortements en série. Cependant, on constate depuis plusieurs mois que la recherche de ces maladies “fréquentes” ne donne pas toujours la cause des avortements. Certains vétérinaires ont donc fait la recherche du passage du virus de Schmallenberg (sérologie, recherche d’anticorps), recherche qui s’est avérée positive. Le graphique (voir figure 2)  présente les pourcentages de vaches positives quand l’analyse a été demandée, en cas d’avortements en série ; en sachant que cette analyse est aujourd’hui peu demandée, son importance relative est donc surestimée. Mais il est important d’y penser en cas d’avortements ou de mortinatalités, quand les causes majeures d’avortements ont été écartées. On peut également souligner la forte présence du BHV (herpès virus) en cas d’avortements en série ; on considère aujourd’hui qu’il potentialise les avortements, mais c’est rarement le seul responsable des avortements.

Quelles prises en charge en cas d’avortement ?

La déclaration d’un avortement bovin est obligatoire et se fait auprès de votre vétérinaire sanitaire. La prise en charge des frais vétérinaires et de l’analyse de recherche de la brucellose sont couverts par l’État dans le cadre de la surveillance de cette maladie.
En cas d’épisodes d’avortements groupés, pour les adhérents au GDMA, les analyses complémentaires sont prises en charge à 50 %. En raison de l’impact des avortements dans un cheptel, il est important de dépister l’agent pathogène responsable. Pour une partie de ces maladies, des vaccins existent. Votre vétérinaire sanitaire et le GDMA sont à votre écoute. •
 

 

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