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Bruno Vassard, éleveur laitier à Envermeu, estime sa perte de production de maïs à plus de 50 %. Il témoigne des difficultés rencontrées et avance quelques pistes pour y faire face.

La situation est très compliquée chez Bruno Vassard, qui a perdu plus de la moitié de sa surface de maïs.
La situation est très compliquée chez Bruno Vassard, qui a perdu plus de la moitié de sa surface de maïs.
© C. H.

Bruno Vassard gère une exploitation de 60 vaches laitières. Sur la ferme située à Envermeu, il y a 243 animaux à nourrir et le maïs va manquer pour nourrir tout le monde cet hiver. Depuis plus d'un mois maintenant tous les animaux sont affouragés avec de l'enrubannage d'herbe qui était prévu pour cet hiver.

Et pourtant, Bruno Vassard avait augmenté ses surfaces de maïs cette année. En général, il y a une vingtaine  d'hectares dans son assolement mais l'an dernier il a fait une demande pour retourner des pâtures sur lesquelles il a fait le choix de semer du maïs en direct : « avec le sans labour, je voulais maintenir la matière organique à la surface mais ce n'était pas la bonne année pour tenter cette pratique. Le semis trop tardif, le sans labour et la faible efficacité des herbicides, en situation de grande sécheresse et de canicule, ont eu des conséquences catastrophiques. Les parcelles se sont fortement salies et le maïs n'a pas poussé. Et le peu de maïs présent dans les parcelles fait à peine 1 mètre de haut ».

« Sur 20 hectares, il n'y a rien »

Sur ses quatre parcelles de maïs d'une surface totale de 38 hectares, il estime avoir perdu plus de 50 % : « Sur 20 hectares, il n'y a rien. Sur une des quatre parcelles semées 10 jours avant les autres, j'espère mieux mais la surface n'est pas importante ».

Pas question de diminuer le nombre de vaches : « c'est du revenu en moins dans 2-3 ans. Il faut que je pense à mon fils qui s'installe en fin d'année ».

Réserver le maïs pour les laitières

Il envisage d'autres solutions et la première est d'acheter du maïs bien sûr, en espérant que son prix ne soit pas trop élevé. « Cette année, je vais garder le maïs que j'aurais pour les vaches en production. Mais le manque de grains que l'on va retrouver partout va obliger à acheter du correcteur de ration. Nous avons encore un petit stock de maïs de la bonne récolte de 2025. C'est une chance mais cela ne suffira pas ».

« J'espère pouvoir semer un couvert »

« Quand nous avons vu la tournure que cela prenait, nous avons conservé notre orge fourragère et l'avons écrasée. J'ai également 3 hectares de betteraves fourragères. Cela ne sera pas suffisant non plus bien sûr. Je pense semer un couvert qui pourrait augmenter mon stock de nourriture disponible pour les animaux en automne mais pour le moment ce n'est pas possible de faire quoi que ce soit dans les parcelles ».

Sur l'une des parcelles de maïs, la clôture encore présente donne l'idée à l'éleveur de mettre des animaux à pâturer plutôt que de faire venir l'entreprise agricole pour ensiler si peu.

Vigilance sur la date de semis en 2026

L'année prochaine, il y aura encore du maïs sur ces parcelles retournées qui ont été traitées contre le taupin. « Je vais augmenter un peu ma surface de betteraves fourragères, j'envisage aussi peut-être de semer de la luzerne. Pour l'année prochaine, on ne sait pas ce que la météo nous réservera mais j'ai quand même tiré quelques leçons de cette année, surtout en ce qui concerne la date de semis. C'est la première fois que je vois cela », conclut Bruno Vassard qui estime, à ce jour, la perte de sa production laitière à 1 litre par jour et par vache.•

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