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Quel développement pour la filière grenouilles ? 

L'élevage de grenouille est encore très marginal en France. Pour accompagner le développement de la filière, la Région Normandie a financé une étude en 2023 basée sur élevage et une écloserie normande.

Les Français consoment chaque année 8 000 tonnes de grenouilles, soit 60 g par personne et par an.
Les Français consoment chaque année 8 000 tonnes de grenouilles, soit 60 g par personne et par an.
© Pixabay

Les Français consomment chaque année 8 000 tonnes de grenouilles (équivalent vif), soit 60 g par personne et par an (à titre de comparaison le poulet est à 20 kg/personne/an, source Agreste 2021). Pourtant, la France n'est pas productrice de cette matière première, elle apporte seulement une centaine de tonnes sur le marché intérieur, le reste étant à 90 % de l'import congelé d'Indonésie et dans une moindre mesure de la grenouille fraîche originaire de Turquie. Pour l'import, il s'agit de grenouilles capturées en milieu naturel.

Les élevages de grenouilles sont peu nombreux en France et leur production se fait de manière très empirique. En effet, il n'existe pas de références technico-économiques éprouvées permettant à un porteur de projet de se lancer sereinement, bien que le marché soit présent.

Une étude normande déployée en 2023

Dans l'optique de faciliter l'installation d'atelier d'élevage de grenouilles chez des agriculteurs (projets de diversification), une écloserie normande (fournissant les juvéniles) et deux élevages (Normandie et Drôme) ont mis leurs outils de production au service d'une étude financée par la Région Normandie.

Celle-ci a été réalisée en 2023 et portait sur deux volets :

- technique : mesurer l'influence de différentes modalités (mode de nourrissage, température, densités, tris des animaux...) sur la cinétique de grossissement des grenouilles, de 10 g au poids d'abattage de 60 g ;

- économique : identifier les conditions dans lesquelles un atelier de grossissement de grenouilles atteint une viabilité (durée du cycle, taux de survie, main-d'œuvre, prix de vente...).

Aujourd'hui, plusieurs points d'amélioration ont été relevés et seront approfondis pour renforcer le modèle proposé par l'étude et assurer sa rentabilité :

- valorisation des co-produits (les cuisses représentent 1/3 du poids de l'animal) ;

- optimisation des process de transformation (forte charge de main-d'œuvre sur la découpe entièrement manuelle) ;

- augmentation du prix de vente (se détacher des cours de l'import et valoriser la production française et tracée).

Devant le succès de la première Journée nationale de la raniculture qui a rassemblé de nombreux professionnels à Caen en mars 2023, on ne peut qu'espérer que cette petite filière réussisse à se structurer et se démarquer pour conquérir le marché français.•

Pour en savoir plus sur l'étude normande et sur l'élevage de grenouilles, contacter les Chambres d'agriculture de Normandie.

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