Aller au contenu principal

Projet de loi d’urgence agricole : députés et sénateurs s'accordent en CMP sur un texte de compromis

Fumée blanche au Palais du Luxembourg. Les sept députés et sept sénateurs, réunis le 16 juillet en commission mixte paritaire (CMP), ont trouvé un compromis sur le projet de loi d’urgence agricole. 

« On est sur une copie très proche de ce qui est sorti du Sénat et qui a reçu un large soutien. Nous avons réussi à faire converger nos points de vue sur les sujets de désaccord », s’est félicité Franck Menonville, sénateur (Union centriste, Moselle), l’un des rapporteurs du projet de loi.
« On est sur une copie très proche de ce qui est sorti du Sénat et qui a reçu un large soutien. Nous avons réussi à faire converger nos points de vue sur les sujets de désaccord », s’est félicité Franck Menonville, sénateur (Union centriste, Moselle), l’un des rapporteurs du projet de loi.
© iStock

Après six heures de négociations, les 14 parlementaires ont pu présenter un texte de compromis sur le projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles. Le gouvernement était à l’initiative de ce texte qui a pour objectif d’apporter une partie, et une partie seulement, des réponses aux attentes des agriculteurs. L’urgence avait été déclarée, ce qui impliquait une seule lecture à l’Assemblée nationale et une seule lecture au Sénat. Mais la Chambre haute avait largement amendé le texte adopté au Palais-Bourbon, faisant craindre des difficultés pour parvenir à un accord en CMP. Ce ne fut pas le cas. « On est sur une copie très proche de ce qui est sorti du Sénat et qui a reçu un large soutien. Nous avons réussi à faire converger nos points de vue sur les sujets de désaccord », s’est félicité Franck Menonville, sénateur (Union centriste, Moselle), l’un des rapporteurs du projet de loi.

Le projet du gouvernement proposait des mesures sur l’eau, le foncier agricole, la prédation, ou encore les négociations commerciales. Les sénateurs (LR et centristes principalement, majoritaires au Sénat) ont ainsi ajouté des dérogations à l’utilisation de pesticides, initialement portées l’été dernier dans la loi "Duplomb". 

Un texte très proche de la version du Sénat

Le texte adopté par la CMP valide également les dispositions proposées par les sénateurs sur la gouvernance locale de l’eau. Dans le détail, et selon la version issue de la CMP, les producteurs de betteraves, de pommes, de cerises et de noisettes pourront, après dérogation ministérielle et sur avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES), utiliser deux insecticides de la famille des néonicotinoïdes (le flupyradifurone ou l’acétamipride, selon les cas), interdits en France mais pas dans l’Union européenne. Cette possibilité de dérogation ne pourra pas excéder trois ans. 

Pour ce qui concerne la gestion de l’eau, le texte place les agences de l’eau sous la tutelle des ministères de l’Agriculture, de l’Économie, de l’Aménagement du territoire et de la Santé. Dans les commissions locales de l’eau, un tiers des sièges réservés aux usagers sera désormais dévolu aux agriculteurs (les sénateurs avaient mis la barre à la moitié). Autre disposition de compromis : la CMP ne retient pas la version du Sénat qui visait à confier la présidence des comités de bassin au préfet de région. En revanche, elle valide le doublement, à l’horizon 2035, des capacités de stockage d’eau à usage agricole. Les procédures de consultation du public pour la construction de réserves d’eau sont simplifiées. 

Enfin, le Sénat a obtenu gain de cause sur la prédation. Les sénateurs avaient musclé les mesures proposées qui vont permettre de faciliter les abattages, lesquels ne seront plus conditionnés à des attaques préalables de troupeaux. Le texte autorise également l’utilisation de lunettes infrarouges à visée nocturne et à vision thermique, par un chasseur mandaté par l’éleveur ou par l’éleveur lui-même. 

La version de la CMP a été adoptée par huit voix pour (centristes, LR et RN), quatre voix contre (issues de la gauche), et deux abstentions (parti présidentiel). Désormais, le texte doit être soumis au vote en séance publique des députés (le 20 juillet) et des sénateurs (le 21 juillet). « Je suis assez confiant, nous avons fait tous les efforts possibles pour rendre ce texte acceptable aux yeux du bloc central », conclut Franck Menonville sur Public Sénat.•

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Les Prés d’Artemare à Saint-Vaast-Dieppedalle (22 juillet).
Concerts à la ferme : carton plein en Seine-Maritime

Près de 900 personnes sont venues assister aux cinq concerts à la ferme qui se sont tenus en Seine-Maritime du 20 au 24…

L'aide à l'achat d'engrais minéraux azotés simples va de 50 à 70 € la tonne. Épandage d'engrais azoté sur blé.
Plan engrais 2026 : l'aide est aujourd'hui disponible

Le dispositif d'urgence exceptionnel qui accompagne les exploitations agricoles face à la hausse des coûts des intrants liée…

Philippe Sellier, membre du bureau de la FNB et éleveur allaitant dans l'Eure, martèle, devant le directeur de l'abattoir, que Bigard, leader français des abatteurs, orchestre une baisse continue des prix qui in fine se retournera contre toute la filière.
Les éleveurs bovins dénoncent des baisses de prix injustifiées

Dès 4 heures du matin, mardi 28 juillet, près d'une centaine d'agriculteurs venus de tous les départements normands ont bloqué…

Adoption définitive de la loi d'urgence agricole le 21 juillet 2026. Pour la FNSEA, « cette loi constitue une véritable bouffée d'oxygène pour les exploitations agricoles ».
Adoption définitive de la loi d'urgence agricole

L'Assemblée nationale puis le Sénat ont définitivement adopté le projet de loi d'urgence agricole mardi 21 juillet au soir.…

Au printemps, David Léger composte la litière deux fois à 15 jours d'intervalle. Il l'épand ensuite, sans l'incorporer sur ses prairies temporaires.
Une litière en plaquette bois pour booster la vie du sol

À Esteville, les vaches de David Léger logent sur une litière mixte construite sur de la plaquette bois. Sans impact sur le…

Au 20 juillet, les prairies sont fortement touchées par la sécheresse. Les éleveurs s'inquiètent pour les fourrages à venir.
Sécheresse : mobilisation autour des fourrages

Face à la baisse des fourrages, les éleveurs s'inquiètent. Le réseau FDSEA-FRSEA de Normandie lance une enquête afin d…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole