Aller au contenu principal

Préserver la culture de la sécheresse du printemps

Le semis d’orge de printemps à l’automne est une pratique de plus en plus répandue. Certains agriculteurs 
y voient un moyen d’organiser leurs chantiers et d’autres d’échapper aux périodes de stress hydrique et thermique du printemps.

Semée à l’automne, l’orge de printemps est moins sensible à la sécheresse du printemps.
© Ceta de Romilly-sur-Seine

« Semer tôt l’orge de printemps permet de décaler son cycle, explique Florent Thiebaut, conseiller du CETA de Romilly-sur-Seine (Aube). Lors de la période de stress hydrique et thermique de la fin du printemps, elle se trouve à un stade moins sensible et préjudiciable au remplissage du grain. »

Plus de vigilance technique

Pour Florent Thiebaut, le créneau idéal pour semer de l’orge de printemps à l’automne se situe début novembre, en veillant à ce que la structure du sol ne soit pas compactée. Un semis plus précoce amplifie le risque de levées d’adventices, de développement de maladies et d’exposition au gel de la culture. « L’orge de printemps semée à l’automne craint surtout le gel de fin d’hiver, au moment où elle commence à redémarrer ou que l’épi est décollé », précise-t-il. Toutefois, depuis quelques années, le nombre de jours de gel est de moins en moins fréquent. Pour assurer la réussite de la technique, Alexandre Ployez, agriculteur à Champfleury (Aube) sème de la semence certifiée à une densité de semis majorée à 350 grains/m² pour compenser les 10 à 20 % de pertes potentielles de pieds. « RGT Planet reste la variété de référence pour ce genre de pratique parce qu’elle est rustique, très cultivée et bien connue, souligne Florent Thiebaut. Cependant, semée tôt, elle est aussi exposée au risque de développer des maladies fongiques. » Alexandre Ployez convient que cette technique nécessite le passage d’un fongicide supplémentaire, à demi-dose, en comparaison à un semis de printemps.
En cas d’application d’un désherbant d’automne, il est préconisé d’enterrer correctement la semence pour éviter des problèmes de sélectivité. « Si la parcelle est connue pour être infestée en graminées, je ne conseille pas cette pratique, souligne Florent Thiebaut. Les herbicides antigraminées sont peu sélectifs de la culture et peuvent la sensibiliser au gel. » Des variétés avec un meilleur comportement face au froid et au désherbage d’automne sont en cours d’inscription avec des résultats qui restent encore à confirmer.
Quant à l’application d’insecticides, elle n’est pas systématique et dépend de l’année climatique et de l’infestation en pucerons. Généralement, une orge de printemps semée à l’automne présente moins de risque qu’un blé car son semis est plus tardif.

Des bénéfices technico-économiques

Alexandre Ployez apprécie cette technique car elle lui permet de lisser ses pics de travail, notamment au printemps, et de semer ensuite un maïs ou un sorgho en tant que Cive (culture intermédiaire à vocation énergétique) pour alimenter son méthaniseur. « Je sème 70 % de ma sole d’orge de printemps à l’automne, après les récoltes de blé, d’orge de printemps et de betterave, explique-t-il. Les bons créneaux météo sont souvent plus favorables qu’entre le 15 février et le 1er mars et surtout l’orge est moins exposée aux coups de sec du printemps qui impactent le rendement. » Depuis quatre ans qu’il pratique cette technique, Alexandre Ployer produit en moyenne 10 quintaux supplémentaires par hectare par rapport à un semis de printemps et produit en moyenne 85 q/ha. « Malgré des charges en fongicides plus importantes que l’itinéraire cultural classique, cette pratique apporte une certaine plus-value, convient Florent Thiebaut. La marge nette reste supérieure à un semis de printemps, avec des écarts plus ou moins marqués selon le contexte économique des charges et le cours de l’orge. » •

À savoir

L’orge de printemps semée à l’automne nécessite un bon pilotage de l’azote (avec la pince N-Tester par exemple), car son potentiel est plus élevé que lorsqu’elle est semée au printemps et le risque de diluer la protéine est plus important.
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Les Prés d’Artemare à Saint-Vaast-Dieppedalle (22 juillet).
Concerts à la ferme : carton plein en Seine-Maritime

Près de 900 personnes sont venues assister aux cinq concerts à la ferme qui se sont tenus en Seine-Maritime du 20 au 24…

L'aide à l'achat d'engrais minéraux azotés simples va de 50 à 70 € la tonne. Épandage d'engrais azoté sur blé.
Plan engrais 2026 : l'aide est aujourd'hui disponible

Le dispositif d'urgence exceptionnel qui accompagne les exploitations agricoles face à la hausse des coûts des intrants liée…

Philippe Sellier, membre du bureau de la FNB et éleveur allaitant dans l'Eure, martèle, devant le directeur de l'abattoir, que Bigard, leader français des abatteurs, orchestre une baisse continue des prix qui in fine se retournera contre toute la filière.
Les éleveurs bovins dénoncent des baisses de prix injustifiées

Dès 4 heures du matin, mardi 28 juillet, près d'une centaine d'agriculteurs venus de tous les départements normands ont bloqué…

Adoption définitive de la loi d'urgence agricole le 21 juillet 2026. Pour la FNSEA, « cette loi constitue une véritable bouffée d'oxygène pour les exploitations agricoles ».
Adoption définitive de la loi d'urgence agricole

L'Assemblée nationale puis le Sénat ont définitivement adopté le projet de loi d'urgence agricole mardi 21 juillet au soir.…

Au printemps, David Léger composte la litière deux fois à 15 jours d'intervalle. Il l'épand ensuite, sans l'incorporer sur ses prairies temporaires.
Une litière en plaquette bois pour booster la vie du sol

À Esteville, les vaches de David Léger logent sur une litière mixte construite sur de la plaquette bois. Sans impact sur le…

Au 20 juillet, les prairies sont fortement touchées par la sécheresse. Les éleveurs s'inquiètent pour les fourrages à venir.
Sécheresse : mobilisation autour des fourrages

Face à la baisse des fourrages, les éleveurs s'inquiètent. Le réseau FDSEA-FRSEA de Normandie lance une enquête afin d…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole