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Présence confirmée des pyrales du maïs en Normandie.

Ces deux dernières années, des dégâts de pyrales ont été observés sur le maïs en Normandie.


Le bilan des dégâts de pyrales observés en fin de campagne avant récolte est primordial pour connaître la réelle activité de ce ravageur des maïs. Les symptômes peuvent être une casse de tige au-dessus ou en dessous de l’épi, mais aussi des galeries dans les tiges ou les épis
(Figure 1). Depuis deux ans, dans le cadre du bulletin de santé du végétal de Normandie, des notations sont effectuées par les partenaires du réseau afin de déterminer le pourcentage de plantes attaquées par les pyrales c’est-à-dire avec au moins une trace d’activité de ce ravageur.
Le nombre de parcelles et les lieux suivis au cours de ces deux années ne sont pas les mêmes d’une année à l’autre. Par ailleurs, le nombre de parcelles suivies a été trop faible en 2018 pour mettre en évidence une tendance sur du pluriannuel.
La pyrale – Ostrinia nubilanis - est un papillon qui pond ses œufs sur la face inférieure des feuilles de maïs en début d’été. La larve issue de l’œuf se déplace vers la tige dans laquelle elle creuse des galeries qui fragilisent la plante et perturbent son fonctionnement. La larve peut aussi s’installer dans les épis, au niveau des grains ou du pédoncule. En fin de cycle, la larve migre vers le bas de la tige où elle passe l’hiver en diapause.

Des dégâts de plusieurs nature
Les dégâts occasionnés sont de plusieurs natures : perte de rendement plante entière ; perte de grain par défaut d’alimentation de la plante (et notamment par la baisse du poids de mille grains) ; perte de valeur alimentaire par défaut de remplissage du grain (teneur en amidon) ; baisse de qualité de la partie « tige + feuilles » ; perte de rendement par casse de tige ou de pédoncule et risque d’installation de fusarium sur les grains, et donc risque de production de mycotoxines.
En maïs fourrage, les pertes de rendement peuvent être significatives, même en cas d’attaque moyenne. Sur 5 essais réalisés en Bretagne entre 2015 et 2017, on a mesuré une nuisibilité moyenne de 0,7 t MS/ha pour 20 à 50 % de plantes présentant un symptôme de présence de pyrale à l’automne. En maïs grain, on estime la perte de rendement à environ 7 % pour une larve ou galerie par plante (20 essais Arvalis).

Lutte
La lutte doit être organisée à l’ensemble d’un territoire pour avoir un impact sur les populations de pyrales. Les larves hivernent à l’abri dans la base des cannes de maïs. Elles passent par plusieurs stades larvaires avant de se transformer en chrysalide, puis en papillon au printemps suivant. Une bonne gestion des cannes de maïs après la récolte est indispensable pour réduire les populations de pyrales et limiter ainsi la pression du ravageur l’an prochain. C’est indispensable dans les secteurs à forte pression, mais également fortement recommandé dans les secteurs à plus faible pression, ou dans les parcelles où la lutte a été efficace.
Le broyage systématique fin et au ras du sol réalisé tôt après la récolte avec un broyeur à axe horizontal permet de détruire les larves ou de les exposer au froid et aux prédateurs. En maïs grain, le broyeur sous bec des moissonneuses n’a pas une efficacité suffisante en comparaison à un passage spécifique de broyeur post récolte. L’incorporation des résidus est la seconde étape indispensable qui réduit encore les chances de survie des larves. Le labour, permettant d’enfouir à une plus grande profondeur, sera plus efficace que les autres techniques de travail du sol. Un broyage réalisé aussitôt après la récolte procure une bonne efficacité contre les foreurs (50 à 70 % d’efficacité), qui peut être améliorée si l’action est suivie d’un travail superficiel (75 à 85 % d’efficacité) ou d’un dessouchage du collet (95 % d’efficacité).

Les pièges
Dans le cadre du BSV (et autres réseaux), les pièges mis en place ont pour objectifs de repérer le début du vol des papillons. Le comptage des papillons permet de préciser le pic de vol, mais le nombre d’individus piégé ne préjuge pas de l’infestation finale et des dégâts observés sur la culture. Au tout début du vol, le lâcher de trichogrammes permet de limiter la proportion d’œufs de pyrale viables. Le trichogramme est un micro-hymenoptère qui pond ses œufs dans ceux des pyrales, stoppant ainsi leur développement. Les diffuseurs déposés sur les plantes contiennent des œufs de trichogrammes à différents stades. La sortie échelonnée des trichogrammes adultes permet ainsi de mieux couvrir la période de ponte des pyrales. Il est donc nécessaire de déposer les trichogrammes dès le début du vol des pyrales. L’objectif de la lutte chimique est, selon les spécialités commerciales, d’atteindre les œufs et/ou les jeunes larves de pyrale avant qu’elles ne pénètrent dans la tige. Pour obtenir une efficacité maximum, les interventions chimiques doivent être positionnées au plus près du pic de vol.  Il n’existe pas de lutte curative après la pénétration de la larve dans la tige.

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