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PPA : premiers résultats prometteurs pour le vaccin de l’Anses

Basé sur une souche atténuée thermiquement, le candidat vaccin de l’Anses contre la peste porcine africaine (PPA) donne de bons résultats, dixit l’agence. Une avancée qui pourrait ouvrir la voie à une vaccination des sangliers sauvages.

© Claudine Gérard - photo d'archives

L’Anses a obtenu des premiers résultats « prometteurs » pour son candidat vaccin contre la peste porcine africaine (PPA), annonce-t-elle sur son site web le 24 mars. Exposés au virus de la PPA, les porcs protégés « développent une réponse immunitaire, qui leur permet de résister à une infection sans présenter de symptôme, et ce dès deux semaines après la vaccination ». Que ce soit par voie oronasale ou intramusculaire, le vaccin procure une « protection totale » contre la PPA à partir de 14 jours après l’inoculation du vaccin, comme le montre une étude parue en décembre 2022 dans la revue Viruses. Seule une mortalité de moins de 20 % (trois porcs sur 17) a été observée dans les 10 jours après inoculation par voie intramusculaire, contre aucune perte par voie oronasale. Les porcs exposés à la PPA mais non protégés sont, eux, tous morts.
Baptisée ASFV-989, cette souche atténuée thermiquement a été découverte « fortuitement » par le laboratoire national de référence pour la PPA de Ploufragan-Plouzané-Niort. Elle est « dérivée de la souche virale Georgia 2 007/1, qui circule actuellement dans l’Union européenne ». Les études de l’Anses ont « confirmé la faiblesse des symptômes » provoqués par ASFV-989. Les animaux immunisés avec cette souche « ont montré des virémies (charges virales, NDLR) 100 à 1 000 fois inférieures à ceux inoculés avec la souche Georgia ».

Un brevet déposé

Même atténuée, la souche ASFV-989 présente un « niveau relativement haut de virulence résiduelle ». En adaptant ce candidat vaccin pour une production in vitro (et non in vivo comme initialement), les scientifiques de l’Anses ont obtenu une autre souche qui « provoquait moins de symptômes que la souche atténuée initiale, tout en conservant une bonne efficacité ». Avant une production industrielle, l’agence a déposé un brevet, « publié en août » 2 022. Par ailleurs, « des études sont toujours en cours, notamment pour s’assurer que cette souche atténuée ne peut pas se transmettre d’un animal à un autre ni redevenir virulente », précise l’Anses.
« Les sangliers seraient probablement la première cible pour le vaccin en Europe de l’Ouest », ajoute l’agence sanitaire. Même si une vaccination des porcs domestiques est théoriquement possible, elle présenterait peu d’intérêt en France, où les élevages sont bien isolés. En revanche, en faune sauvage, « la vaccination par voie orale pourrait, elle, permettre de vacciner les sangliers sauvages à l’aide d’appâts », précise Marie-Frédérique Le Potier, chef de l’unité Virologie et immunologie porcines du laboratoire de Ploufragan. Comme elle le rappelle, « cette méthode a été utilisée pour la peste porcine classique au début des années 2000 et a permis d’éliminer la maladie des zones où elle était présente en France ». Le procédé avait aussi été utilisé pour éradiquer la rage.

Vaccin vietnamien suspendu

Parmi les différents projets de vaccins au niveau international, un seul a atteint le stade commercial : celui de Navetco développé par le Vietnam et les États-Unis. Quelques mois après son homologation, il a été suspendu à l’été 2022 après la mort de « douzaines » de porcs qui l’avaient reçu. À la différence du vaccin vietnamien, le candidat de l’Anses « n’a pas été obtenu par manipulation génétique, ce qui rend plus facile son application par une distribution ouverte dans la nature ». Dans cette souche inactivée, « plus d’un gène a été supprimé », ce qui réduirait le « risque de retour à la virulence », selon l’Anses.
La France est aujourd’hui indemne de PPA. Mais la maladie est présente en Allemagne, avec en particulier un foyer détecté en élevage tout près de la frontière hexagonale, en juin 2022. Autre front potentiel : l’Italie, dont le cas le plus proche est à moins de 70 km de la France. Et sur le plan économique, le monde porcin vit depuis 2018 au gré de l’évolution de la maladie en Chine. •                 

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