Aller au contenu principal

« Poursuivre, mais non sans difficultés »

Face à l'épidémie du COVID-19 les entreprises rencontrent des difficultés organisationnelles et économiques. Des mesures de soutien et d'accompagnement ont été mises en place par le gouvernement mais à chacune de gérer la situation comme elle le peut. Les Ets Duhamel, entreprise de charpentes lamellées collées à Autigny témoigne.

file-alt-63699
© CH. H.

 

Etes-vous en activité ?
Oui, nous sommes en activité !
Quelles sont les dispositions que vous avez mises en place ?
Lundi 16 mars, nous avions mise en avant l’affiche du gouvernement concernant le Covid-19 pour sensibiliser nos salariés. Après l’annonce de la restriction obligatoire des déplacements, soit on choisissait de se montrer exemplaire avec le confinement et nous fermions l’entreprise (« restez chez vous »), soit on choisissait de se montrer exemplaire économiquement parlant pour nos salariés et notre entreprise, en maintenant l’activité ! Gros dilemme ! On a opté pour le maintien au moins le mardi afin de se donner un délai de réflexion… Avec les consignes des gestes barrières du gouvernement plus des consignes supplémentaires.
Quelles sont les mesures et les précautions adoptées ?
J’ai un parcours de microbiologiste ! Ne pas porter ses mains au visage, clancher les portes et les interrupteurs avec les coudes, s’écarter de plus de 1 m, désinfecter tous les objets parfois communs, stylos…, se laver les mains en prenant soin de fermer le robinet s’il y a lieu d’être avec du papier à usage unique, se déshabiller en rentrant chez soi et changer de tenue tous les jours et si port du masque et des gants souhaité, les enlever correctement : sans transfert de microbes avec les mains. La sensibilisation à la maladie auprès des salariés pour une prise de connaissance : la liste des symptômes pour soi ou l’entourage qui doit conduire à un confinement complet : la perte du goût et de l’odorat en est un signe.
Votre situation vous permet-elle d’honorer vos chantiers et de répondre aux situations d’urgence ?
Les Ets Duhamel ont tenté la mise en place plus ou moins fructueuse du télétravail et ont été contraints à la fermeture de leur portail avant un nouveau rebondissement. Emmanuel Macron avait dit report de la TVA lundi soir et activité partielle, mardi c’était : payer quand même la TVA et pas d’activité partielle pour le bâtiment… Muriel Pénicaud qui s’en est mêlée… Un vrai casse-tête : deux sons de cloche et nous : on tournait comme des girouettes ! Sans oublier l’administratif des attestations de déplacement dérogatoire… et la responsabilité qui pèse sur nous, entrepreneurs, sur la santé de nos salariés ! Nous avons réussi à acheter des flacons de chlorhexidine  mercredi seulement, quasiment pas de masque en stock et peu de gants jetables…Voici nos munitions ! Les chantiers qui décidaient d’arrêter à 12 h, plus les salariés qui avaient peur, à gérer… Nous avons opté dans la journée pour l’arrêt des chantiers (contraints…) et pour le maintien de l’activité en atelier sur la base du volontariat. Mercredi s’est déroulé ainsi. Jeudi, quelque salariés confinés qui s’ennuyaient nous appelaient pour savoir quand ils reprendraient… Vendredi, branle-bas de combat : le bâtiment était sommé de reprendre l’activité. Dérogation pour les personnes fragiles atteintes de certaines maladies. Obligés de contacter un à un les salariés pour lever le voile sur le secret médical ! Nous avons soldé les congés payés des salariés et pour certains, nous sommes en interrogation sur la possibilité de l’activité partielle. Lundi 23 mars nous voici quasiment tous au travail (sur 37 : 1 télé-école pour un apprenti, 1 semi télétravail pour un cadre, 4 arrêts de travail maladie, 1 arrêt pour garde d’enfants) donc 30 au travail.
Quelle est la nature de vos échanges avec vos fournisseurs, usine, prescripteurs…
Notre fabrication de lamellé-collé peut poursuivre quasi normalement : nous avons été livrés de bois et de colle. C’est plus compliqué pour les approvisionnements de chantier : Setin a repris le 23. Les agences Point P restent fermées, Gédimat est ouvert le matin…
Etes-vous contacté par vos clients ou les agriculteurs en général ?
Nous avons eu beaucoup d’appels téléphoniques auxquels nous n’avons pas pu apporter plus de précision que cela la semaine dernière sur notre capacité d’ouverture. Evidemment, beaucoup de contacts avec les chantiers pour gérer au mieux la possibilité d’une reprise. Quelques clients qui souhaitent anticiper la reprise et valide malgré tout des commandes…
Avez-vous un message à communiquer aux agriculteurs ?
Nous souhaitons également bon courage à la profession des agriculteurs. Nous avons entendu que le marché de la pomme de terre allait bien. Tant mieux. La crise ne nous empêche pas de manger.
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Les Prés d’Artemare à Saint-Vaast-Dieppedalle (22 juillet).
Concerts à la ferme : carton plein en Seine-Maritime

Près de 900 personnes sont venues assister aux cinq concerts à la ferme qui se sont tenus en Seine-Maritime du 20 au 24…

L'aide à l'achat d'engrais minéraux azotés simples va de 50 à 70 € la tonne. Épandage d'engrais azoté sur blé.
Plan engrais 2026 : l'aide est aujourd'hui disponible

Le dispositif d'urgence exceptionnel qui accompagne les exploitations agricoles face à la hausse des coûts des intrants liée…

Adoption définitive de la loi d'urgence agricole le 21 juillet 2026. Pour la FNSEA, « cette loi constitue une véritable bouffée d'oxygène pour les exploitations agricoles ».
Adoption définitive de la loi d'urgence agricole

L'Assemblée nationale puis le Sénat ont définitivement adopté le projet de loi d'urgence agricole mardi 21 juillet au soir.…

Philippe Sellier, membre du bureau de la FNB et éleveur allaitant dans l'Eure, martèle, devant le directeur de l'abattoir, que Bigard, leader français des abatteurs, orchestre une baisse continue des prix qui in fine se retournera contre toute la filière.
Les éleveurs bovins dénoncent des baisses de prix injustifiées

Dès 4 heures du matin, mardi 28 juillet, près d'une centaine d'agriculteurs venus de tous les départements normands ont bloqué…

Au printemps, David Léger composte la litière deux fois à 15 jours d'intervalle. Il l'épand ensuite, sans l'incorporer sur ses prairies temporaires.
Une litière en plaquette bois pour booster la vie du sol

À Esteville, les vaches de David Léger logent sur une litière mixte construite sur de la plaquette bois. Sans impact sur le…

Au 20 juillet, les prairies sont fortement touchées par la sécheresse. Les éleveurs s'inquiètent pour les fourrages à venir.
Sécheresse : mobilisation autour des fourrages

Face à la baisse des fourrages, les éleveurs s'inquiètent. Le réseau FDSEA-FRSEA de Normandie lance une enquête afin d…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole