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« Pourquoi j'ai envie de m'engager. »

Laurence Sellos, agricultrice à Alvimare est candidate sur la liste JA/FNSEA. Elle brigue la présidence de la chambre d'agriculture de la Seine-Maritime. Portrait d'une femme de convictions.

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Laurence Sellos sur son exploitation à Alvimare.
© D.R.



« Dynamique, pleine de bons sens et surtout déterminée. » Les compliments ne manquent pas quand on évoque Laurence Sellos avec les agriculteurs qui la côtoient. Le profil de cette femme pétillante de 50 ans, mère de quatre enfants, toujours souriante, c'est celui d'un entrepreneur, avec la tête sur les épaules, les pieds sur terre et toujours des projets en vue. Son parcours professionnel et personnel semé d'embûches a montré qu'elle savait rebondir, en toutes circonstances. Elle a réussi, mais elle a travaillé dur.
Aujourd'hui, elle est candidate à la présidence de la chambre d'agriculture de la Seine-Maritime, sur la liste JA/FNSEA, Sébastien Windsor ayant annoncé qu'il envisageait de se présenter à la présidence de la chambre régionale.
Née dans la campagne ornaise, de parents qui n'étaient pas agriculteurs - son père était négociant en bestiaux - Laurence Sellos a néanmoins toujours été attirée par le métier. Après de longues études en école de commerce à Paris, où elle a appris « à se débrouiller », elle repart en 1996 dans l'Orne pour s'installer avec son mari à Montchevrel en bovins lait sur 90 hectares et passe un BRPEA pour acquérir les bases techniques. « Je m'intéressais à tout, même pailler, désiler, labourer, je voulais apprendre à tout faire ». Elle ne souhaitait pas être cantonnée dans des tâches typiquement féminines, comme la traite.
Son engagement syndical a démarré peu de temps après, au sein des Jeunes Agriculteurs de l'Orne. D'abord administrateur, puis membre du bureau et secrétaire générale, elle accède à la présidence en 2002. Elle y découvre « la force du collectif ». Comme elle s'entend bien avec le préfet, elle est invitée à rencontrer des personnalités politiques, tel Jean-Pierre Raffarin, alors Premier ministre. « Nous étions des interlocuteurs naturels, l'agriculture étant le premier secteur économique du département ». Elle entre ensuite au bureau national de JA.

Installation en pays de Caux
Mais en 2005, la vie fait qu'elle repart à zéro et elle vient s'installer en Pays de Caux chez son nouveau compagnon, Jocelyn Pesqueux. Tout est à reconstruire. Elle commence par faire des remplacements comme vacher puis entre au Crédit agricole comme conseillère sur le secteur de Fécamp, Valmont et Criquetot-l'Esneval.
« Être salariée n'était pas mon objectif », se rappelle-t-elle. Elle refuse un poste de chef d'agence, « trop commercial », et repart en 2007 pour deux ans dans l'Orne retravailler sur l'exploitation de Montchevrel, seule avec un salarié.
De retour en 2009 en Seine-Maritime, bien que peu attirée au premier abord par les volailles, elle a une opportunité pour reprendre une exploitation avicole en location à Etouteville, deux ateliers de 1 800 poules pondeuses. Elle s'adapte.
« J'ai ensuite pu acheter 4 hectares en 2015 à Alvimare pour construire mes propres poulaillers, 10 000 poules pondeuses en plein air, un marché en développement. » En même temps, alors que son compagnon baigne dans le syndicalisme, elle s'engage à nouveau, prend la présidence de la section avicole de la FNSEA 76 et se présente sur la liste JA/FNSEA  aux élections de la chambre d'agriculture en 2013.
Elle se voit confier le poste de vice-présidente, chargée de l'élevage au niveau régional. Les chambres d'agriculture de Normandie sont en pleine réflexion sur leur réorganisation. La mutualisation des fonctions support est amorcée en 2014 et en 2017, la chambre inaugure des antennes. « Cela nous a permis de nous recentrer sur des problématiques locales, les antennes permettant à des élus de piloter des projets sur leur territoire. » Les problèmes, justement, Laurence Sellos n'est pas du genre à les éviter mais plutôt à les affronter. « Si on ne les règle pas tout de suite, ils reviennent toujours ».

Nombreux dossiers
Les autres dossiers qui l'auront le plus marquée sont la restructuration de l'identification des animaux, la participation à l'établissement du cahier des charges des aides Feader en lien avec la Région, le lancement de la marque Normandie. Le plus gros du travail reste à faire pour que cette marque profite à tous, avec Saveurs de Normandie ou l'AOP camembert. « Les Etats généraux de l'alimentation sont aussi une opportunité pour redéfinir les relations avec l'aval, mais il va falloir se battre ». Elle cite également l'approvisionnement local, l'évolution environnementale sur laquelle il faut être « force de proposition ».
Laurence Sellos a beau être « hors cadre familial », elle aime le terrain. Elle préfère multiplier les rencontres avec les agriculteurs, plutôt qu'aller en réunion ou préparer de grands discours. Son franc-parler est d'ailleurs apprécié. « Quand on discute avec elle, on se sent écouté, elle ne pense pas à autre chose », explique Catherine Hennebert, qui a suivi des formations sur le développement personnel avec elle, au sein des groupements féminins. Une thématique qui l'intéresse, confirme Laurence Sellos.
La candidate compte s'appuyer sur une équipe « très compétente », car « avec une exploitation à faire tourner, je ne peux pas être absente toute la semaine ». Elle estime qu'il y a certaines tâches qu'elle ne peut pas déléguer.
Installée avec une salariée sur 50 hectares, elle est consciente de la diversité des productions et des systèmes présents en Seine-Maritime. «Je pense qu'il y a de la place pour tous. Le principal est de répondre à un marché et à la demande du consommateur.» Un consommateur qui n'est néanmoins pas tout-puissant à ses yeux. «Il faut l'éduquer, en communiquant sur ses pratiques. Il peut comprendre. Lors de mon arrivée à Alvimare, j'ai organisé une porte ouverte pour mon voisinage. Sur les 300 habitants du village, 150 sont venus. » Ce travail de communication, c'est « simplement dire ce que l'on fait », et pour cela, « nos voisins sont nos meilleurs ambassadeurs ».

Parcours

1996 -  Installation dans l'Orne en élevage laitier
2009 - Reprise à Etouteville d'un élevage de poules pondeuses
2015 -  Investissement dans des poulaillers à Alvimare.

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