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Peste porcine africaine, une grande prudence est de mise.

Jeudi 13 septembre, la Belgique a déclaré la découverte de sangliers positifs dans l'Est du pays à proximité de la frontière française.

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En cas de suspicion, il faut contacter son vétérinaire sanitaire.
© Claudine Gérard


La situation de l'épizootie de peste porcine africaine (PPA) ne cesse de s'aggraver sur le continent européen. Mais la maladie a fait un saut de plus de 1 000 km, avec la découverte depuis le 13 septembre de cinq sangliers belges contaminés. A l'heure où nous mettons sous presse, des mesures de restriction de mouvements et de limitation de chasse touchent les départements des Ardennes, de la Meuse, de la Moselle et de la Meurthe et Moselle.

Le virus persiste dans les restes de sandwichs
Ces dernières années, le virus s'est propagé en Europe de l'Est (Pologne, Lituanie, Lettonie, Estonie, République Tchèque, Russie, Biélorussie, Ukraine) et ces derniers mois en Roumanie, Bulgarie, Hongrie et Moldavie. De nombreuses contaminations ont été détectées et le sont encore régulièrement tant chez les sangliers que les porcs domestiques.
Au début de l'été, la Chine a identifié son premier cas. Enfin, la PPA est endémique en Sardaigne depuis près de 10 ans. En dépit des mesures de lutte et de protection mises en place, la propagation de la maladie se poursuit en Europe de l'Est en progressant vers l'ouest.
Deux voies de dissémination sont empruntées par le virus : les sangliers et l'activité humaine. D'une part, les sangliers sont considérés comme réservoir du virus, en raison de leurs déplacements incontrôlables, ils peuvent propager la maladie en dehors des zones infectées. D'autre part, le virus est persistant dans les denrées à base de viande de porcs. Ces produits provenant de zones contaminées peuvent être vecteurs de virus pour les porcs domestiques ou les sangliers s'ils sont accessibles pour leur alimentation (cas des restes alimentaires soit distribués en élevage soit abandonnés dans la nature).
Dans tous les pays européens, les mesures de lutte sont identiques et s'appuient sur la mise en place de zones de restriction avec interdiction de déplacement de porcs domestiques et de leurs produits. Ces zones sont mises à jour au fur et à mesure de l'évolution de la situation épidémiologique. Des obligations de nettoyage et de désinfection s'imposent aux camions de transport de porcs en provenance des pays infectés. Par ailleurs, il est interdit de ramener de la viande de porc ou de sanglier des pays touchés par la PPA.o

Qu'est-ce que la PPA ?
La PPA est une maladie virale. Elle affecte les suidés, porcs et sangliers. Elle n'est pas contagieuse pour l'Homme. Il n'existe ni traitement ni vaccin. Les symptômes cliniques pour la forme aigüe sont une forte fièvre, anorexie, léthargie, hémorragies sous cutanées, diarrhée, mort rapide (2 à 3 semaines), taux de mortalité pouvant atteindre 100 %. Pour la forme subaigüe, les symptômes sont moins intenses, avec un taux de mortalité plus faible et mort survenant dans un délai plus long. Sous sa forme chronique, la maladie évolue plus insidieusement sur plusieurs mois. Très contagieuse, la maladie se propage très rapidement à l'ensemble des porcs d'un élevage. La mortalité rapportée chez les sangliers est très forte. Le virus est présent dans le sang, les tissus, l'urine, les fèces, toutes les sécrétions et excrétions des animaux atteints. Les voies de transmission sont multiples : transplacentaire, contact avec un animal malade, transmission par voie aérienne à très courte distance, contact indirect, véhicules, équipements, Homme. Le sang est très infectieux par ingestion ou par le biais de tiques infectées.

Les précautions à prendre pour protéger son élevage
Prévention, détection précoce et préparation de plans de lutte mobilisent les acteurs sanitaires. La communication sur les mesures de biosécurité pour les éleveurs et pour les chasseurs constituent le moyen prépondérant utilisé. Toute mortalité inhabituelle dans votre élevage doit vous conduire à suspecter la peste porcine africaine. Sous sa forme aiguë, elle se caractérise par une forte fièvre, une perte d'appétit, des rougeurs aux extrémités parfois des hémorragies aux oreilles. La mort survient en 2 à 14 jours en moyenne. En l'absence de vaccin et de traitement, l'ensemble de votre cheptel peut être décimé. En cas de suspicion, vous devez immédiatement contacter le vétérinaire sanitaire de votre élevage qui contactera les services vétérinaires (DDPP) : la déclaration immédiate de toute suspicion est obligatoire. Les éleveurs doivent s'assurer qu'il n'y ait aucune introduction de nourriture humaine dans leurs bâtiments. Il est impératif de limiter au strict nécessaire toute entrée de personne dans leur élevage.

S3S3AS1C_1.pdf (427.85 Ko)
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