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Partager les coûts et l’expérience avec la location en commun 

La hausse du prix du matériel agricole amène certains agriculteurs à réfléchir à de nouveaux modes de fonctionnement avant d’investir. Pour Étienne Accault et Mickaël Berthault, installés en Eure-et-Loir, le choix s’est porté sur une moissonneuse-batteuse en commun et en location.

Au moins 30 % d’augmentation de prix en trois ans pour le secteur de l’agroéquipement, c’est ce qu’a estimé Axema (syndicat français des acteurs industriels de la filière des agroéquipements et de l’agroenvironnement). Dans ce contexte, le renouvellement d’un matériel vieillissant s’accompagne d’une réflexion technico-économique approfondie, d’autant plus quand il s’agit d’une moissonneuse-batteuse. Cette dernière représente en outre un investissement conséquent pour une période d’utilisation très réduite.
Pour Étienne Accault et Mickaël Berthault, agriculteurs à Brou, en Eure-et-Loir, et voisins de parcelle, l’option moisson en commun avec la location d’une moissonneuse-batteuse s’est avérée judicieuse pour l’un comme pour l’autre et s’est concrétisée en 2023. « Pour ma part je faisais appel à un prestataire pour la moisson, relate Étienne Accault, installé sur 163 hectares depuis 2017. Au moment de son départ en retraite, j’ai donc naturellement cherché un autre agriculteur avec qui travailler. En discutant avec mon voisin, le projet s’est concrétisé ».
De son côté, Mickaël Berthault, installé sur 131 hectares depuis 2018, menait une réflexion quant à son matériel de récolte. « Je devais renouveler ma Deutz 5 060 heures équipée d’une coupe de 5 mètres », explique-t-il.

Gagner en confort avec du matériel récent

Pour les deux agriculteurs voisins, qui se sont connus sur les bancs de l’école, le choix d’effectuer la récolte en commun a répondu à des besoins individuels. Pour Mickaël, l’objectif était de disposer d’une moissonneuse-batteuse récente, équipée des automatismes et options électroniques en faveur d’un confort de travail appréciable. Pour Étienne, habitué à une organisation de travail en commun, il s’agissait de travailler au plus près de son siège d’exploitation pour éviter les longues distances, tout en bénéficiant des conseils avisés d’un agriculteur plus expérimenté en travaux de récolte.
Aussi, en cas de situation problématique, pouvoir échanger à deux présente un intérêt. « Nous avons dû récolter une parcelle où tout était couché à la suite d’un coup de vent, se remémorent les deux agriculteurs. Pas évident de moissonner dans ces conditions. En discutant, on a vite pu identifier l’origine variétale du problème. Comme nous avons les mêmes types de sol, c’est plus aisé ». Les deux jeunes agriculteurs partagent leur expérience sur les itinéraires agronomiques, les rendements, les variétés, ou encore les rotations ou certaines techniques comme le colza associé.

La location plutôt que l’achat

En optant pour la location plutôt que l’achat d’une moissonneuse-batteuse, une phase de test a été mise en place afin de confirmer ou non si ce mode d’organisation convient aux deux protagonistes. Le contrat repose sur un engagement sur deux, qui peut être prolongé d’une année si nécessaire. La location est également intéressante financièrement. « Nous avons signé le contrat au bon moment, en juin 2022, avant la forte hausse des prix du matériel, précisent-ils. À l’hectare, nous déboursons 74 euros, frais d’entretien inclus mais hors carburant ».
Pour Étienne, qui avait auparavant recours à un prestataire pour la moisson, l’économie réalisée est d’environ 2 000 à 3 000 euros. D’un point de vue logistique, l’organisation du chantier est facilitée car le parcellaire est regroupé. Le pilotage de la machine est assuré par celui qui exploite les parcelles. « Ça nous paraît plus logique car on connaît mieux les spécificités des champs, s’il y a une haie, par où commencer, etc. », résument les voisins. Mais la location comporte toutefois une exigence de taille : faire preuve de précaution pour être en mesure de retourner un matériel comme neuf une fois le contrat arrivé à échéance. « C’est comme pour une voiture », concluent Mickaël et Étienne. •

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