Aller au contenu principal

Nutripousse : faire pousser des légumes toute l’année sans terrain

Nutripousse est une très jeune entreprise fondée il y a six mois par Damien Gueudin et installée pour le moment dans l’école du village de Touffreville-sur-Eu. Rencontre avec ce jeune producteur.

La classe s’est transformée en petite ferme maraîchère hors-sol où Damien Gueudin produit des micro-pousses fraîches à destination des restaurateurs et des particuliers.

Première ferme urbaine dieppoise

Une quinzaine d’espèces végétales pousse sur un terreau naturel, irrigué à l’eau claire et sans produits phytosanitaires : capucine, basilic thaï, aneth, lentille, mizuna, bourrache, amarante, pois, radis sango, roquette, oignon…
« J’ai une expérience de dix années dans le tourisme mais je suis passionné par la nature et le potager depuis tout petit. J’ai repris mes études avec l’objectif de m’installer en maraîchage classique mais je me suis très vite rendu compte de la difficulté de trouver un terrain quand on ne vient pas du milieu agricole. J’ai suivi un BTS production agricole et maraîchage à l’Hortithèque de Mont-Saint-Aignan et j’ai ensuite cherché une solution de maraîchage sans terrain ».
Damien Gueudin a commencé à tester chez lui la production de petites pousses dans des gobelets. Puis le maire de son village lui a proposé l’ancienne école, une salle de 60 m2, suffisante pour passer à la vitesse supérieure. « J’ai commencé à cultiver et à vendre à des restaurants. Je fais quelques marchés locaux et je vends à quelques épiceries des micro-pousses coupées conditionnées en barquette ». 
Il a presque une vingtaine de clients restaurateurs, de la brasserie au restaurant gastronomique. « Les restaurateurs connaissent bien les micro-pousses mais souvent ils les achètent à des grossistes qui s’approvisionnent auprès de maraîchers hollandais. Mon point fort est la fraîcheur et la proximité qui permettent de garder les barquettes entre deux et trois semaines ».

Chaque plante est un concentré de bienfaits

Damien Gueurin aime faire découvrir ce produit aux particuliers qui confondent souvent avec les graines germées : « Contrairement aux graines germées, les micro-pousses poussent à l’air libre et on ne consomme que la partie aérienne. Le mécanisme de la photosynthèse active les processus chimiques qui donnent plus de goût et qui permettent de conserver les nutriments. Les micro-pousses sont reconnues pour leur valeur nutritionnelle élevée, pour leur concentration en vitamines, minéraux et antioxydants qui surpasseraient celle des légumes matures ».
Le jeune maraîcher achète ses graines bio en Europe : « nous sommes seulement une dizaine en France à produire des micro-pousses. C’est trop récent pour avoir aujourd’hui un approvisionnement auprès de producteurs de graines français. Je sème les graines dans un substrat que je fais moi-même. Après être placée dans le noir durant 3 jours, dès que la graine germe, elle passe à la lumière. Entre le semis et la récolte, il y a entre sept et dix jours en fonction des espèces ».
Pour le moment, le jeune homme bénéficie de l’accompagnement de la coopérative d’activité et d’emploi agricole Rhizome (test d’activité agricole en Normandie). Il est en test durant un an et si cela fonctionne, il pourra développer un marché de micro-pousses locales bio : « Pour le moment je choisis des espèces qui sont demandées et qui poussent à peu près à la même vitesse. Je pourrais cultiver jusqu’à 95 espèces. À ce jour, j’ai remboursé tous mes prêts en six mois. Je suis plutôt satisfait. Aujourd’hui, je peux réinvestir, ou bien me verser un petit salaire ».

Un kit pour faire soi-même

À côté de ses barquettes de produits frais, Damien Gueudin propose un kit pour cultiver ses micro-pousses à la maison. Il sera ainsi possible d’avoir quelques pousses de Mizuna, de roquette et d’amarante pour rehausser ses plats de fête. Cela peut également être une bonne idée de cadeau pour les jardiniers et cuisiniers en herbe. Le Mizuna a une saveur légèrement épicée rappelant le wasabi, la roquette apporte une saveur épicée de noisette, l’amarante qui rappelle la betterave a un très haut niveau d’antioxydants.
Pour découvrir les produits de Damien Gueurin, Nutripousse sera présent au marché de Noël de Petit Caux les 13,14 et 15 décembre. Il est également possible de commander sur la boutique en ligne : https://nutripousse.sumupstore.com/
Quelques boutiques : Au Bonheur des Papilles à Criel-sur-Mer, La Coop d’Albâtre et Cagette et Bocaux à Dieppe.•

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Les Prés d’Artemare à Saint-Vaast-Dieppedalle (22 juillet).
Concerts à la ferme : carton plein en Seine-Maritime

Près de 900 personnes sont venues assister aux cinq concerts à la ferme qui se sont tenus en Seine-Maritime du 20 au 24…

L'aide à l'achat d'engrais minéraux azotés simples va de 50 à 70 € la tonne. Épandage d'engrais azoté sur blé.
Plan engrais 2026 : l'aide est aujourd'hui disponible

Le dispositif d'urgence exceptionnel qui accompagne les exploitations agricoles face à la hausse des coûts des intrants liée…

Philippe Sellier, membre du bureau de la FNB et éleveur allaitant dans l'Eure, martèle, devant le directeur de l'abattoir, que Bigard, leader français des abatteurs, orchestre une baisse continue des prix qui in fine se retournera contre toute la filière.
Les éleveurs bovins dénoncent des baisses de prix injustifiées

Dès 4 heures du matin, mardi 28 juillet, près d'une centaine d'agriculteurs venus de tous les départements normands ont bloqué…

Adoption définitive de la loi d'urgence agricole le 21 juillet 2026. Pour la FNSEA, « cette loi constitue une véritable bouffée d'oxygène pour les exploitations agricoles ».
Adoption définitive de la loi d'urgence agricole

L'Assemblée nationale puis le Sénat ont définitivement adopté le projet de loi d'urgence agricole mardi 21 juillet au soir.…

Au printemps, David Léger composte la litière deux fois à 15 jours d'intervalle. Il l'épand ensuite, sans l'incorporer sur ses prairies temporaires.
Une litière en plaquette bois pour booster la vie du sol

À Esteville, les vaches de David Léger logent sur une litière mixte construite sur de la plaquette bois. Sans impact sur le…

Au 20 juillet, les prairies sont fortement touchées par la sécheresse. Les éleveurs s'inquiètent pour les fourrages à venir.
Sécheresse : mobilisation autour des fourrages

Face à la baisse des fourrages, les éleveurs s'inquiètent. Le réseau FDSEA-FRSEA de Normandie lance une enquête afin d…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole