Aller au contenu principal

Noriap face aux défis de l'agriculture numérique

Pour son assemblée générale annuelle, la coopérative avait choisi d'axer les réflexions sur les défis de l'agriculture numérique, avec la présentation de Stéphane Marcel, chef digital officer chez Invivo.

 

L'anticipation. C'est, pour Stéphane Marcel, le principal pouvoir du numérique. Ce 14 décembre, Noriap a convié ce spécialiste du digital d'Invivo à présenter les défis de l'agriculture numérique à ses adhérents, lors de son assemblée générale. Et le sujet a fait mouche. « Le numérique permet de capitaliser sur le savoir et le réel, et de donner des instructions sur ce qui va se passer à l'avenir, pour pouvoir être en avance sur son temps », introduit-il. Dans le milieu agricole, en pleine mutation, il est de plus en plus présent. « Un agriculteur doit être économiste, agronome, gestionnaire, manager, créatif... Bref, un chef d'entreprise multi-compétent dans un environnement instable. L'intérêt du digital est donc grandissant. » Le métier du technicien évolue aussi. « Le digital lui permettra de s'appuyer sur les outils pour un conseil encore plus avisé. »

Piloter sa fertilisation
Des outils d'aide à la décision numérique, il en existe déjà tout un tas. Hugue Robitaille, agriculteur à Caulières dans la Somme, en utilise depuis plusieurs années. « Les outils de traçabilité ont d'abord fait leur apparition à la ferme en 2012. Puis, ils ont évolué avec l'arrivée de Farmstar en 2015 », témoigne-t-il à travers une vidéo. Cet outil lui permet notamment de piloter sa fertilisation. « J'amène la bonne dose au bon endroit et au bon moment. J'optimise ainsi la marge brute et les rendements. C'est aussi une réponse à la préservation de l'environnement. » Julien Burel, éleveur laitier à Smermesnil en Seine-Maritime, utilise, lui, l'outil Le Cube, récemment élaboré par Noriap. « Un investissement de 100 euros mensuel qui peut paraître important, mais qui s'avère vite gagnant », assure-t-il. L'outil fait parler une bonne partie des données que crée sa ferme. «Je pilote ainsi mon élevage avec précision, avec le suivi des vêlages, des inséminations, des volumes de lait par vache, les calculs des rations...»

« On est passé d'une agriculture raisonnée à une agriculture mesurée », ajoute Stéphane Marcel. Les avantages sont nombreux : gain de temps, diminution de la pénibilité au travail, optimisation de la prise de décision, interactivité et échanges, sécurisation du capital... Et dans ces évolutions, les coopératives auraient un rôle fondamental à jouer.
« La création de valeur avec la Big agro data est une course de vitesse entre les acteurs économiques de la production agricole. Les coopératives, elles, sont vecteurs de diffusion des avancées auprès des agriculteurs. »

Des gains de productivité
Et pour tous ceux qui resteront sur le carreau ? Car techniquement, la fracture du digital est bien réelle. Dans certaines exploitations isolées, rien que l'accès à la 3G est encore difficile.La couverture du réseau est donc un enjeu d'importance. « Aujourd'hui, Farmstar, par exemple, permet de gagner 0,3 point, soit 6 à 8 euros par hectare aux agriculteurs qui l'utilisent. Ce n'est pas encore très significatif. Mais la discrimination finira par s'accentuer. »
La recherche et le développement n'attendent pas le passage de la fibre dans les petites communes rurales. « Les innovations digitales vont se concentrer sur les gains de productivité, se projette Stéphane Marcel. Elles permettront de produire plus et mieux. » L'expert digital imagine déjà la multiplication des capteurs et des objets connectés, notamment dans l'acquisition et le traitement de l'image. « Il suffira au polyculteur de mettre des lunettes intelligentes et de porter son regard vers sa culture. Elles la diagnostiqueront, et donneront des indications sur les traitements à réaliser. » Tracteurs sans conducteur, ou sans roue, exosquelette pour l'agriculteur... Tout est envisageable.o

 

La collecte 2018
958 000 t de blé : rendement moyen  de 85 qx/ha. La bonne qualité facilite l'accès aux marchés,
83 600 t de colza : de 43 q/ha. Bon cru ,
24 100 t de pois : 43 q/ha. Production insuffisante,
24 700 t d'orge de printemps : 67 q/ha. Taux de protéines trop élevé,
144 200 t d'orge d'hiver : 82 q/ha. Taux de protéines trop élevé,
26 700 t de maïs : 92 q/ha. Production faible, mais de bonne qualité.

Politique d'investissements

Avec 1 102 000 t de collecte pour la campagne 2017-2018, Noriap est en-dessous de ses objectifs. « C'est le résultat de la conjonction de rendements moyens et de la surface Scop en diminution, au profit des cultures industrielles », justifie Martin Migonney, directeur général de Noriap. Pour autant, avec un résultat de 3,4 millions d'euros au 30 juin 2018, la coopérative maintient son objectif de capacité d'autofinancement à 12 millions d'euros cette année, et ainsi de reprendre sa politique d'investissements. Parmi eux, un partenariat a été créé avec la station de semences Exelience.

Celui avec le groupe Cocorette a été consolidé. « Nous sommes actionnaires minoritaires, mais le secteur de l'oeuf, en pleine expansion, compense la diminution de l'activité lait de notre secteur "élevage et nutrition animale », précise Jean-François Gaffet, le président. En parallèle de la production d'oeufs se développe celle de la fabrication d'aliments pour poules (et autres animaux d'élevage), grâce au partenariat avec Novial. « Nous développons en particulier les aliments bio, avec 28 000 t fabriquées. Mais il est difficile de trouver de la céréale bio dans notre secteur... »

L'actualité, ce 14 décembre, portait néanmoins sur l'adhésion officielle de la coopérative La Flandre. Dites désormais « Groupe Noriap La Flandre ». « Le partenariat entre nos deux coopératives a été initié il y a deux ans. La Flandre participe désormais au diviseur de charges des deux entreprises. » En clair, les recettes, comme les dépenses, sont mutualisées.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Le suivi sanitaire ne s'improvise pas : la performance de l'élevage repose sur un travail d'équipe et une confiance étroite entre Éric Monnet, à gauche et Jérémy Vimbert.
« En médecine rurale, nous avons affaire à des professionnels »

Vétérinaire mixte à Saint-Romain-de-Colbosc depuis plus de vingt ans, Éric Monnet revient sur l'évolution de sa pratique :…

"La transmission en questions"

La section des Seniors agricoles proposera lors de ses réunions de secteur une information sur la transmission avec des…

Récoltes céréalières 2026 : les plus précoces en Normandie depuis 20 ans

Les situations météorologiques extrêmes de janvier à juin expliquent des rendements en baisse, mais pas catastrophiques, pour…

La filière céréales est en forte progression au premier semestre, avec 4,07 Mt traitées, soit une hausse de 33 % par rapport aux 3,06 Mt enregistrées sur la même période 2025, portée par une très bonne campagne céréalière au premier semestre 2026.
Haropa Port : premier semestre très dynamique pour les céréales
À la mi-année 2026, Haropa Port confirme sa bonne dynamique en partie grâce aux 4,07 millions de tonnes de céréales traitées au…
Samuel Crèvecœur, président de la section de Fontaine-le-Dun chez Cristal Union, et Christophe Croison, directeur de l'usine, posent devant le nouvel évaporateur à 6 effets.
La campagne betteravière a démarré dans les temps à Fontaine-le-Dun

Les importants travaux engagés lors de l'inter-campagne ont été achevés à temps. Le site seinomarin de Cristal Union a pu…

Embauche des saisonniers : guide pratique
Face à la complexité des démarches réglementaires en période de forte activité, la MSA a édité le guide "J'embauche un saisonnier…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole