Aller au contenu principal

Myrtilles de pleine terre : une diversification originale dans le pays de Caux

La cueillette de myrtilles de pleine terre est ouverte sur la ferme de la famille Leforestier à Sainte-Colombe.

La culture de la myrtille est plutôt insolite dans le pays de Caux mais elle répond bien à la recherche de diversification de Victor Leforestier qui s'est installé sur l'exploitation familiale avec ses parents, Élisabeth et Benoît, aujourd'hui à la retraite. Victor qui exploite une ferme de polyculture, céréales et cultures industrielles, s'est également diversifié dans l'élevage de bœufs de race angus commercialisés en caissettes à la ferme.

Un fruit santé

"En grande partie pour ses vertus sur notre santé, la myrtille augmente dans la consommation des ménages. C'est original, et c'est un petit fruit qui se tient bien, sur l'arbre et une fois cueilli dans le frigo. Il se congèle aussi très bien", explique Élisabeth Leforestier.

La myrtille fournit de la vitamine E et de la vitamine C et surtout des quantités intéressantes de flavonoïdes, molécules connues pour leurs vertus antioxydantes. Elles sont impliquées dans la défense des vaisseaux sanguins, favorisent la fluidité du sang et jouent un rôle dans la protection des maladies cardio-vasculaires.

Les anthocyanes sont aussi très abondantes dans ce fruit (400 à 500 mg/100 g). Ces pigments sont précieux car il accélère l'activité de la vitamine C. Les myrtilles contiennent des fibres (3 à 5 g/100 g) qui assurent une action régulatrice sur l'intestin. Elles sont également connues pour contribuer à la santé oculaire et au maintien d'une vision normale.

Une production française qui augmente

À cette époque de l'année, dans les magasins, nous trouvons des myrtilles principalement produites au Portugal, en Espagne ou au Maroc. En hiver, elles viennent d'Amérique du Sud. Les importations représentent 85 % des myrtilles consommées en France. Mais la production de myrtilles françaises augmente et a atteint le chiffre record de 3 300 tonnes en 2025. Les surfaces atteignent aujourd'hui 600 hectares. Les grands bassins de production sont la Nouvelle-Aquitaine, l'Occitanie et la région Paca qui représentent les premiers bassins de production de myrtilles cultivées en France (60 % de la production nationale, soit environ 2 100 tonnes). Viennent ensuite les Pays de la Loire, la Bretagne, le Centre-Val de Loire, les régions Grand Est et Auvergne-Rhône-Alpes. Dans le monde (production de 2,2 millions de tonnes), les principaux producteurs sont le Pérou, la Chine, et les États-Unis.

Mais revenons dans le pays de Caux. Victor Leforestier est adhérent à l'Association des producteurs de myrtilles de France (APMF). Il a planté 1 100 plants de myrtilliers en 2022. La première cueillette en libre-service a été un succès durant les mois de juillet et août 2025. Durant cette année-là, il a réalisé une seconde plantation. Au total, il a donc planté 3 000 pieds sur deux sites de l'exploitation.

Un arbuste qui demande beaucoup d'attention

L'entretien des myrtilliers est important : pour commencer " il y a un gros travail de préparation avant la plantation car la myrtille se plaît dans des sols riches en matière organique et plutôt acides." Du bois de conifères broyé a donc été apporté. Le bâchage a également nécessité un gros investissement et un lourd travail.

Le choix a été fait de planter en pleine terre mais il existe quelques structures qui cultivent les myrtilliers en pot.

"L'irrigation est primordiale, le sol doit toujours être frais". Un arbuste a besoin de près de 9 litres d'eau par jour en pleine chaleur. C'est pourquoi l'irrigation a été installée l'hiver dernier sur les parcelles.

Une autre étape importante est la taille "qui demande beaucoup d'heures". Elle se fait idéalement en mars. Le désherbage au pied demande de la main-d'œuvre et l'entretien des interrangs a nécessité l'achat d'une tondeuse.

" C'est un fruit qui demande beaucoup d'attention. Pour le moment, nous ne traitons pas les arbres mais plus le verger va vieillir, plus il risque d'être sensible à la cochenille ", ajoute Élisabeth Leforestier.

En théorie, la production doit doubler chaque année durant les quatre premières années. L'année dernière, 900 kg ont été cueillis sur les 1 100 pieds. Un myrtillier bien entretenu devrait vivre une trentaine d'années. La plante peut atteindre jusqu'à 2 mètres de haut au stade adulte.

De quelle myrtille parle-t-on ?

Vaccinium myrtillus, la myrtille sauvage pousse naturellement sur les massifs montagneux de l'Est jusqu'aux Alpes et dans le Massif central. La myrtille qui est cultivée dans les vergers français est originaire du continent nord-américain. Il s'agit d'une espèce cousine de la myrtille d'Europe. Les botanistes la nomment Vaccinium corymbosum. On l'appelle aussi myrtille arbustive.

C'est au début du XIXe siècle que le botaniste américain Frédéric Coville a sélectionné cette espèce de myrtilles pour créer des variétés plus faciles à cultiver. Les premières cultures en Amérique du Nord sont réalisées vers 1920. Son introduction en Europe (Allemagne) date de 1934. En France, après quelques essais, c'est à partir de 1985 que se développe sa culture.

Des horaires de cueillette

La parcelle de Victor Leforestier se situe route du Moret à Sainte-Colombe (ancien stade de foot de la commune). Les jours de cueillette sont le lundi (15 h-18 h 30), le mercredi (15 h-18 h 30) et le samedi (9 h-12 h). Il est néanmoins conseillé d'aller consulter le site de la ferme* car les horaires peuvent être modulables en fonction de la météo, de l'affluence et de la maturité des fruits.•

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Le suivi sanitaire ne s'improvise pas : la performance de l'élevage repose sur un travail d'équipe et une confiance étroite entre Éric Monnet, à gauche et Jérémy Vimbert.
« En médecine rurale, nous avons affaire à des professionnels »

Vétérinaire mixte à Saint-Romain-de-Colbosc depuis plus de vingt ans, Éric Monnet revient sur l'évolution de sa pratique :…

"La transmission en questions"

La section des Seniors agricoles proposera lors de ses réunions de secteur une information sur la transmission avec des…

Récoltes céréalières 2026 : les plus précoces en Normandie depuis 20 ans

Les situations météorologiques extrêmes de janvier à juin expliquent des rendements en baisse, mais pas catastrophiques, pour…

La filière céréales est en forte progression au premier semestre, avec 4,07 Mt traitées, soit une hausse de 33 % par rapport aux 3,06 Mt enregistrées sur la même période 2025, portée par une très bonne campagne céréalière au premier semestre 2026.
Haropa Port : premier semestre très dynamique pour les céréales
À la mi-année 2026, Haropa Port confirme sa bonne dynamique en partie grâce aux 4,07 millions de tonnes de céréales traitées au…
Samuel Crèvecœur, président de la section de Fontaine-le-Dun chez Cristal Union, et Christophe Croison, directeur de l'usine, posent devant le nouvel évaporateur à 6 effets.
La campagne betteravière a démarré dans les temps à Fontaine-le-Dun

Les importants travaux engagés lors de l'inter-campagne ont été achevés à temps. Le site seinomarin de Cristal Union a pu…

Embauche des saisonniers : guide pratique
Face à la complexité des démarches réglementaires en période de forte activité, la MSA a édité le guide "J'embauche un saisonnier…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole