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Macron prône l'organisation en filières

Emmanuel Macron a dévoilé mercredi 11octobre à Rungis ses mesures, à l'issue de la première phase des Etats généraux de l'alimentation

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© actuagri delphine jeanne

Tandis que la FNSEA et JA organisaient une opération de communication place de la République à Paris, Emmanuel Macron s’est rendu au marché de gros de Rungis, où il était très attendu de la profession agricole pour les premières conclusions des Etats généraux de l’alimentation. Dans la salle du Carreau des producteurs de fruits et légumes, le président de la République a pris la parole après une présentation de Stéphane Layani, président du marché de Rungis et de Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture. « Nous luttons contre le gaspillage alimentaire, avec 800 tonnes de produits redistribués aux associations. Nous développons aussi le local et le bio, car nous anticipons l'avenir », a expliqué Stéphane Layani au chef de l’Etat. « Nous sommes rentables et créateurs de valeur pour les producteurs, nous sommes la centrale d’achat du commerce de proximité. »

Le ministre de l’Agriculture a souligné la symbolique que représente Rungis, « le temple de l’agriculture et de notre alimentation». Il a ensuite rappelé ce qu’étaient les Etats généraux de l’alimentation : 11 000 propositions sur la consultation publique, 30 réunions pour la première phase des ateliers. « L’état d’esprit des Egalim, c’est qu’à la fin, il ne doit y avoir que des gagnants » a-t-il insisté.

Inverser la construction des prix

Les principales mesures annoncées par Emmanuel Macron se résument en trois axes : le renversement de la construction des prix avec une réforme de la contractualisation, la clarification du droit de la concurrence (meilleure information des acteurs sur le droit en vigueur), et l’atténuation de la guerre des prix. Pour Macron, afin de « renverser la construction du prix », il faut partir du coût de revient du producteur pour négocier avec le transformateur puis le distributeur, et non partir du prix sur les étals des supermarchés. Le prix serait déterminé en connaissance de cause et les producteurs proposeront leurs contrats aux maillons suivants qui pourront alors appliquer leurs marges.

Les prochaines négociations commerciales, qui doivent débuter dans quelques semaines, se dérouleront « à cadre législatif constant ». La FNSEA espérait que le gouvernement travaille par ordonnance, afin de rendre applicables certaines mesures dès les négociations à venir. Mais la promulgation d'une ordonnance peut prendre plusieurs mois, répond-on au ministère. L'Elysée explique que « compte tenu des délais de promulgations des textes », le gouvernement compte plutôt sur le changement de « philosophie » exprimé par les différents acteurs présents durant les EGA. Il invoque aussi la possibilité de faire appel à des médiateurs pendant les négociations lorsque la discussion n’est pas possible.

Sortir de la guerre des prix

Sur la guerre des prix, les participants aux Egalim ont tous été unanimes sur le fait qu’il faut en sortir, sauf Michel-Edouard Leclerc et UFC-Que Choisir qui voient d’un mauvais œil une hausse des prix pour le consommateur. Une réforme de seuil de revente à perte (SRP) et des promotions est bien prévue, comme l’a expliqué le président, mais sa présentation sera reportée à fin décembre, et conditionnée à la présentation de « plans de filières» par les interprofessions, c'est-à-dire des objectifs d'évolution sur cinq ans (part de produits bio, baisses de pesticides...). Pour peser dans les négociations, il est primordial pour le chef de l’Etat de raisonner en filières afin de pouvoir imposer ses prix. Le fait d’être organisés de la sorte permettra d’accéder à l’enveloppe prévue par le gouvernement pour l’agriculture.

Après ce premier volet, le second chantier des États généraux de l'alimentation démarre, et porte sur « une alimentation saine, durable et accessible à tous », qui d’après l’Elysée, doit conduire à un « calendrier d'élimination progressive des pesticides» et à une « séparation de la vente et du conseil ».

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