Aller au contenu principal

Loi Egalim : Agnès Pannier-Runacher à l'écoute

La ministre déléguée auprès du ministre de l'Agriculture était en Seine-Maritime, le lundi 25 mars pour évoquer la loi Egalim. Si la ministre n'a pas fait d'annonces, elle a surtout entendu les acteurs sur cette loi, en perpétuelle évolution.

Jocelyn Pesqueux, interpelle la ministre avec Jérôme Malandain (président JA 76), Bruno Ledru (président FNSEA 76) et Laurence Sellos (présidente Chambre d'agriculture 76)
Jocelyn Pesqueux, interpelle la ministre avec Jérôme Malandain (président JA 76), Bruno Ledru (président FNSEA 76) et Laurence Sellos (présidente Chambre d'agriculture 76)
© Simon Huet

Il faut croire que la Seine-Maritime est un territoire propice à la visite ministérielle. Après Marc Fesneau, c'est au tour de la nouvelle ministre déléguée, Agnès Pannier-Runacher de s'arrêter dans le département. Plus précisément, la visite s'est déroulée à Allouville-Bellefosse au sein du Gaec de la ferme du chêne, mobilisé à la dernière minute pour accueillir la délégation. Pour ce déplacement, Agnès Pannier-Runacher a souhaité évoquer la loi Egalim. Jocelyn Pesqueux, membre du Gaec, trésorier de la FNSEA 76 et particulièrement impliqué dans la filière laitière a rappelé les enjeux de cette loi et ce qu'elle a apporté depuis sa mise en place. " Indéniablement, la loi a favorisé le rééquilibrage du rapport de force dans les filières ", souligne l'éleveur. La construction du prix en marche avant, à partir des coûts de production, clef de voûte de la loi, a effectivement permis de ramener quelques euros dans les élevages par une meilleure répartition de la valeur. " Si la loi a globalement eu des effets positifs, il faut aller plus loin en généralisant la référence aux coûts de production fixés par les interprofessions ", insiste Jocelyn Pesqueux. Il faut aussi, comme cela existe dans certaines filières, "encourager les contrats tripartites entre producteurs, transformateurs et distributeurs". L'exemple de la contractualisation en viande opérée par Lidl montre que " cette formule est possible et qu'elle fonctionne ", précise Bruno Ledru, président de la FNSEA 76. Les enjeux de cette juste rémunération sont essentiels insiste Laurence Sellos, présidente de la Chambre d'agriculture, " d'abord pour la souveraineté alimentaire mais aussi pour assurer le renouvellement des générations ". Pour illustrer ce propos, Jocelyn Pesqueux rappelle qu'une hausse de 1 centime sur un yaourt entrainerait une hausse du prix de la tonne de lait de 80 euros à la production.

Le rôle de la restauration hors foyer

L'autre levier à actionner est la restauration hors foyer. La ministre annonce attendre beaucoup des acteurs pour qu'ils respectent davantage la loi et notamment les objectifs de 50 % de produits bio, de qualité et durables dans leurs offres alimentaires. Le ministère, rappelle Agnès Pannier-Runacher " a écrit aux collectivités pour les inciter à faire plus mais il a aussi édité un guide pour les accompagner dans la rédaction de leurs cahiers des charges ". Pour Laurence Sellos, présidente de la Chambre d'agriculture, il faut effectivement mieux accompagner les collectivités, la chambre le fait) mais aussi élargir la gamme des produits permettant d'atteindre l'ambition des 50 % de produits bio et durables. " Il y a beaucoup de produits qui ont des cahiers des charges en Normandie, dont certains mériteraient d'être considérés comme permettant de remplir cet objectif de 50 %", insiste Laurence Sellos. La discussion, ouverte à la presse, et à laquelle ont participé des élus locaux, a permis de dresser un panorama assez large de la loi, de ce qui fonctionne, et de ce qui reste à améliorer. Bruno Ledru, président de la FNSEA 76 a appelé le gouvernement à en faire plus pour la faire appliquer. " On a demandé aux agriculteurs français d'opérer la montée en gamme, parfois en les privant de moyens de production. Ils l'ont fait, à l'État maintenant de faire en sorte que ces efforts soient valorisés et concrétisés en euros dans les exploitations ", interpelle le président de la FNSEA 76.

Moyens de production

Profitant de cette visite ministérielle, Reynald Fréger, membre du bureau de la FNSEA 76 et président de la CGB 76 a appelé la ministre, en s'appuyant sur l'exemple de la betterave, à s'emparer du sujet phyto rapidement. " Il y a en France, trop d'impasses techniques dans certaines filières et des distorsions de concurrence avec les producteurs européens intolérables et en contradiction avec les ambitions de souveraineté alimentaire portées par le gouvernement ". En réponse, la ministre a annoncé " qu'elle conduisait des réflexions filière par filière pour tenter d'identifier les impasses et les solutions à envisager ". Elle ajoute que l'ambition de réduire l'utilisation des phytos, au nom de la "défense de la biodiversité, du climat, de l'eau ou encore de la santé reste une préoccupation majeure". Pour Bruno Ledru, "si l'objectif est louable, il faut à tout prix maintenir l'équilibre entre production et préservation, en appelant au pragmatisme, au bon sens et à la science pour bâtir des solutions ".•

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Le suivi sanitaire ne s'improvise pas : la performance de l'élevage repose sur un travail d'équipe et une confiance étroite entre Éric Monnet, à gauche et Jérémy Vimbert.
« En médecine rurale, nous avons affaire à des professionnels »

Vétérinaire mixte à Saint-Romain-de-Colbosc depuis plus de vingt ans, Éric Monnet revient sur l'évolution de sa pratique :…

"La transmission en questions"

La section des Seniors agricoles proposera lors de ses réunions de secteur une information sur la transmission avec des…

Récoltes céréalières 2026 : les plus précoces en Normandie depuis 20 ans

Les situations météorologiques extrêmes de janvier à juin expliquent des rendements en baisse, mais pas catastrophiques, pour…

La filière céréales est en forte progression au premier semestre, avec 4,07 Mt traitées, soit une hausse de 33 % par rapport aux 3,06 Mt enregistrées sur la même période 2025, portée par une très bonne campagne céréalière au premier semestre 2026.
Haropa Port : premier semestre très dynamique pour les céréales
À la mi-année 2026, Haropa Port confirme sa bonne dynamique en partie grâce aux 4,07 millions de tonnes de céréales traitées au…
Samuel Crèvecœur, président de la section de Fontaine-le-Dun chez Cristal Union, et Christophe Croison, directeur de l'usine, posent devant le nouvel évaporateur à 6 effets.
La campagne betteravière a démarré dans les temps à Fontaine-le-Dun

Les importants travaux engagés lors de l'inter-campagne ont été achevés à temps. Le site seinomarin de Cristal Union a pu…

Embauche des saisonniers : guide pratique
Face à la complexité des démarches réglementaires en période de forte activité, la MSA a édité le guide "J'embauche un saisonnier…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole