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Initiative
Liniculture : permettre d'optimiser le matériel

Jean-Louis Maurice, directeur de la Linière Ressault-Le Neubourg, et Pascal Allard, directeur du Cercle d'échanges, ont topé dans la main il y a quelques mois. Ils sont à l'initiative d'un échange de bons procédés d'échanges de matériels, à l'instar de ce qui se fait pour le battage, mais versus lin.

"Avec mes collègues, Laurent Vallée et Simon Den-Haerinck, nous avons l'hiver dernier fait le constat qu'en deux ans les surfaces en lin avaient significativement progressé sans que les nouveaux liniculteurs ou ceux qui avaient simplement augmenté leurs surfaces se soient équipés en conséquence", se souvient Jean-Louis Maurice, directeur de la Linière Ressault-Le Neubourg. "Or, il existe dans l'Eure un parc matériel conséquent et sans doute sous-exploité. C'est ainsi qu'a germé l'idée d'appliquer ce qui se pratique avec les battages à la récolte du lin."

Cette pratique en céréales, c'est la mise en adéquation de l'offre et de la demande en moissonneuses-batteuses dont le Cercle d'échanges de l'Eure s'est fait une spécialité. "Nous avons donc rencontré Pascal Allard, son directeur, pour exprimer nos besoins afin de structurer une offre de service qui se pratiquait déjà mais de façon quelque peu archaïque".

Un dossier partagé

Si la paternité de cette nouveauté revient à ces deux acteurs, l'idée a été partagée avec tous les teilleurs, privés et coopératifs, à l'occasion d'une réunion d'information et d'échanges en mai dernier. "Il fallait être très clair pour travailler dans une entente cordiale. On a parlé matériels pour arracher, retourner, enrouler et mettre à l'abri toute la récolte départementale dans des conditions optimums", insiste Jean-Louis Maurice. Depuis le début de la campagne, la Linière Ressault a pu tester et apprécier le fonctionnement. "Un teilleur qui fait les travaux est sollicité tous les matins. Nous avons notre propre matériel mais nous ne pouvons pas répondre à toute la demande". C'est là qu'intervient le Cercle d'échanges. "Nous centralisons tout", explique Pascal Allard. "Quand un liniculteur avec son matériel est disponible, même si ce n'est que quelques heures dans la journée, il nous envoie un SMS et nous organisons le chantier selon la proximité des hectares à travailler ce même jour. Notre force, c'est plus de réactivité, plus d'efficacité et moins de stress avec un prix fixé en amont de la réalisation".

De la solidarité et de l'économique

Philippe Dubuisson, agriculteur à Bray (27), a participé à la réunion en mai dernier et vite accroché le wagon. Il a retourné pour tiers 7 ha mais aussi enroulé pendant deux jours une linière située à 50 km de son siège. "On s'est retrouvé avec un copain sur ce chantier. On ne s'était pas concerté, ça a été sympa. Le premier soir, le client m'a prêté sa voiture pour que je rentre chez moi", a-t-il apprécié. "Cela me permet d'optimiser mon matériel mais je ne cherche pas à en faire beaucoup". Et Philippe de prodiguer quelques règles élémentaires. "Le travail de base, c'est de commencer par faire le sien. Après, si on dispose de temps, pourquoi pas ?" Mais le syndicalisme chevillé au corps, il avance un autre argument. "Il ne faut pas s'entraider quand il est trop tard. C'est dès le début qu'il faut le faire. Si je suis dimensionné pour travailler 10 hectares par jour, quand je tombe en panne, c'est zéro et donc le risque de perdre en qualité. L'enjeu peut atteindre plusieurs centaines d'euros par hectare". Et de conclure : "j'ai été prestataire il y a quelques jours, je serai sans doute client demain".

La linière départementale ne dort pas encore sur ses deux oreilles mais retrouve en cette formule un peu de sérénité dans une mixité (liniculteurs, teilleurs privés et coopératifs, Cuma et ETA...) fédératrice autour d'une culture d'excellence promise à un grand avenir à condition de fournir, qualitativement et quantitativement, un marché qui en redemande. Elle permet de valoriser le suréquipement en certains endroits et compenser le sous-équipement ailleurs. Le tarif des matériels a explosé en quelques années et les délais de livraison sont anormalement longs. L'optimisation collective du parc est une des réponses. "On crée aussi du lien et de la solidarité", se satisfont de concert Jean-Louis Maurice et Pascal Allard en attendant un bilan définitif la campagne achevée.•

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