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L'immunité, gage de réussite du troupeau

L'actualité sanitaire est très riche. Les vagues de FCO s'enchaînent depuis quelques années. Les maladies respiratoires sont en recrudescence cet hiver, favorisées par le climat humide et doux : une hausse de la mortalité s'est fait sentir sur les mois de décembre et janvier, comparé à l'hiver précédent.

C'est pourquoi, dans leurs réunions d'hiver, le GDMA 76 et le GDS 27 ont choisi de consacrer l'après-midi à aborder les leviers d'amélioration de l'immunité troupeau.

En effet, l'immunité, c'est l'ensemble des mécanismes qui aide un être vivant à se défendre contre les attaques extérieures. Elle fait intervenir des mécanismes complexes, qui peuvent facilement se dérégler à la faveur d'un stress.

L'alimentation, pilier d'une bonne immunité

Dans la présentation ci-contre, pas de grande nouveauté, mais un rappel des principaux leviers d'amélioration, le premier étant l'alimentation.

Nos animaux ont en effet besoin d'une alimentation équilibrée et adaptée à leur âge et à leur stade physiologique ou de production. Avoir des apports suffisants en énergie et en protéines est indispensable, et ce d'autant plus en fin de gestation pour garantir un colostrum de qualité, gage de bonne santé du veau nouveau-né. Il est nécessaire de faire attention aux rations fourragères avec une herbe ou un foin parfois pauvre, notamment pour les vaches allaitantes.

De même, la qualité des fourrages est importante : on retrouve de plus en plus de mycotoxines, de champ ou de récolte dans les ensilages de maïs depuis quelques années. Elles ont un impact sur la reproduction, le système immunitaire et les taux cellulaires/nombre de mammites. Ces toxines se développent notamment lors d'un stress sur la plante (sécheresse accrue, grêle) et sont favorisées par un labour inexistant, une mauvaise rotation des cultures ou un défaut de tassage du silo. Certaines variétés de maïs y sont également plus sensibles.

Tassage : viser 250-300 kg de matériel agricole/tonne de maïs/heure.

Attention au nombre et au poids des tracteurs disponibles.

Ensileuse avec débit 100 t/h : 25-30 t pour tasser : minimum 2 tracteurs.

Si débit 150 t/h : 37-45 t : minimum 3 tracteurs.

Les minéraux et oligo-éléments, connus pour leur importance dans les troubles métaboliques, interviennent aussi pour réguler les mécanismes de l'immunité, en permettant la communication entre les différentes cellules immunitaires. Des études montrent des carences de plus en plus importantes dans les troupeaux (lire tableau 1).

L'abreuvement est lui aussi à ne pas négliger. En 2025, une étude normande sur une cinquantaine d'élevages de prim'holstein a révélé un défaut d'abreuvement dans 50 % des élevages ; avec bien souvent des longueurs d'abreuvoirs ou un débit insuffisant (lire tableau 2).

Le colostrum, point clé pour gérer les maladies néonatales... et l'hygiène

Sans surprise, le colostrum constitue la première défense du veau : il doit être de qualité suffisante, distribué en quantité suffisante (4 litres dans les six premières heures en laitier), et le plus vite possible (fermeture des pores de la caillette dans les six heures, voir schéma ci-dessous).

La qualité colostrale peut être évaluée avec un réfractomètre. Cela permet d'adapter si besoin la ration des vaches en fin de gestation ou de sélectionner du colostrum à congeler pour le donner ultérieurement. Le colostrum se conserve jusqu'à un an au congélateur, mais doit être décongelé sans choc thermique pour ne pas dénaturer les anticorps colostraux (au bain-marie, maxi 50 °C) (lire tableau 3).

D'autre part, en cas d'épidémies de diarrhées ou de gros nombrils, il ne faut pas oublier l'importance de l'hygiène générale. De fait, il vaut mieux curer-laver-désinfecter sans vide sanitaire, plutôt que ne rien faire sous prétexte que le vide sanitaire ne pourra être respecté.

Pour les animaux plus âgés, pour lutter contre les boiteries type Mortellaro, on fera passer plus souvent le racleur. Contre les mammites, curer est la première mesure. De manière générale, l'observation des animaux et de l'environnement est primordiale : s'ils sont sales, il est temps de curer.

Le sanitaire à ne pas négliger

L'état général du troupeau entre aussi en jeu. L'alimentation doit bien sûr pallier les carences, mais si le système immunitaire doit gérer plusieurs maladies en même temps, il va vite se retrouver dépassé. Ainsi il est fondamental de veiller au statut parasitaire des animaux : coccidies, strongles digestifs ou respiratoires, douves ou paramphistomes. Les autres maladies "classiques" du troupeau doivent être surveillées : BVD, paratuberculose, néosporose notamment. Avec la FCO, les élevages non vaccinés et atteints à bas bruit de fièvre Q ou néosporose ont ainsi malheureusement eu plus d'avortements.

Bien entendu, il en va de même chez les petits ruminants qui sont encore plus soumis à la pression parasitaire.

Un outil : le thermomètre

Un thermomètre a été remis à tous les participants à l'issue de la journée. Voici quelques manières de l'employer en dehors de la classique prise de température sur l'animal malade :

  • température du veau nouveau-né : il doit être à 39 °C dans les 2 heures (maximum) post-vêlage pour ne pas gaspiller de l'énergie à se réchauffer et être apte à digérer le colostrum ;
  • température de distribution du lait et du colostrum : là encore, pour le veau, dans le seau on vise 39 °C ;
  • température de la litière : au-delà de 39 °C, les bactéries se développent : risque accru de septicémies, gros nombrils, mammites, panaris.

Bien sûr, d'autres pistes sont à ne pas négliger : la tonte de la ligne du dos est d'une grande aide contre les maladies respiratoires ou les parasites (poux). Le nettoyage des abreuvoirs permet aussi de limiter la transmission de maladies et le développement de germes (coccidies, salmonelles, bacille de la paratuberculose, etc.). La ventilation est également primordiale pour garantir une bonne ambiance.

Mais la plus importante des clés pour garantir la meilleure immunité d'un élevage reste l'œil de l'éleveur : l'observation des animaux est primordiale, tant par l'aspect des bouses et du poil, la chute d'état corporel, les refus trop nombreux à l'auge, etc. Savoir se remettre en question et se faire accompagner par un œil extérieur n'est pas choses si faciles mais quand on travaille avec du vivant, c'est souvent utile.•

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