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DIDIER ANQUETIL, gérant des pépinières d'Elle à Villiers-Fossard (50)
« L'hydroseedling, une méthode pour gérer les abords de cultures »

Didier Anquetil, gérant des pépinières d'Elle à Villiers-Fossard (50), revient sur un test d'hydroseedling réalisé dans son entreprise pour enherber un talus d'un bassin de récupération d'eau nouvellement mis en place.

Pourquoi vous êtes-vous intéressé à cette solution d'enherbement ?

" Un fournisseur nous a proposé de réaliser un test d'enherbement par hydroprojection sur les talus de notre nouveau bassin. Je connaissais déjà la technique qui est assez ancienne, mais plutôt réservée à des chantiers de grande envergure, telles des autoroutes avec des machines très imposantes. Ce n'est pas du tout pratique et accessible pour nous. Quand j'ai appris qu'Urbavert vendait des machines de taille ''maniable'', j'ai tout de suite été intéressé. La gestion des abords de cultures en pépinières est parfois difficile. Cela pourra nous permettre de gérer les adventices qui nous posent problème en cultures."

Quel type d'enherbement avez-vous donc réalisé ?

" J'ai choisi de réaliser un mélange de graminées et de fleurs sauvages pour favoriser la biodiversité et les pollinisateurs. L'aménagement des abords pour favoriser la présence d'auxiliaires des cultures est un sujet que nous travaillons dans un groupe 30 000 horticole. C'était de ce fait en parfaite adéquation avec ce test. Dans le cadre du contrat d'objectif nouvelles pratiques de la Région Normandie*, un conseiller suit ce test et des communications auprès des collègues seront réalisées sur cette technique. À ce jour, le résultat est très satisfaisant. La pente du talus du bassin était assez haute et forte. Il aurait été difficile de mettre en place une autre solution. "

Que retenez-vous de l'utilisation de cette machine concrètement ?

" La facilité de mise en œuvre, grâce à la taille compacte de la machine. Cela nous permet de l'utiliser même dans des endroits difficilement accessibles, entre les rangs de cultures par exemple. Elle permet une autonomie des agents. Deux personnes suffisent. C'est modulaire selon les situations, et surtout très rapide à mettre en œuvre. "

Et à l'avenir, réutiliserez-vous cette technique ?

" L'application que nous avons réalisée sur notre talus n'est faite que depuis deux mois, mais les résultats sont déjà là. À tel point que j'ai décidé d'investir dans l'achat de cet appareil.

Avec les périodes très chaudes que nous traversons depuis quelques années, les semis peuvent avoir du mal à s'installer. La levée est bien meilleure et quasi garantie du fait du support organique qui maintient une certaine humidité au niveau des graines. Je suis confiant sur son usage à venir aussi bien pour nos chantiers de paysage que pour la pépinière. C'est pourquoi j'ai décidé d'investir dans cette machine. Nous sommes maintenant équipés depuis deux mois. On pourra enherber les interrangs pour travailler ensuite mécaniquement et ne plus avoir recours à des herbicides, que nous avons déjà fortement réduits. Je suis également en attente de la société Urbavert qui finalise actuellement le développement d'un produit applicable avec cette machine pour mulcher les rangs de cultures. Cet espace est toujours plus difficile à travailler. La mécanisation n'est pas toujours possible. Je suis impatient de pouvoir tester cela. Si cela fonctionne, ce sera une grande avancée."•

Propos recueillis par Vincent Calvarin (Astredhor)

* Cette communication a été réalisée grâce au soutien de la Région Normandie dans le cadre du contrat d'objectif nouvelles pratiques "La Normandie en transition agroécologique", action multipartenariale entre Astredhor, les Chambres d'agriculture de Normandie, la Fédération des Cuma, le réseau des Civam Normands, le Sileban, Bio en Normandie et l'Ardear.

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