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Les plages du Débarquement inscrites au Patrimoine mondial 

Les plages normandes du Débarquement figurent depuis le 26 juillet au panthéon du Patrimoine mondial de l'Unesco. Une reconnaissance "exceptionnelle" qui, si elle inspire de la positivité, interroge tout de même les acteurs du monde agricole.

Le Comité du Patrimoine mondial a rendu l'information officielle, dimanche 26 juillet, en direct de Busan (Corée du Sud) : les plages du Débarquement sont désormais inscrites sur la liste du Patrimoine mondial de l'Unesco. Utah, Omaha, Gold, Juno et Sword, ainsi que le site de la Pointe du Hoc, se voient conférer une reconnaissance en raison de "leur valeur universelle" et de "leur portée patrimoniale, mémorielle et symbolique pour l'humanité". Au total, six sites représentent les zones de biens et 121 communes sont placées en zone tampon. Cette zone tampon est constituée de tout le territoire compris entre le littoral et la Nationale 13, de Quinéville à l'ouest, à Merville-Franceville, à l'est, incluant Saint-Mère-Église, Carentan et Bayeux. Dès le mois de septembre, la Région Normandie engagera une série de réunions avec les acteurs locaux, pour mettre en œuvre les conséquences de cette décision.

"Formidable mais..."

"Les plages du Débarquement sont bien plus que des sites historiques : elles sont des lieux de mémoire universels, porteurs d'un message de liberté, de paix et de rassemblement entre les peuples. Leur inscription au Patrimoine mondial de l'Unesco est une reconnaissance internationale", déclare Hervé Morin, président de la Région Normandie. "En termes de reconnaissance de notre territoire, c'est formidable, indique Jean-Yves Heurtin, président de la Chambre d'agriculture du Calvados. En termes de vitrine économique, pour la partie touristique, c'est un élément important pour notre département et notre région. Je n'ai aucun doute que ce soit positif pour toute cette activité-là, y compris pour l'agritourisme, les circuits courts, l'accueil à la ferme..."

"Il ne faut pas que ce classement, demain, vienne empêcher"

"C'est une belle opportunité, mais les autres activités économiques, dont l'agriculture, notamment en bord de mer, risquent d'avoir de nouvelles contraintes. On sait s'adapter, mais avec certaines limites. [...] On sera vigilant à ce qu'il y ait toujours de l'agriculture dans ces zones", juge François Rihouet, président de la Chambre de la Manche.

"Nous avons une interrogation et une vigilance, note de son côté Jean-Yves Heurtin. Il ne faut pas que ce classement, demain, vienne empêcher et aille au-delà de ce qui est déjà fait via la loi Littoral, en termes de limitations sur les exploitations. On a besoin que cette bordure maritime soit valorisée, tout particulièrement les cultures maraîchères qui ont besoin d'avoir des serres, des lieux de vente... Il ne faut pas que ce soit une entrave." Des propos partagés par François Rihouet : "Nous avons déjà ces considérations dans la Manche avec le Mont-Saint-Michel. Il faut être très vigilant sur les constructions agricoles, notamment pour l'élevage. En zone littoral, aujourd'hui, c'est déjà compliqué. Il ne faudrait pas venir entraver encore plus l'activité. [...] Il y a suffisamment de règles déjà en place pour ne pas faire n'importe quoi."

"Cette décision nous oblige à protéger ce bien", reconnaît le Conseil régional. Celui-ci confirme l'engagement d'un premier travail des maires qui ont transmis leurs observations pour la constitution du dossier de candidature, et de l'ancien préfet, Stéphane Bredin, qui a travaillé à la protection des sites et de la problématique éolienne. Les Chambres d'agriculture confient ne pas avoir été consultées.•

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