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Les nouvelles technologies s'invitent dans les étables

Les technologies numériques se sont implantées dans beaucoup d'élevages français. Mais des freins demeurent pour profiter pleinement des capteurs, robots et autres outils qui facilitent le quotidien des éleveurs.

Les détecteurs de chaleurs sont désormais utilisés parun éleveur bovin laitier sur deux.
Les détecteurs de chaleurs sont désormais utilisés parun éleveur bovin laitier sur deux.
© A. Lebreton/Idele

Contrairement à l'image d'Épinal, les éleveurs de ruminants français sont bien équipés d'outils numériques. Les éleveurs de bovins laitiers sont les mieux dotés. « Un élevage laitier sur deux est équipé de capteurs embarqués  », annonce ainsi Adrien Lebreton, ingénieur au service capteurs-équipements-bâtiments de l'Institut de l'élevage (Idele). Colliers, bolus ou boucles électroniques permettent de détecter les chaleurs ou les vêlages, de monitorer l'alimentation ou de géolocaliser les vaches dans le bâtiment. Ces technologies sont devenues des outils du quotidien. « Le collier, c'est un peu comme une montre connectée qui va analyser les mouvements de la vache. »

Côté équipements, le robot de traite séduit de plus en plus : 31 % des éleveurs interrogés en 2024 étaient équipés et, depuis, cela s'accélère encore avec 77 % des nouvelles installations de traite qui sont des robots. « Ce n'est pas qu'une question de performance zootechnique : c'est surtout la question de l'astreinte et de la vie de famille qui motive les éleveurs », commente l'ingénieur. Deux élevages caprins laitiers sur trois sont équipés d'un distributeur automatique de lait ou de concentrés.

Les drones sont des jumelles volantes

C'est aussi cette question du temps de travail qui a motivé 6 % des éleveurs d'ovins allaitants à s'équiper de colliers GPS. « En système extensif, ils permettent de localiser les animaux de ne pas perdre de temps à les chercher quand les estives sont éloignées, vastes ou accidentées. »

Pour les éleveurs allaitants, les drones émergent comme une nouvelle paire de jumelles volantes. 9 % des éleveurs de bovins allaitants en sont déjà équipés et 20 % envisagent de s'équiper à court ou moyen terme. « On achète un drone pour le loisir ou pour envoyer les photos de dégâts de culture aux chasseurs puis on se rend compte de son utilité pour aller voir si un abreuvoir est plein sans se déplacer, décrit Adrien Lebreton. Aujourd'hui, le drone est une super paire de jumelles. Demain, il deviendra peut-être un outil d'analyse, avec l'intelligence artificielle. » Car, pour l'instant, l'analyse automatisée d'images, pour compter des moutons par exemple, reste encore expérimentale.

Le paradoxe de la connectivité

Si ces outils sont performants, leur efficacité est très dépendante de la qualité du réseau. « Comment transmettre des alertes dans des zones blanches où l'on ne capte pas la 2G ? » Dans les zones montagneuses ou reculées, la fracture numérique freine le déploiement de ces technologies. Un autre frein important réside dans l'interopérabilité. « Chaque fabricant a son système et faire dialoguer les outils entre eux reste très compliqué », regrette l'ingénieur. Certains éleveurs peinent à faire venir un installateur pour avoir du Wi-Fi ou une caméra dans le bâtiment. Le prix de ces équipements facilitateurs rentre aussi dans l'équation des éleveurs.

En matière de nouvelles technologies, « il faut savoir distinguer le gadget du super utile. Tout ne sert pas à tout le monde. On n'a pas besoin d'avoir des vaches bardées de capteurs pour être un bon éleveur. » À ceux qui hésitent à franchir le pas, Adrien conseille d'aller voir leurs pairs et de se laisser le temps. « Un outil numérique demande un peu d'appropriation au départ, mais il peut vraiment faciliter la vie par la suite. »•

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