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Les marchés laitiers en voie de stabilisation ?

Après des années de variations importantes, les cours de produits laitiers semblent se stabiliser malgré des facteurs d'incertitude.

Ainsi le prix du lait a-t-il connu une hausse modérée en 2024 après les soubresauts de 2021 et 2022, le prix "toutes qualités confondues" atteint en octobre 472,15 euros/1 000 l (+ 11 euros/2023). Et ce, même si les derniers mois de 2024 indiquent une orientation positive des prix. Il en va de même avec les coûts de production qui poursuivent sur 2024 le reflux engagé en 2023 : 127,8 euros en octobre, contre 132,9 un an plus tôt (base 100 en 2015). Cette conjoncture donne des perspectives positives à court terme et tend à encourager la production.

Regain de collecte française

On observe ainsi un regain de la collecte depuis le début de l'année de 1,1 % sur les dix premiers mois au niveau national avec une nette différence entre les régions du sud, toutes orientées à la baisse, et les régions de la moitié nord qui connaissent une hausse de la production, excepté l'Île-de-France : + 1,4 % en Bretagne, + 2,4 % pour les Pays de la Loire, + 0,9 % pour la Normandie, + 1 % pour les Hauts-de-France et + 3,6 % pour Grand Est. En revanche, sur le mois d'octobre, seuls la Bretagne (+ 2,9 %), les Pays de la Loire (+ 1,7 %) et la Normandie (+ 3,2 %) semblent accélérer là où les autres régions stagnent. Ce regain de production est nourri par une recherche de productivité, laquelle peut être liée à la qualité des fourrages engrangés à l'automne, puisque le cheptel laitier poursuit, lui, sa diminution à 3,305 millions (- 2,2 % sur un mois).

Du côté des prix des produits transformés, l'heure est aussi à la stabilisation. En effet, les cours de la poudre restent stables, autour de 2 500 euros/tonne, tandis que la cotation Atla du beurre industriel s'est repliée de 300 euros à 7 530 euros/tonne à la mi-décembre. Dans ce contexte, les prix au consommateur des produits laitiers restent stables à des niveaux élevés si on les compare à 2021 et années antérieures.

La production européenne stable

Au niveau européen, la collecte suit des évolutions contrastées. La France (+ 1,1 %), l'Italie (+ 0,5 %), l'Espagne (+ 1,5 %) et, surtout, la Pologne (3,3 %) sont les seuls en croissance parmi les principaux pays producteurs sur les dix premiers mois. Le Danemark (- 0,3 %), les Pays-Bas (- 1,6 %), l'Irlande (- 2,9 %) et l'Allemagne (- 2,3 %) sont en repli, même si l'Irlande (+ 14,8 % en octobre) semble retrouver une forte dynamique. Au global, la collecte européenne progresse de 0,8 % en octobre, mais reste stable sur les dix premiers mois de 2024 : + 0,2 %.

À l'échelle mondiale, les importations chinoises de beurre ont repris de 5 % par rapport à 2023, tandis que les achats de poudre de lait sont en repli : - 13 % pour la poudre de lait entier, - 37 % pour la poudre de lait écrémé, expliquant pour une partie l'atonie du marché de la poudre de lait, malgré le dynamisme des achats de poudre des Philippines (+ 21 %) et de l'Indonésie (+ 12 %). De son côté, le Brésil a augmenté ses achats de fromages de 50 %, un chiffre qu'il faudra confirmer pour en analyser la portée. Ce sont d'ailleurs les fromages qui tirent le marché mondial : + 10 % d'achat par les États-Unis, + 3 % pour le Japon, + 10 % pour le Royaume Uni. Ces achats profitent aux grands exportateurs traditionnels : États-Unis (+ 19 %), Argentine (+ 18 %), Australie (+ 30 %). Mais pas à la Nouvelle-Zélande (- 2 %) ni à l'Union européenne (0). Quant à la collecte mondiale, elle reste en retrait de 0,3 % sur les dix premiers mois pour les cinq bassins qui alimentent les échanges internationaux.•

Article rédigé avec le soutien du Criel Normandie-Lait

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