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Les fraises normandes, sans modération.

Encore un mois pour consommer la fraise de chez nous.

C’est le moment de déguster les fraises normandes  ! Elles ouvrent la saison des petits fruits rouges. Pascal Prevost est maraîcher et producteur de fraises à Quincampoix : « Ma production de fraises s’intercale dans ma palette de légumes. La récolte est déjà bien avancée. L’essentiel de ma récolte se situe entre le 20 avril et début juillet. Nous attaquons les variétés remontantes avec 8 jours d’avance en raison du beau temps. A partir du 14 juillet, je passe aux tomates ». Pascal Prevost plante ses fraisiers en terre, de façon traditionnelle, sous des tunnels pour protéger la fleur et le fruit. Les bâches des tunnels peuvent être remontées de chaque côté pour assurer une ventilation quand il fait chaud. Aucun produit phytosanitaire n’est appliqué.  « De toute façon, aucun désherbant n’est autorisé, alors on se débrouille avec une couverture au sol. Je sais très bien que le hors-sol devient la norme, mais je tiens à rester en pleine terre ». Appartenant à un groupe de développement à la chambre d’agriculture, le producteur pratique la lutte intégrée.

 

Le frelon asiatique perturbe les récoltes des remontantes

Il y a une époque où sa production de fraises était plus importante. D’un peu plus de 2 hectares, il est passé à 800 m2 aujourd’hui : « Je produis moins de variétés remontantes pour plusieurs raisons. Premièrement, je manquais de place pour mes légumes. Je reste en pleine terre mais du coup la surface me manque. Deuxièmement, les fraises hors sol arrivent sur le marché à des prix concurrentiels. Troisièmement, nous sommes ennuyés avec le frelon asiatique qui vient perturber les récoltes. Sous les tunnels cela devient trop dangereux pour mes salariés ».

 

Une fraise de pays se cueille à maturité

« La production de fraises peut rester traditionnelle tout en devenant de plus en plus technique pour répondre à la demande des consommateurs ». Enfin l’étape de la cueillette est très importante : « en vente directe, en production de pays, nous cueillons les fraises à maturité, chaque veille de marché. Elles doivent être consommées dans les 3-4 jours maximum car c’est un fruit riche en eau, donc fragile.  Nous avons la chance d’être en contact avec notre clientèle, de pouvoir expliquer notre travail et conseiller sur la façon d’apprécier nos fraises. C’est un produit qui se déguste à température ambiante, qui doit être stocké au réfrigérateur s’il n’est pas consommé tout de suite, dans le bac à légumes, avec son emballage papier.  Mais il faudra sortir ses fraises une heure avant de les consommer pour qu’elles offrent tous leurs arômes ». Encore un mois pour consommer la fraise normande. Ensuite d’autres petits fruits rouges viendront la remplacer sur les étals des producteurs de la Vallée de Seine : cerises, framboises, cassis et groseilles. La récolte est annoncée moins importante cette année mais les fruits devraient être particulièrement sucrés, d’après Sébastien Lambert, producteur à Jumièges.

La Mariguette, le meilleur de la Guariguette et de la Mara.

Le choix des variétés est important : « J’ai abandonné la Mara des Bois, explique Pascal Prevost, car elle commence à se déprécier. C’est une variété qui s’abîme très vite dans la barquette. Je vais vers d’autres variétés telles que la Mariguette qui est un croisement entre la croquante Gariguette et la parfumée Mara des Bois », explique le producteur qui cultive six variétés différentes pour offrir une palette gustative aux consommateurs : des variétés acidulées et des variétés plus douces. La culture programmée est de plus en plus pratiquée : « en fonction de nos dates de vente, les pépiniéristes préparent les tray-plants de façon à ce que l’on puisse installer les plants plus précocement et arriver plus tôt sur les marchés ».  Le tray-plant est un stolon que le pépiniériste fait raciner sur un mélange de tourbe fin juillet. Il est fertilisé et entretenu jusqu’à sa mise en frigo en novembre pour les variétés précoces, en décembre pour les variétés plus tardives et les remontantes.En décembre, les plants sont expédiés chez les producteurs, où ils sont immédiatement replantés en serre chauffée.

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