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Les apports de l’ostéopathie en élevage bovin

L’ostéopathie animalière permet de prévenir ou de traiter certains troubles fonctionnels du corps de l’animal. Deux praticiens seinomarins évoquent leur métier. 

Lucie Schmitt en consultation pour un suivi de croissance sur un jumeau. L’éleveur voulait s’assurer qu’ils grandissent bien.
© D. R.

Les motifs de consultation en ostéopathie animalière sont très étendus. Chez les bovins, il peut s’agir de troubles locomoteurs, de la rumination, de la reproduction telles des chaleurs qui ne se déclenchent plus ou de baisse de la production laitière. L’ostéopathe peut intervenir en post-partum pour la mère mais aussi pour le veau en cas de problème d’aplomb ou de difficultés de succion pour boire au biberon. Il intervient aussi en seconde intention après le vétérinaire pour des problématiques de vache couchée. 
L’ostéopathe animalier doit s’assurer que l’animal peut recevoir un soin par l’ostéopathie en posant un diagnostic d’exclusion. La fièvre, une articulation déformée ou une plaie ouverte sont des motifs d’exclusion d’un soin ostéopathique.

Expérience

Mathias Bombeke, vétérinaire depuis 10 ans à la clinique vétérinaire du pays de Bray, située à Neufchâtel-en-Bray, s’est formé à l’ostéopathie vétérinaire en 2017 à l’ICREO* puis en acupuncture vétérinaire à l’IVAS**. Il pratique quotidiennement l’ostéopathie bovine ainsi que l’acupuncture. Il intervient à la demande ou en consultation de suivi chez des éleveurs laitiers et allaitants qui préfèrent tenter en première intention une solution non médicamenteuse. « Dans le pays de Bray classé en AOP, où le prix du lait est très valorisé, les éleveurs sont vigilants. Ils m’appellent pour des problèmes de vaches couchées, pour des vaches qui ont été chevauchées en pâture ou qui ont glissé. Parfois aussi, l’ostéopathie peut redonner un coup de pouce à une vache qui a des raideurs et qui de fait produisait moins de lait, explique le vétérinaire brayon. Cette pratique est efficace pour les petits veaux qui ne veulent pas boire suite à un vêlage difficile. »

Fraîchement diplômée du National Institute of Animal Osteopathy (NIAO) de Bois-Guillaume, Lucie Schmitt propose des soins en ostéopathie animalière depuis cet été. N’étant pas vétérinaire, conformément à l’article D 243-7 du Code rural et de la pêche maritime, pour pouvoir exercer, elle a dû passer en mars 2023 un examen théorique et pratique à l’école vétérinaire de Nantes (Oniris) afin d’être inscrite au registre national d’aptitude de l’ordre des vétérinaires (OA 1367). 851 personnes sont inscrites sur le registre national d’aptitude en France. « En faisant soigner ma jument avec l’ostéopathie, j’ai été sensibilisée très jeune à cette pratique dont j’ai fait mon métier, raconte la jeune femme. En ostéopathie on voit l’animal dans sa globalité. Je prends le temps de poser toutes les questions au propriétaire pour connaître les commémoratifs de l’animal, son environnement, son alimentation et après on affine notre vision au niveau du problème qu’on aura relevé. Après avoir franchi le diagnostic d’exclusion, je procède à la palpation fine des tissus et des muscles afin de repérer les densités et les sensibilités. Ensuite je procède à l’examen des articulations et des viscères. Ce scan permet d’élaborer une chaîne disfonctionnelle avec toutes les compensations qui se sont mises en place. Parfois le motif de consultation peut être éloigné de ce que peut avoir l’animal. C’est à l’issue de ce diagnostic que l’on peut choisir un traitement ostéopathique et procéder aux manipulations, explique la praticienne. Si je sens une zone très engorgée au niveau des tissus, très chaude, très douloureuse ou si l’animal ne peut pas fléchir son articulation, si on a une suspicion de fracture ou d’entorse, je saurai dire non ce n’est pas pour moi », conclut la jeune femme. 
Ses consultations durent une heure à une heure quinze pour un cheval ou un bovin, trente minutes pour les animaux moins patients. Installée à Hénouville, Lucie Schmitt exerce sur la Seine-Maritime et l’Eure et se déplace sur toute la Normandie ainsi qu’en Lorraine, sa région d’origine. •

Définition : Selon l’Ordre des vétérinaires, l’ostéopathie animale consiste en « des manipulations ayant pour seul but de prévenir ou de traiter des troubles fonctionnels du corps de l’animal, à l’exclusion des pathologies organiques qui nécessitent une intervention thérapeutique, médicale, chirurgicale, médicamenteuse ou par agents physiques. Ces manipulations sont musculo-squelettiques et myofasciales, exclusivement manuelles et externes. Pour la prise en charge de ces troubles fonctionnels, les personnes réalisant des actes d’ostéopathie animale effectuent des actes de manipulations et mobilisations non instrumentales, directes et indirectes, non forcées ».
 

** ICREO : International College for Research on Equine Osteopathy.
* IVAS : International Veterinary Acupuncture Society.

 

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