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L'économie de la fonctionnalité et de la coopération ou comment sécuriser le revenu agricole autrement

L'EFC est un engagement partagé avec son fournisseur sur la santé de ses céréales. Témoignage d'un jeune producteur adhérent NatUp qui expérimente ce nouveau modèle d'accompagnement de protection des cultures.

Agriculteur dans l'Eure, Florent Loobuyck (à gauche) teste le service xarvio® Healthy Fields, déployé par sa coopérative NatUp, qui lui garantit un bon état sanitaire de ses parcelles de blé tendre. Sont également présents ce 23 juillet chz lui : Raphaêl Quetier (ATE NatUp), François Johnston, Sébastien Pirart, Éric Martineau et Laurent Lemarchand (directeur général de NatUp).
Agriculteur dans l'Eure, Florent Loobuyck (à gauche) teste le service xarvio® Healthy Fields, déployé par sa coopérative NatUp, qui lui garantit un bon état sanitaire de ses parcelles de blé tendre. Sont également présents ce 23 juillet chz lui : Raphaêl Quetier (ATE NatUp), François Johnston, Sébastien Pirart, Éric Martineau et Laurent Lemarchand (directeur général de NatUp).
© Catherine Hennebert

Éric Martineau, député de la 3e circonscription de la Sarthe et producteur de pommes bio à Chenu, a répondu présent à l'invitation de la coopérative NatUp le 23 juillet chez Florent Loobuyck. Le jeune homme est installé en polyculture avec son père et sa femme au Thil dans l'Eure. L'objectif de cette visite parlementaire était de dresser les premières constatations de l'économie de la fonctionnalité et de la coopération (EFC), nouveau modèle agricole testé par la coopérative chez 80 adhérents depuis trois campagnes.

Le fournisseur s'engage sur un résultat d'usage

L'EFC est une nouvelle approche fondée sur le partage du risque. Elle peut s'appliquer dans de nombreux secteurs d'activité et bien sûr à l'agriculture. NatUp expérimente depuis trois ans, avec l'OAD xarvio® Healthy Fields (développé par Digital Farming France), une offre de service de pilotage intégral de la protection fongicide des céréales avec engagement de résultat. Cette offre de service concerne aujourd'hui 80 exploitations sur le territoire national, ce qui représente 5 100 hectares (85 % de blé et 15 % d'orge).

"Avec l'EFC, l'entreprise s'engage sur un résultat mesurable", explique François Johnston, porte-parole européen chargé de faire connaître ce modèle qui se développe dans le monde agricole et fondateur de PACCT for Sustainability Project. "Dans un modèle classique, l'entreprise vend un produit. Dans ce modèle, au lieu de vendre des fongicides, NatUp s'engage sur des champs sains. Le gros changement est le partage du risque, ajoute-t-il. Il s'agit de passer de la vente d'un bien à la vente d'un résultat d'usage et d'impact environnemental".

"J'achète une culture saine"

Avec sa coopérative, Florent Loobuyck a donc souscrit à un service qui lui garantit un objectif de protection de sa culture : un champ en bonne santé, avec 80 % de feuilles vertes et d'épis en bonne santé au 30 juin. "J'achète une culture saine, témoigne le jeune agriculteur. La coopérative me garantit le conseil agronomique, l'observation du développement des maladies dans les parcelles, la coordination entre les acteurs et la validation des résultats. Elle ne distribue plus uniquement des produits de protection des plantes mais elle participe à la production de mon résultat de rentabilité avec un accompagnement renforcé".

Partager le risque

"Cela ne marche que si on s'y met à plusieurs", précise François Johnston. La coopération entre agriculteurs, distributeurs et techniciens est indispensable car il s'agit d'atteindre un objectif commun. Pour cela NatUp a mobilisé 33 de ses techniciens autour de la mise en place de ce modèle.

En cas d'échec, l'agriculteur est indemnisé pour compenser l'impact de la maladie sur la culture. Cela peut aller jusqu'à 300 euros/ha. Si l'objectif de 80 % minimum de surface saine n'est pas atteint, l'indemnisation entre en jeu.

Implication du technicien de plaine

"C'est une rupture car nous discutons autour d'hectares sains. Le but est d'aligner les ambitions de l'agriculteur et de la coopérative aux enjeux de transition agricole. Nous nous appuyons sur des modèles Arvalis pour évaluer la pression maladies. Et depuis deux ans, des solutions de biocontrôle sont intégrées dans nos programmes. Il faut des solutions économiquement et techniquement performantes. Depuis deux ans, nous constatons une baisse des ITF (indicateurs de fréquence de traitement). Pour la suite, nous allons nous focaliser sur les compétences et la capacité du technicien à accompagner l'agriculteur jusqu'au résultat. Nous allons également être attentifs à adapter le schéma du modèle aux évolutions réglementaires", explique Sébastien Pirart, responsable appro productions végétales chez NatUp.

En France, ce sont 43 000 hectares engagés en 2026, sur 850 exploitations, diffusés par 15 partenaires. 73 exploitations (900 hectares) ont reçu une sécurisation économique pour compenser une perte.

Faire reconnaître l'EFC

"Ce service me libère l'esprit en ce qui concerne la conduite de mes céréales. La présence terrain redevient très importante car nous allons voir avec l'ATE (attaché technico-économique) de NatUp si les objectifs sont en accord avec la solution et nous recadrons en fonction de nos observations. Je suis serein avec cet outil, je vais continuer, il n'y a pas de débat", ajoute Florent Loobuyck.

NatUp propose deux formules, Premium et Ultra, pour ce service, en fonction des spécificités du territoire. Par exemple, les programmes de protection ne sont pas les mêmes entre le pays de Caux et le sud de l'Eure. Les tarifs varient de 80 à 120 € par hectare. Chaque agriculteur intéressé peut se rapprocher de son technicien.

"La société nous demande d'être plus verts, alors pourquoi le fournisseur ne partagerait-il pas le risque avec l'acheteur ? Pourquoi tout est mis sur le dos de l'agriculteur ? Avec d'autres parlementaires nous souhaitons avancer sur ce sujet en faisant reconnaître l'EFC. Avec le sénateur du groupe écologiste, Grégory Blanc, lors du prochain colloque du 14 septembre sur l'économie de la fonctionnalité au Sénat, nous allons travailler pour intégrer l'EFC dans le débat de l'élection présidentielle. Le consommateur veut moins de pesticides mais il n'en a rien à faire si l'agriculteur perd sa récolte. Je souhaite faire bouger les choses", conclut le député Éric Martineau.•

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