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L'EARL de Béthencourt conquise par la montbéliarde

L'assemblée générale du syndicat des éleveurs de montbéliardes de Normandie s'est tenue à Sigy-en-Bray, le 7 décembre.

Elever des vaches de race montbéliarde dans le berceau de la race normande, ce n'est pas courant. Pourtant, petit à petit, des agriculteurs normands se laissent séduire par cette race rustique, originaire du Jura. En France, la race est loin d'être confidentielle puisque c'est la seconde race laitière après la prim'holstein en effectifs. Mais elle est moins commune dans la région Normandie, c'est évident.
Pourtant, elle ne manque pas de qualités. C'est une race mixte, comme la normande et c'est là l'un de ses principaux avantages. Hervé et Lydie Domont, éleveurs de Sigy-en-Bray, qui accueillaient l'assemblée générale du syndicat des éleveurs montbéliards de Normandie le 7 décembre sur leur exploitation, apprécient « sa valeur bouchère, sa résistance aux mammites, sa force de caractère et sa facilité pour l'élevage des veaux ».

Installation tardive
La particularité de l'EARL de Béthencourt est que les époux associés se sont installés tard sur la ferme, après avoir tous les deux travaillé à l'extérieur. Il était donc difficile de constituer un troupeau de normandes d'un bon niveau génétique, rapidement. « Je me suis installé à 42 ans, or il faut 25 ans pour monter un troupeau de normandes contre 8 ans en montbéliardes, le calcul est vite fait », explique Hervé Domont. Lors de la reprise, l'exploitation dispose en effet d'un troupeau de 40 vaches normandes sans contrôle laitier et sans potentiel génétique.
En 2010, le couple achète ses premières montbéliardes chez un voisin du pays de Bray. Après cet essai d'une dizaine de bêtes, deux ans plus tard, ils se rendent dans le berceau de la race, dans le Doubs, pour ramener une dizaine de vaches. Ils feront le voyage tous les ans en trois phases. En même temps, ils font construire une stabulation paillée de 72 places et achètent une salle de traite d'occasion, ainsi qu'un bol pailleur.

100 000 litres en plus
L'an dernier, ils ont l'occasion d'obtenir 100 000 litres supplémentaires, soit 583 000 litres au total et décident de ne plus livrer pour l'AOP Neufchâtel de la fromagerie des Cateliers à Buchy. Ils perdent la prime de 50 euros les 1 000 litres car ils ne répondent plus au cahier des charges qui exige dorénavant 60  % de normandes dans le troupeau, contre 20 % auparavant. « La prime n'était pas délivrée toute l'année et la race montbéliarde produit davantage de lait, donc avec moins de têtes dans la stabulation, c'est moins de capital engagé. On va s'y retrouver », note Hervé Domont. L'EARL de Béthencourt se dirige donc vers un troupeau 100 % montbéliard, à côté d'un atelier allaitant de 50 vaches blondes d'Aquitaine.

Zoom sur...

Le syndicat régional de la race

Le syndicat des éleveurs montbéliards de Normandie regroupe une quarantaine d'éleveurs des cinq départements. Il est présidé depuis 2016 par un Seinomarin, Xavier Laurent, et le suivi est effectué par Olivier Pibouin, animateur régional basé dans la Manche. La race est davantage présente dans la Manche avec un effectif de 2 000 têtes, suivi du Calvados. Elle a été introduite par un éleveur du Cotentin il y a 40 ans, qui l'a remarquée lors d'une visite au salon international de l'agriculture (SIA) à Paris. Séduit par ses points forts, notamment sa longévité avec davantage de lactations, il a été le premier à l'essayer en Normandie. Xavier Laurent a adopté la race il y a 17 ans, également après l'avoir vue au SIA. « La montbéliarde a une carte à jouer, on sent que ça veut se développer sur notre secteur. Elle n'est pas ridicule au contrôle laitier et la viande est excellente pour la vente directe ». Le président constate une augmentation de la demande en taureaux pour faire du croisement. L.G.

Ferme familiale
Hervé et Lydie Domont ont deux enfants. Le fils est salarié au Crédit agricole mais il a une passion pour la troupe allaitante. Il vient travailler sur la ferme familiale tous les lundis en tant que salarié de l'EARL à hauteur de 30 heures par mois. Sa soeur Amandine est actuellement inséminatrice. Elle se passionne également pour l'élevage familial et tout particulièrement pour l'atelier lait.

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