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Le verger conservatoire du lycée du pays de Bray en sursis

Le lycée du pays de Bray se bat pour conserver son verger conservatoire de 420 variétés de pommes, car son avenir est incertain.

Le financement du fonctionnement du verger conservatoire du lycée du pays de Bray était au coeur des discussions jeudi 7 décembre au lycée du pays de Bray à Brémontier Merval. Si les murs et les terres du lycée appartiennent à la Région Normandie celle-ci ne souhaite plus financer les frais de fonctionnement liés à l'entretien du verger. « Une salariée est dédiée au verger pour son entretien mais aussi pour les animations qui le font vivre, comme des expositions », proteste le proviseur Dany Toussaint.
Jusqu'alors le lycée a pu bénéficier de financements européens pour permettre l'étude des différentes aptitudes des variétés (maladies, ravageurs, enracinement...) et revaloriser des vergers pour la production. Mais ce sont des programmes de trois ans qui ne peuvent pas être renouvelés.
Autre difficulté, le lycée spécialisé dans l'élevage, ne dispense pas de formation en arboriculture. Le verger conservatoire n'a donc pas de vocation pédagogique pour les élèves. Par ailleurs il existe déjà des formations  dans l'ex-Basse Normandie au lycée du Robillard.
En Haute-Normandie, ce verger conservatoire est l'un des plus importants. Il avait été créé il y a  30 ans à la demande du proviseur de l'époque, par Fernand Bazerque, instituteur pyrénéen, passionné d'arboriculture qui se rendait sur les exploitations brayonnes où les pommiers étaient arrachés pour rapatrier des variétés.

420 variétés référencées
A ce jour, les arbres sont bien étiquetés et référencés. Quatre cents vingt variétés sont répertoriées dont une moitié en pomme à cidre et une moitié en pommes à couteaux.
« Depuis 2016, nous avons mis en place une ligne de pépinières. Notre but n'est pas de se substituer aux pépiniéristes professionnels mais d'avoir un rôle dans la biodiversité », explique le proviseur. « Si des subventions existent pour préserver la biodiversité animale, avec la fondation du patrimoine par exemple, ce n'est pas le cas en végétal. »
Le budget nécessaire pour entretenir le verger est de 26 000 euros. « Nous n'avons plus de soutien de la Région depuis 2017 et le lycée ne peut pas continuer à lui seul à supporter une telle dépense », poursuit le proviseur.
« En dix ans, le lycée a dépensé 130 000 euros. La politique d'un lycée n'est pas d'entretenir un verger conservatoire. Cela fait quatre ans que j'alerte les pouvoirs publics. Si nous ne trouvons pas de solution, nous allons devoir arrêter. »
Dans la salle, les présidents d'associations invités à cette réunion d'urgence, pensent que c'est à la Région de prendre ses responsabilités. L'association du domaine de Merval, actuellement en sommeil, pourrait se réveiller pour fédérer les associations brayonnes sur ce dossier. Un rendez-vous a été pris pour le 17 janvier au lycée a 17 h 30.

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