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Le pâturage tournant dynamique au pas de course

Installée il y a tout juste un an (Aube), Manon Vérité a opté pour ce système de rotation afin de permettre à son troupeau de 40 chèvres d’améliorer la production laitière. La pratique porte déjà ses fruits.

Installée il y a tout juste un an (Aube), Manon Vérité a opté pour ce système de rotation afin de permettre à son troupeau de 40 chèvres d’améliorer la production laitière. La pratique porte déjà ses fruits.
Dans l’Aube, à Creney-près-Troyes, le troupeau de 40 chèvres de Manon Vérité évolue en pâturage tournant dynamique sur 17 sous-parcelles, sur un cycle de 30 jours. De quoi limiter l’épuisement de l’herbe mais aussi lutter contre le parasitisme.
© Émeline Durand

Il y a deux ans, les 4,5 hectares de prairies de l’élevage caprin Au cœur de la chèvrerie, installé aux portes de Troyes (Aube), n’étaient que des champs en chaume. Avant d’y installer ces 40 chevrettes, Manon Vérité, la jeune éleveuse, a d’abord dû s’occuper de semer sa prairie et de délimiter les espaces. Elle a volontairement opté pour la pratique du pâturage tournant dynamique. La raison en est toute simple : « cela permet d’avoir une herbe de meilleure qualité et en quantité, ce qui améliore la production laitière », observe Manon Vérité. L’éleveuse a donc découpé ses parcelles en 17 sous-ensembles, chacun étant délimité par des clôtures, et fait tourner le troupeau alternativement dans ces espaces, sur un cycle total de 30 jours. Les chèvres changent de parc tous les deux jours, ce qui permet non seulement de limiter l’épuisement des prairies mais aussi de casser le cycle des parasites.

Surveillance des chardons

Et si le pâturage est complété par du foin le soir après les deux traites quotidiennes, Manon Vérité met un point d’honneur à surveiller comme le lait sur le feu, ces prairies qui constituent, surtout à cette période de l’année, la nourriture principale de son élevage. « On a semé après un premier labour puisque les terres n’avaient pas été cultivées les deux années précédentes. Le terrain avait été préparé au rouleau avec un peu d’engrais et on a implanté du multi-espèces composé notamment de trèfle, de ray-grass, de lotier et de sainfoin, en avril 2020 », précise l’Auboise. Le découpage en plusieurs parcs rendant l’entretien mécanique impossible, Manon Vérité arpente ses prairies et traque la moindre mauvaise herbe. « Il faut notamment surveiller les chardons que les chèvres ne mangent pas et qui se développent beaucoup. Je les enlève un par un à la main dès que j’en vois, pour ne pas me laisser envahir ».

Épandage de lactosérum

Si l’éleveuse, qui fabrique aussi ses propres fromages et yaourts, ne vend pas ses produits sous appellation bio, elle met cependant un point d’honneur à n’utiliser ni fertilisant ni désherbant dans ses parcelles. « Je veux rester le plus naturel possible. Pour enrichir l’herbe, je répands même le lactosérum, le petit lait que je récupère de la production des fromages. Riche en protéines, il apporte aussi beaucoup d’eau à la terre. »

La jeune agricultrice se donne cinq ans pour voir comment la prairie va évoluer avant un retournement éventuel. Si nécessaire, Manon Vérité envisagera un sursemis, à réaliser manuellement, avec de petits outils. Mais pour l’instant, l’herbe se porte plutôt bien. Et ses chèvres le lui rendent tout autant : en période de pic de lactation, mi-avril, la production moyenne par tête approchait les trois litres de lait, une centaine par jour au total pour l’ensemble du troupeau. •

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