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Le Jardin de Fifi explore trois canaux de commercialisation

Installé à Roumare depuis quatre ans, Philippe Thomas a choisi d’écouler 100 % de sa production en vente directe. Mais entre casiers, magasin et paniers, il sait aussi toucher plusieurs types de clientèles.

C’est une affaire qui est désormais bien sur les rails. Voilà quatre ans que Philippe Thomas s’est installé comme maraîcher à Roumare, et il a désormais trouvé son rythme de croisière sur un modèle à 100 % en vente directe. Après un bac pro CGEA à Yvetot et un BTS Acse à la MFR de Coqueréaumont, le jeune homme a opté pour le maraîchage un peu par goût, un peu par opportunité. Il a ainsi repris une partie d’une exploitation maraîchère, en bordure du château de Roumare, un peu à l’abandon et où son père avait travaillé dans le passé. Désormais, il exploite trois hectares de fruits et légumes : le jardin de Fifi.

Fruits et légumes, jus et conserves

La moitié de la surface est constituée d’un verger de pommes et poires, remis en état et abritant une belle diversité de variétés, plutôt rares sur le marché. En poires par exemple, Beurrée Hardy, Pierre Corneille ou Madame Ballet, côtoient ainsi les Williams et Conférence. Le verger est certifié en agriculture biologique, tout comme le demi-hectare consacré à la culture des petits fruits. « Ce n’est pas particulièrement un argument de vente, assure Philippe Thomas. Mais c’était une exigence du propriétaire ». La partie maraîchère, elle, est en conventionnel, par simplicité et pour limiter les coûts, notamment des plants. Elle comprend un hectare de légumes, où là aussi, le jeune agriculteur cultive la diversité. Aux côtés des incontournables poireaux, carottes et pommes de terre, courges et choux de toute sorte, salades, blettes et poivrons, colorent son étal.
L’originalité, le Jardin de Fifi la porte aussi avec ses produits transformés. Jus de fruits, compotes, confitures et même sirops viennent constituer un complément d’offre que le jeune homme ne pensait initialement pas explorer. « Une année, j’ai fait presser 200 kilogrammes de pommes. Cela a donné une trentaine de poches de jus que j’aie vendues très rapidement. Alors, nous avons augmenté le volume élargi la gamme. L’année prochaine, nous envisageons aussi de faire des soupes de légumes. » Mais pas question de construire un laboratoire. Le jeune homme fait tout transformer et conditionner par des sous-traitants.

Un casier rechargé plusieurs fois jour

Il a en effet déjà bien assez à faire ailleurs. Aux champs bien sûr, mais aussi et surtout en clientèle. « La commercialisation, cela représente 60 % du temps de travail », constate Philippe Thomas. Il peut compter sur l’aide de sa famille pour des coups de mains ponctuels au magasin, pour des livraisons ou pour sa communication régulière sur les réseaux sociaux. Il vient par ailleurs d’embaucher une apprentie.
Pour la commercialisation, Philippe Thomas répartit ses efforts sur trois canaux. Un magasin à la ferme est ouvert 1 jour et demi par semaine, et écoule environ 20 % de la production. La clientèle y est régulière et fidèle, mais un peu moins nombreuse qu’elle ne l’était avant 2024, année d’installation d’un distributeur automatique à casiers à une centaine de mètres de là. Celui-ci tourne à plein régime.
« Il y a 51 casiers, mais c’est un peu petit par rapport à la demande. On y va plusieurs fois par jour, même le week-end ! », constate le maraîcher. Heureusement sa proximité de l’exploitation facilite l’opération. « On reçoit une alerte quand les casiers sont vides à 75 %. En une demi-heure, il est à nouveau rempli et on peut y mettre des produits fraîchement récoltés. » 60 % de la production est écoulée par ce canal. Et un projet d’agrandissement du distributeur est à l’étude.

Des paniers via La Ruche qui dit Oui !

Le reste de la production est commercialisé via La Ruche qui dit oui ! Entré dans le réseau en juin 2024, Philippe Thomas fournit déjà une dizaine de “ruches”, parfois en complément d’autres maraîchers. Ce canal de commercialisation a ses spécificités : la clientèle est davantage demandeuse de nouveauté. La courge Jack Be Little par exemple est appréciée alors qu’elle se vend peu au magasin ou au distributeur. Et, faute de pouvoir échanger avec le consommateur de vive voix, celui-ci est aussi plus intransigeant sur la qualité visuelle du produit.
De plus, la multiplicité des points de livraison oblige à de la rigueur dans la préparation des commandes. Les livraisons se faisant plutôt en fin de semaine, la charge de travail y est concentrée, et doit intégrer la présence au magasin à la ferme et l’alimentation des casiers du distributeur. « Mais l’avantage de ce système, c’est que l’on ne cueille que ce qui est commandé, il n’y a pas de pertes », appuie le producteur. Il devrait d’ailleurs prochainement fournir de nouvelles “ruches”, et voir ce canal dépasser les ventes à la ferme…•

Plus d’information sur la page Facebook : Le Jardin de Fifi 

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