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Le foncier, préoccupation locale et internationale.

AFDI et Safer de Normandie invitaient à une réflexion croisée entre agriculteurs africains et normands sur les questions du foncier, mercredi 20 novembre, à la chambre d’agriculture du Calvados. Un enjeu planétaire qui préoccupe les paysans de tous les pays.

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Emmanuel Hyest, président de Safer Normandie et de la fédération nationale des Safer.
© D. R.

C’est Emmanuel Hyest, président de Safer Normandie et de la fédération nationale des Safer qui démarre la table-ronde autour des terres agricoles mercredi 20 novembre à la chambre d’agriculture du Calvados. Ce fin connaisseur de l’Afrique et des questions foncières souligne que 70 % des contentieux dans le monde sont liés à des problématiques foncières. « On a intérêt à avoir des outils de régulation dans lesquels les agriculteurs puissent être présents ». Marc Gansoré, agriculteur burkinabé, secrétaire général de la Confédération paysanne du Faso et Sessi Rostaing Akoha, agroéconomiste du réseau des organisations paysannes et de producteurs d’Afrique de l’ouest (Roppa) ont bravé le froid normand pour assurer la présentation des enjeux fonciers en Afrique de l’Ouest. Ils ont participé dans la matinée à un comité technique de la Safer qui leur a permis d’entrevoir les différences de gestion de la terre entre nos deux continents.

 

Pression foncière
En Afrique de l’Ouest, des lois agricoles et des opérateurs du foncier ont vu le jour, mais
ces instances ne fonctionnent pas toujours sur le terrain. Au Burkina Faso, une loi agricole a été adoptée en 2009, après 4 ans de concertation entre l’Etat, les agriculteurs et les
chefs coutumiers. Malgré le travail continu des paysans, elle n’est mise en oeuvre que dans 34 communes sur les 300 que compte le pays. La préexistence d’un droit coutumier oral pour
l’attribution des terres ne résiste pas à la pression foncière.
L’urbanisation est galopante : le pays est passé de 6 millions d’habitants en 1960 à 20 millions aujourd’hui. Pour des raisons climatiques, les éleveurs ont besoin de terres lors de la transhumance. Le foncier est aussi convoité par des multinationales pour l’exploitation de mines, et depuis peu, par des entrepreneurs chinois, avec l’accord des gouvernements.
Une pression qui existe aussi en France, « on a tous cette inquiétude de se voir dépossédés de la ressource indispensable pour vivre et nourrir les populations locales », constate Jean-Yves Heurtin, président de la chambre d’agriculture du Calvados. Dans la salle, on évoque avec satisfaction le projet Europa city au nord de Paris, récemment retoqué. Un enjeu « qui est le même partout, si on continue de gaspiller la terre », ajoute Emmanuel Hyest. Il plaide pour une autre urbanisation, en densifiant les villes et en construisant les nouveaux logements sur les moins bonnes terres. Il craint que le foncier ne revienne aux mains de financiers en raison de son prix de plus en plus élevé. A ce titre, la régulation à la française, via les Safer, peut paraître exemplaire. « L’acquisition de terres françaises par des non-européens est minime », rassure-t-il. Un outil dont l’agriculteur burkinabé apprécie « la diversité des membres et les analyses approfondies » et qu’il rêve de voir fonctionner chez lui.

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