Aller au contenu principal

Le CA Normandie-Seine amplifie ses accompagnements

Au-delà de son métier classique de financeur, le Crédit Agricole Normandie-Seine veut développer des accompagnements spécifiques adaptés à ses clients, professionnels et particuliers.

Pascal Lheureux (à droite), président du Crédit Agricole Normandie-Seine, a rappelé le modèle mutualiste de l'établissement le 29 avril à Rouen : «  nous sommes une société de personnes et non une société de capitaux. Ici on parle des hommes et des femmes, 700 000 clients haut-normands, une universalité de clients et de services. Nous avons deux préoccupations : la création de valeur et le partage des valeurs  ».
Pascal Lheureux (à droite), président du Crédit Agricole Normandie-Seine, a rappelé le modèle mutualiste de l'établissement le 29 avril à Rouen : «  nous sommes une société de personnes et non une société de capitaux. Ici on parle des hommes et des femmes, 700 000 clients haut-normands, une universalité de clients et de services. Nous avons deux préoccupations : la création de valeur et le partage des valeurs  ».
© Catherine Hennebert

Lancé il y a quelques semaines sur le territoire du Crédit Agricole Normandie-Seine, le dispositif de portage foncier a pour objectif d'accompagner les agriculteurs dans l'acquisition de terres agricoles. «  Si un propriétaire décide de vendre ses terres, mais que le locataire n'est pas en mesure de les acquérir, nous pouvons être apporteur de capitaux : nous achetons et louons à l'agriculteur qui peut continuer d'exploiter. Quand il retrouve une capacité financière, il peut nous les racheter à un prix défini à l'avance. Cela peut durer jusqu'à une vingtaine d'années maximum  », explique Karine Bourguignon, directrice générale de l'établissement bancaire régional, lors d'une conférence de presse donnée le 29 avril à Rouen.

Accompagner les 18 000 clients agriculteurs

Ce dispositif fait partie du panel de mesures mises en place en faveur des entreprises qui en ont besoin. « Car au-delà de notre métier classique de financeur, l'accompagnement me paraît de plus en plus essentiel », ajoute-t-elle.

C'est ainsi que la caisse régionale a mis des moyens humains sur la transmission des exploitations agricoles, apportant une expertise à ses clients, afin d'anticiper et de se mettre en perspective de transmission.

« Avec 75 %, nous avons une part de marché significative sur l'agriculture. 85 % des installations agricoles se font chez nous. Nous avons des territoires qui ont des sols, des climats et des productions très différentes. Des exploitations sont en difficulté, en particulier dans le sud de l'Eure. Néanmoins, nous n'avons pas de dépôt de bilan sur ce secteur. La trésorerie est tendue, c'est une évidence, mais le taux de défaillance est assez faible en agriculture. Nous arrivons à accompagner les exploitants agricoles en proposant des solutions cousues main. Nous souhaitons également les accompagner au mieux dans leurs transitions », précise Pascal Lheureux, président du Crédit Agricole Normandie-Seine, qui rappelle aussi que 2025 a été une année historique en matière d'investissements agricoles.

Le mécénat au cœur du nouveau statut

Devenue entreprise à mission depuis 2024, 1 % du résultat est systématiquement mis sur un fonds de mécénat. Mais la caisse régionale a voulu faire plus en redistribuant 1,4 million d'euros en faveur de 1 000 actions sur les deux départements. « Nous sommes là pour apporter des capacités d'investissement au monde associatif et nous le faisons de manière très professionnelle », ajoute Karine Bourguignon.

« Il y a un peu plus d'une année, le Crédit Agricole Normandie-Seine a opté pour le statut d'entreprise à mission. Le groupe a le mutualisme dans ses gènes mais ce choix de nouveau statut correspond à une volonté de continuer à progresser dans un modèle différent pour être au cœur de l'économie régionale. Un comité de mission et une organisation tiers indépendante nous regardent et nous challengent sur la façon dont nous déployons les grands principes de l'entreprise à mission », explique Léo Herz. Le nouveau directeur général adjoint de la caisse Normandie-Seine a donné un exemple concernant l'égalité des chances : « Nous ne sélectionnons pas nos clients, nous voulons rester une banque universelle et accompagner spécifiquement les clients les plus fragiles dans les moments difficiles. Un dispositif de 10 personnes accompagne les majeurs protégés et un point passerelle permet aux gens de trouver des solutions avec de la pédagogie à l'éducation financière ».

Mécénat de compétences

« Nous avons mis en place le mécénat de compétences pour nos collaborateurs qui peuvent ainsi consacrer une petite partie de leur temps de travail pour une association. Nous le proposons à nos collaborateurs en fin de carrière mais également aux jeunes générations qui veulent souvent donner un sens à leurs actions. Nous avons donc proposé aux volontaires de consacrer cinq jours par an à une association. L'entreprise ne peut pas être perdante si nos collaborateurs contribuent à la dynamisation de notre territoire », explique Karine Bourguignon.

Un autre exemple donné par la directrice est le souhait de développer un service banquier adapté aux seniors : « face au vieillissement de la population, il faut que notre métier de banquier progresse. Nous travaillons avec une banque québécoise qui a déjà réfléchi sur le sujet  ».

Des conseillers plus accessibles

À côté de ce volet social, le Crédit Agricole Normandie Seine a des objectifs précis de conquête. En 2025, la banque a conquis 30 000 nouveaux clients, dont environ 13 000 jeunes. « Notre élément majeur est la principalisation, c'est-à-dire le fait d'être le banquier principal, et le rajeunissement de notre clientèle. Cela passera par la digitalisation », souligne Karine Bourguignon.

Une vingtaine d'agences ont fermé en 2025 sur le territoire, portant à 115 le nombre d'agences sur les deux départements. Ce regroupement est expliqué par la croissance de la digitalisation et par l'utilisation de moins en moins fréquente du cash. « Nos 115 agences sont ouvertes du mardi au samedi et 10 % d'entre elles sont ouvertes 6 jours sur 7, du lundi au samedi. Nous avons également souhaité étendre les horaires d'accessibilité aux conseillers. Un client peut maintenant avoir un rendez-vous à 8 heures du matin avec son conseiller, à 19 heures, ou bien sur la plage horaire entre 12 et 14 heures. Le fait d'avoir des conseillers de plus en plus disponibles est une vraie demande. Aujourd'hui, un client sur deux prend ses rendez-vous sur les nouveaux créneaux horaires. Dans les zones où les agences ont fermé, nous avons pris l'engagement d'aller chez les clients, notamment ceux qui ne peuvent pas se déplacer », conclut Karine Bourguignon.•

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Les Prés d’Artemare à Saint-Vaast-Dieppedalle (22 juillet).
Concerts à la ferme : carton plein en Seine-Maritime

Près de 900 personnes sont venues assister aux cinq concerts à la ferme qui se sont tenus en Seine-Maritime du 20 au 24…

L'aide à l'achat d'engrais minéraux azotés simples va de 50 à 70 € la tonne. Épandage d'engrais azoté sur blé.
Plan engrais 2026 : l'aide est aujourd'hui disponible

Le dispositif d'urgence exceptionnel qui accompagne les exploitations agricoles face à la hausse des coûts des intrants liée…

Philippe Sellier, membre du bureau de la FNB et éleveur allaitant dans l'Eure, martèle, devant le directeur de l'abattoir, que Bigard, leader français des abatteurs, orchestre une baisse continue des prix qui in fine se retournera contre toute la filière.
Les éleveurs bovins dénoncent des baisses de prix injustifiées

Dès 4 heures du matin, mardi 28 juillet, près d'une centaine d'agriculteurs venus de tous les départements normands ont bloqué…

Adoption définitive de la loi d'urgence agricole le 21 juillet 2026. Pour la FNSEA, « cette loi constitue une véritable bouffée d'oxygène pour les exploitations agricoles ».
Adoption définitive de la loi d'urgence agricole

L'Assemblée nationale puis le Sénat ont définitivement adopté le projet de loi d'urgence agricole mardi 21 juillet au soir.…

Au printemps, David Léger composte la litière deux fois à 15 jours d'intervalle. Il l'épand ensuite, sans l'incorporer sur ses prairies temporaires.
Une litière en plaquette bois pour booster la vie du sol

À Esteville, les vaches de David Léger logent sur une litière mixte construite sur de la plaquette bois. Sans impact sur le…

Au 20 juillet, les prairies sont fortement touchées par la sécheresse. Les éleveurs s'inquiètent pour les fourrages à venir.
Sécheresse : mobilisation autour des fourrages

Face à la baisse des fourrages, les éleveurs s'inquiètent. Le réseau FDSEA-FRSEA de Normandie lance une enquête afin d…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole