Aller au contenu principal

L'avenir prometteur des oléo-protéagineux

D'ici 2030, la logique de production pour ces graines sera influencée par les deux marchés des protéines et des huiles. La demande intarissable en tourteaux orientera la croissance des productions mondiales d'huiles issues de graines. 

file-alt-64655
Aujourd'hui, les tourteaux et les huiles sont les produits agricoles les plus exportés.
© Pixabay

Les palmiers ne produisent que de l'huile tandis que les oléo-protéagineux produisent des huiles et des protéines. Or, la demande mondiale en protéines végétales ne tarira pas d'ici 2030. Elle conditionnera fortement l'avenir des filières des huiles végétales. Les prévisions du Bipe (Bureau d'information et de prévision économique) reprises par Philippe Dusser et Perrine Tonon, du groupe Avril et auteurs d'un des chapitres du Déméter 2018 consacré aux « Huiles végétales : enjeux, marchés et controverses », mentionnent des progressions toujours plus importantes des productions d'huiles de palme et de tourteaux de soja d'ici 2030 par rapport aux autres produits dérivés similaires. Elles auront quasiment doublé en 20 ans. Les oléagineux à graines (colza, tournesol essentiellement) suivent le mouvement. En jeu, dans de nombreux pays où l'élevage est prépondérant, la souveraineté en protéines végétales à laquelle ils sont attachés, mais aussi les capacités d'exportations des grands pays de la planète, producteurs d'oléagineux et de leurs dérivés. « Si bien que des tensions sur le marché des protéines avec des prix à la hausse sont à prévoir alors que ceux des huiles seraient à la baisse », rapportent Philippe Dusser et Perrine Tonon.

A l'export, tout porte à croire que la hausse de la production de 108 millions de tonnes d'huiles d'ici 2030, soit une progression de 75 % par rapport à 2010 et celles de tourteaux (138 Mt, + 54 %), accentuera dans des proportions encore plus importantes, les échanges commerciaux mondiaux. Ils seront au centre d'enjeux géopolitiques stratégiques entre pays exportateurs et importateurs. Aujourd'hui, les tourteaux et les huiles sont les produits agricoles les plus exportés. Les ventes représentent 56 % des productions de graines d'oléo-protéagineux et de leurs dérivés pour les 4 principales productions (soja, huile de palme, colza, tournesol) contre 17 % pour les céréales et 15 % pour les viandes. Les trois quarts de la production d'huile de palme sont destinés au marché mondial. Pour le soja, 125 Mt ont été commercialisées sur les 305 Mt produites durant les trois dernières campagnes. Le colza, le tournesol et le coton, sont des graines davantage triturées pour être commercialisés sur les marchés des intérieurs. Les exportations ne portent que sur un peu plus d'un tiers de la production de graines, d'huiles et de tourteaux. •

Le Déméter 2018 est paru

Comme chaque année depuis 1993, le Déméter « propose de nouvelles analyses prospectives sur l'agriculture, l'agroalimentaire et le développement dans le monde ». La moitié du rapport du Déméter 2018 porte sur les « Huiles végétales : enjeux, marchés et controverses » (cf article). Les deux autres thèmes de l'ouvrage sont « La mondialisation du vin : la France au défi » et le « Stress hydrique et juridique pour l'agriculture française ». La rédaction de la 24e édition du rapport a été dirigée depuis le mois de janvier 2017 par Sébastien Abis, directeur du Club Déméter mais aussi chercheur associé à l'Institut de Relations internationales et stratégiques (IRIS). Il succède à Marie-Roberte Bédés qui occupait ces fonctions jusqu'à la fin de l'année 2016.
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Les Prés d’Artemare à Saint-Vaast-Dieppedalle (22 juillet).
Concerts à la ferme : carton plein en Seine-Maritime

Près de 900 personnes sont venues assister aux cinq concerts à la ferme qui se sont tenus en Seine-Maritime du 20 au 24…

L'aide à l'achat d'engrais minéraux azotés simples va de 50 à 70 € la tonne. Épandage d'engrais azoté sur blé.
Plan engrais 2026 : l'aide est aujourd'hui disponible

Le dispositif d'urgence exceptionnel qui accompagne les exploitations agricoles face à la hausse des coûts des intrants liée…

Philippe Sellier, membre du bureau de la FNB et éleveur allaitant dans l'Eure, martèle, devant le directeur de l'abattoir, que Bigard, leader français des abatteurs, orchestre une baisse continue des prix qui in fine se retournera contre toute la filière.
Les éleveurs bovins dénoncent des baisses de prix injustifiées

Dès 4 heures du matin, mardi 28 juillet, près d'une centaine d'agriculteurs venus de tous les départements normands ont bloqué…

Adoption définitive de la loi d'urgence agricole le 21 juillet 2026. Pour la FNSEA, « cette loi constitue une véritable bouffée d'oxygène pour les exploitations agricoles ».
Adoption définitive de la loi d'urgence agricole

L'Assemblée nationale puis le Sénat ont définitivement adopté le projet de loi d'urgence agricole mardi 21 juillet au soir.…

Au printemps, David Léger composte la litière deux fois à 15 jours d'intervalle. Il l'épand ensuite, sans l'incorporer sur ses prairies temporaires.
Une litière en plaquette bois pour booster la vie du sol

À Esteville, les vaches de David Léger logent sur une litière mixte construite sur de la plaquette bois. Sans impact sur le…

Au 20 juillet, les prairies sont fortement touchées par la sécheresse. Les éleveurs s'inquiètent pour les fourrages à venir.
Sécheresse : mobilisation autour des fourrages

Face à la baisse des fourrages, les éleveurs s'inquiètent. Le réseau FDSEA-FRSEA de Normandie lance une enquête afin d…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole