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« L’Angus pour m’adapter aux consommateurs. »

Installée avec des limousines, Marie Bils se diversifie avec la création d’un troupeau de race britannique sur l’exploitation.

La viande de race Angus est très recherchée, mais il y a cependant très peu d’élevages en Normandie, une trentaine sur toute la France. En Seine-Maritime, Marie Bils a décidé de se lancer dans cette diversification en 2015. La jeune éleveuse installée à Rebets conduit déjà 400 têtes de limousines sur son exploitation. Travaillant beaucoup la génétique, c’est une habituée des concours et son chiffre d’affaires est principalement réalisé avec la vente de ses reproducteurs. Elle vend également la viande en direct chaque mois sous forme de caissettes.
« J’ai acheté mes premiers animaux Red Angus en 2015 en Allemagne. Puis en 2017, j’ai acheté un taureau qui vient d’Irlande. Cette année, j’ai complété avec 17 Black Angus qui ont entre 10 et 12 mois, que je vais mettre à la reproduction en mai de l’année prochaine. C’est une petite vache sans corne très facile à élever. » Marie est en phase de création de son cheptel. Son objectif est de pouvoir vendre sa viande en direct en milieu d’année prochaine.

De petites carcasses
« C’est une race qui convient bien aux attentes car les gens mangent de moins en moins de viande. L’Angus fournit de petites carcasses, entre 350 et 380 kilos, recherchées par les bouchers car plus adaptées à la consommation d’aujourd’hui ».
Située en vallée, l’exploitation est conduite de façon extensive avec une gestion du pâturage tournant, ce qui correspond très bien à cette race très rustique. « C’est une race qui s’élève très bien toute seule à l’herbe, en particulier les femelles. La ration hivernale est composée à 90 % d’herbe. Pour ce qui est des mâles, ils pourront partir en reproduction ou en bœuf à l’engraissement. Cela se fait bien dans cette race. Les vaches sont d’excellentes mères et les veaux ont une très bonne aptitude à l’engraissement.  Son alimentation exclusivement à base d’herbe donne à la viande une tendreté, une finesse de grain et un persillé reconnues par les amateurs de viande ».
Bien que le principal débouché soit la vente directe de viande, Marie a bien sûr en tête de faire un peu de génétique avec ses Angus. Mais il n’y a pas de Herd Book en France. Pour inscrire ses animaux, il faudra aujourd’hui qu’elle adhère à un Herd book étranger en Irlande, Ecosse ou Allemagne.

 

Viandes d’exception et prix en conséquence
Les amateurs de viande connaissent bien la race Black Angus. Elle est recherchée par les fins gourmets et fait partie de leur liste de viande dite d’exception. Il ne s’agit pas de label, il n’y a pas de cahier des charges, de normes pour ces viandes. C’est la rareté qui fait le prix. Outre l’Angus, d’autres races sont appréciées par ces consommateurs qui acceptent de payer jusqu’à 600 euros le kilo pour consommer de la bonne viande : le bœuf de Kobé ou de Wagyu, est le plus rare et le plus connu. Il vient du Japon. On peut aussi citer la race espagnole Pata Negra qui a également cette réputation de viande exceptionnelle parce qu’elle est persillée et maturée longtemps. Est-ce que plus c’est rare, plus c’est cher, plus c’est bon ? Sauf à faire le test, ce n’est pas sûr… Mais la viande la plus chère n’est ni japonaise ni britannique ni espagnole, elle est française ! D’après un blog d’amateurs de viande, foodandsens.com, c’est une viande issue d’une blonde d’Aquitaine, millésimée 2000, au prix de 3 000 euros la côte de bœuf. C’est la Maison Polmard, éleveur et boucher, qui propose cette viande d’exception à Paris. Là, on est bien dans la démesure...

Une petite vache sans histoire
Angus ou Aberdeen Angus est une race britannique, des comtés d’Aberdeenshire et d’Angus situés au nord-est de l’Ecosse. Cette race est issue du métissage au 16ème siècle de races à dominante noire sans corne, l’Angus Doddie et le Buchan Humlie. La sélection a commencé  dès la fin du 18ème siècle et la race Angus a été officiellement reconnue en 1835. Le premier Herd Book date de 1862. Au 19ème siècle, le croisement avec la Shorthorn a permis d’améliorer ses qualités bouchères. L’Aberdeen Angus produit une viande rouge sombre avec un abondant persillage qui a une capacité à supporter une période de longue maturation. Deux couleurs de robes existent dans cette race, le noir uniforme (Black Angus) et le rouge uniforme (Red Angus).

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