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Interview d'Élodie Dorléans, présidente d’EDT Manche
L’ajustement de 8 à 10 % du tarif de prestations des ETA est incontournable

À l’instar de toutes les filières agricoles confrontées à une augmentation significative des charges, EDT Normandie annonce une hausse du tarif des prestations des ETA (entreprise de travaux agricoles) en 2023. Le point avec Élodie Dorléans.

Élodie Dorléans et Patrice Gauquelin, respectivement présidente d’EDT Manche et président d’EDT Normandie. « Dans un contexte où 50 % des agriculteurs vont faire valoir leurs droits à la retraite dans les 10 ans à venir et donc que le besoin de prestations de service qualitative et rapide va aller crescendo, notre devoir est de maintenir un maillage d’ETA de proximité. »
© Th. G.

Pourquoi revendiquez-vous une augmentation de vos tarifs en 2023 ?

« Les raisons sont multifactorielles, mais essentiellement liées à la flambée des matières premières depuis le début du conflit en Ukraine. Au-delà de la difficulté d’approvisionnement en matériel neuf et pièces détachées, il faut bien avoir conscience que leurs tarifs ont augmenté de 10 à 25 %, voire plus, en quelques mois. Parallèlement et comme dans tous les autres secteurs d’activité, nous subissons une hausse des salaires de nos chauffeurs et mécaniciens, hausse légitime par rapport à l’inflation. Nous devons, comme nos clients agriculteurs, réagir en tant que chef d’entreprise et gestionnaire en ajustant de manière transparente notre tarification. »

À combien l’estimez-vous ?

« De l’ordre de 8 à 10 %, c’est variable en fonction de la hausse passée en 2022. »

Et ça passe bien dans la plaine ou le bocage ?

« Notre fédération nationale, la FNEDT, a mené l’an dernier une enquête auprès de 132 ETA. 97 % ont indiqué qu’elles avaient réévalué leur tarif 2022 de 5 à 15 %. » Les clients agriculteurs le comprennent en grande majorité : 60 % l’approuvent, 30 % se montrent compréhensifs, mais agacés. Cela nous amène à considérer que nous sommes dans le même bateau et subissons les mêmes contraintes avec les mêmes conséquences. »

Il y a quand même 3 % de super ETA qui n’ont pas augmenté leur tarif ?

« Le revers de la médaille, c’est que celles qui ont pratiqué la politique de l’autruche se retrouvent cette année en grande difficulté financière, au point de quasiment mettre la clé sous la porte. Dans un contexte où 50 % des agriculteurs vont faire valoir leurs droits à la retraite dans les 10 ans à venir et donc que le besoin de prestations de service qualitative et rapide va aller crescendo, notre devoir est de maintenir un maillage d’ETA de proximité.
Il y va de l’efficience et de la résilience de la Ferme Normande. »

Dans tout cela, on ne parle pas du GNR ?

« Non. L’indexation du prix du GNR en pied de facture est entrée dans les mœurs depuis plusieurs années. Cela nous permet de mieux dormir sur nos deux oreilles. »
 

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