Aller au contenu principal

« La sécurité à la chasse, c'est avant, pendant et après »

Pour Marion Nail, la chasse n'est pas une simple activité de loisir, mais un héritage familial. Issue d'une lignée de chasseurs, la jeune femme a grandi dans cet univers, en rejoignant régulièrement ses grands-pères et son père à la cabane de chasse après avoir cuisiné avec sa grand-mère. C'est en 2022 qu'elle décide, avec son frère Baptiste, de franchir le pas et de passer son permis de chasse.

Marion Nail, 23 ans, est animatrice de JA 76 (voir encadré). Son temps libre, elle le consacre en grande partie à la chasse, une passion qu'elle partage avec son conjoint Antoine Bobeaux. La jeune femme a passé son examen du permis de chasse auprès de la Fédération des chasseurs de l'Eure.

Elle insiste sur le sérieux de la formation dispensée dont le maître-mot est avant tout la sécurité : apprendre à franchir une clôture ou un ravin avec une arme, respecter les angles de tir de 30° et identifier précisément les espèces protégées, comme les différentes races de canards, sont des impératifs pour obtenir le précieux sésame délivré par l'OFB.

L'examen du permis comprend une journée de théorie en salle et une journée de pratique sur le terrain, notamment au domaine de l'armurerie Petitier à Tournedos-Bois-Hubert (27).

Le rôle de "rabatteur"

Loin de l'image du chasseur posté, Marion pratique la chasse en battue en tant que rabatteuse (ou piqueuse), principalement de septembre à mars pour les sangliers et les cervidés. Sa mission est physique : elle parcourt le terrain pour diriger les animaux vers les lignes de postés. Elle évolue sans fusil lorsqu'elle rabat, par précaution, privilégiant la mobilité et la fluidité de ses mouvements. Marion utilise uniquement un épieu et une dague, outils nécessaires pour servir (achever) un animal blessé afin d'abréger ses souffrances et protéger ses chiennes.

Un équipement utile

Pour Marion, le choix des vêtements n'est pas une question d'esthétique, mais une nécessité de survie sur le terrain. Elle explique qu'une personne rabatteuse doit pouvoir s'immerger totalement dans la végétation la plus dense : « il faut que les orties et les ronces ne traversent pas ». Cette résistance est cruciale car la priorité absolue reste le chien. « Quand le chien part, tu n'as pas le choix, tu l'écoutes et tu le suis ». C'est une question de responsabilité envers ses animaux ; elle doit être capable de les rejoindre immédiatement pour s'assurer qu'ils ne sont pas en danger face à un animal et peu importe l'hostilité du fourré.

Une meute sous haute protection

Sa passion s'exprime également à travers sa complicité avec sa meute, composée de cinq femelles pour faciliter la gestion et éviter les conflits. On y retrouve : Opale, une springer croisée fox, qui a repris le rôle de "doyenne" de la meute. Thétis et Tornade, les deux filles d'Opale, de la même race, ainsi qu'un jagdterrier du côté paternel. Phèdre, une fox, et Volga, une wachtelhund croisée springer.

Consciente des dangers que représentent les sangliers, Marion équipe ses chiennes de gilets de protection pour limiter les risques face au gibier. Elle rappelle que la confrontation « fait partie de la chasse et qu'un animal acculé peut se défendre », d'où l'importance d'anticiper et de protéger ses chiennes. Elles portent également des colliers GPS permettant de les localiser en temps réel et de savoir si elles sont "au ferme" (face à un animal acculé). « La sécurité à la chasse, c'est avant, pendant et après. »

Une gestion responsable de la biodiversité

Enfin, Marion rappelle que la chasse est une activité de gestion responsable et non un droit immuable. Elle participe bénévolement aux comptages nocturnes afin d'aider la fédération à ajuster ses plans de gestion. Le respect des attributions par espèce est essentiel à une chasse durable. Elle est aussi très ferme sur la légalité de la pratique, rappelant que, chaque année, il faut payer sa validation de permis sous peine d'être hors-la-loi. Pour elle, les règles sont claires : « chasser nécessite un permis valide, une validation en cours et une assurance. Sans ces éléments, c'est une infraction ».•

Marion Nail : une jeune engagée au service du monde agricole

À 23 ans, Marion Nail incarne la nouvelle génération de cadres agricoles en Normandie. Originaire de l’Eure, elle occupe depuis novembre 2024 le poste d’animatrice syndicale auprès des Jeunes agriculteurs de Seine-Maritime, après y avoir fait deux années en alternance. Suite à un Bac STMG option ressources humaines et un BTS assurance, elle a poursuivi ses études à l’Ihedrea, à Paris. Elle y a obtenu un titre de BBA Agritech Manager, un diplôme de niveau Bac + 4 qui lui a permis de conjuguer ses compétences administratives et sa passion pour l’agriculture.
Au quotidien, le rôle de Marion au sein des JA 76 est d’une grande polyvalence puisqu’elle gère l’animation de 14 cantons autonomes. Ses missions couvrent tout le spectre de la vie syndicale, allant de la gestion comptable et administrative du syndicat au suivi des actualités et des évolutions réglementaires. Elle est également une pièce maîtresse de l’événementiel départemental en consacrant environ six mois de l’année à l’organisation du Festival de la terre. En parallèle elle pilote d’autres actions phares : la chasse aux œufs, le concours de jugement d’animaux ou les défilés de tracteurs de Noël.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Les Prés d’Artemare à Saint-Vaast-Dieppedalle (22 juillet).
Concerts à la ferme : carton plein en Seine-Maritime

Près de 900 personnes sont venues assister aux cinq concerts à la ferme qui se sont tenus en Seine-Maritime du 20 au 24…

L'aide à l'achat d'engrais minéraux azotés simples va de 50 à 70 € la tonne. Épandage d'engrais azoté sur blé.
Plan engrais 2026 : l'aide est aujourd'hui disponible

Le dispositif d'urgence exceptionnel qui accompagne les exploitations agricoles face à la hausse des coûts des intrants liée…

Philippe Sellier, membre du bureau de la FNB et éleveur allaitant dans l'Eure, martèle, devant le directeur de l'abattoir, que Bigard, leader français des abatteurs, orchestre une baisse continue des prix qui in fine se retournera contre toute la filière.
Les éleveurs bovins dénoncent des baisses de prix injustifiées

Dès 4 heures du matin, mardi 28 juillet, près d'une centaine d'agriculteurs venus de tous les départements normands ont bloqué…

Adoption définitive de la loi d'urgence agricole le 21 juillet 2026. Pour la FNSEA, « cette loi constitue une véritable bouffée d'oxygène pour les exploitations agricoles ».
Adoption définitive de la loi d'urgence agricole

L'Assemblée nationale puis le Sénat ont définitivement adopté le projet de loi d'urgence agricole mardi 21 juillet au soir.…

Au printemps, David Léger composte la litière deux fois à 15 jours d'intervalle. Il l'épand ensuite, sans l'incorporer sur ses prairies temporaires.
Une litière en plaquette bois pour booster la vie du sol

À Esteville, les vaches de David Léger logent sur une litière mixte construite sur de la plaquette bois. Sans impact sur le…

Au 20 juillet, les prairies sont fortement touchées par la sécheresse. Les éleveurs s'inquiètent pour les fourrages à venir.
Sécheresse : mobilisation autour des fourrages

Face à la baisse des fourrages, les éleveurs s'inquiètent. Le réseau FDSEA-FRSEA de Normandie lance une enquête afin d…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole