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La rhinopneumonie inquiète la filière équine.

Depuis début mars, une épidémie de rhinopneumonie commence à toucher une partie de l’élevage équin français. La filière reste vigilante sur cette maladie potentiellement létale pour les chevaux.

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Un cheval qui présente des signes doit être mis à l’isolement pendant deux semaines mais cette maladie n’est pas transmissible à l’homme.
© Pixabay

L’alerte a été donnée fin février à Valence (Espagne), à la suite d’un concours de saut d’obstacle (CSO) qui rassemblait environ 800 montures. Parmi elles, une centaine ont présenté les symptômes de la maladie. « Une dizaine de chevaux sont morts », nous a confirmé Marianne Dutoit, présidente de la Fédération nationale du cheval (FNC). Parmi les chevaux français présents, « quatre d’une grande valeur ont été touchés », a-t-elle poursuivi. Le plus inquiétant est que beaucoup de chevaux qui ont développé les symptômes de la maladie avaient été vaccinés. « Les vétérinaires et scientifiques qui travaillent d’arrache-pied sur la question pensent qu’il pourrait s’agir d’un virus mutant », a confié Marianne Dutoit.

Au 9 mars, pas moins de 22 foyers étaient recensés sur le sol français, dont les principaux (entre deux et cinq cas) en Seine-et-Marne et en Gironde. 16 d’entre eux sont en lien avec le concours international de saut de Valence (Espagne) et sont situés dans les départements de Charente-Maritime, Haute-Garonne, Indre, Manche, Savoie, ou encore l’Yonne. Surtout six autres chevaux, sans lien avec ce concours espagnol ont vu leur diagnostic de rhinopneumonie confirmé par les vétérinaires : Calvados, Hérault, Ille-et-Vilaine, Mayenne, Rhône et Vaucluse.

 

La plus grave en Europe

La maladie bien connue du monde hippique se traduit par de la fièvre (jusqu’à 40°C), des problèmes respiratoires, des difficultés à uriner et déféquer, et par un affaiblissement général. Quand les chevaux commencent à se cogner la tête contre les murs, c’est que le virus commence à les emporter. Cette maladie, dans les cas les plus graves, peut être fatale dans un cas sur deux.

Selon le réseau d’épidémio-surveillance de la filière équine (RESPE) les chevaux ont présenté majoritairement deux à six jours d’hyperthermie, suivis par deux jours de retour d’amélioration puis, apparition d’éventuels signes neurologiques pouvant être modérés (queue flasque et rétention urinaire) ou beaucoup plus aigus avec ataxie sévère. Interrogé par Cheval Magazine le 8 mars, Guillaume Fortier, directeur de Labeo, pôle d’analyses et de recherche de Normandie, a précisé que « la rhinopneumonie appartient aux virus herpétiques qui, comme la varicelle ou le zona chez l’homme, sont très contagieux et les risques de développement augmentent avec la fatigue ou le stress ». La rhinopneumonie est aussi appelée d’Herpèsvirose type 1 (HVE 1).La fédération internationale de sport équestre a qualifié cette épidémie de « plus grave en Europe depuis des décennies ».

Pour lutter contre sa propagation, la fédération française d’équitation a interdit tous les rassemblements, les concours et les stages équestres au moins jusqu’à fin mars, à l’exception des courses de trot et galop, car aucun des chevaux n’est concerné par le concours de Valence. Respe recommande aussi de limiter les foires, ventes et autres rassemblements commerciaux de chevaux et même de suspendre les warm’up, randonnées et chasses à courre. «  La meilleure solution reste bien sûr la vaccination. Mais c’est un investissement », a indiqué Marianne Dutoit. « Nous sommes extrêmement vigilants », conclut-elle.

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