Aller au contenu principal

La renaissance du domaine du Grand Daubeuf

Un jeune couple a choisi le domaine du Grand Daubeuf dans le pays de Caux pour développer un projet d'accueil touristique durable.

À une quinzaine de kilomètres de Fécamp, le domaine du Grand Daubeuf classé monument historique revient à la vie grâce au projet ambitieux de Jérémie et Guyonne Delecourt qui l'ont acquis en 2014. Les jeunes propriétaires se sont donnés 10 ans pour faire revivre ce lieu qui n'était plus entretenu depuis 40 ans. Ils ont confié à Guillaume Baschet-Sueur, concepteur paysager, la conduite des travaux du domaine. 

Le potager ornemental élément fédérateur

Le potager d'ornement est l'élément fédérateur de la restauration de l'ensemble. Sa création débute en 2015. Les maîtres des lieux ont reçu le prix Villandry la même année pour son projet de restauration.  En mars 2019, le potager est labellisé Parcs et Jardins de Normandie et en ce début d'année, il est à nouveau mis en lumière avec un premier prix dans la catégorie jardin dans un environnement paysager, décerné par la société nationale d'horticulture.
La consigne des propriétaires est claire : le vert doit être aux commandes de la gestion du domaine. L'envie de partager également, pour ancrer le projet de restauration sur le territoire.
Le potager ornemental est un méli-mélo d'arbres fruitiers, de fleurs et de légumes, géré par le jardinier en chef Sébastien Frère qui privilégie la diversité des espèces et des variétés. 96 massifs sont remplis de légumes, de fruits et de fleurs..., une promiscuité qui permet de ne recourir à aucun traitement chimique. « Il y a de plus en plus de légumes dans les massifs car la demande est grandissante », précise Guillaume Baschet-Sueur.
Il faudra effectivement remplir les paniers potagers des 150 adhérents de l'association et des particuliers pour le 16 mai, dès que les consignes de déconfinement seront précisées.
Au domaine pas de place au gaspillage. Un laboratoire de transformation est en cours de création pour transformer les légumes. De grands espaces de compostage permettent la production de matière organique sur le site. Plusieurs citernes souterraines datant du XIXe siècle permettent d'arroser le potager à l'eau de pluie.

Un lieu d'innovation et d'expérimentation

À côté du potager ornemental, la zone de maraîchage est le domaine de Jérémie Renault qui pratique la méthode sol vivant et qui s'intéresse de plus en plus à la permaculture : « je viens de semer du maïs au pied des courgettes, l'association sera jolie et je gagne de la place. Entre les pois et les fèves je vais planter des salades. J'associe culture courte et culture longue pour éviter de mettre les plantes en concurrence. Cette année, le melon petit gris de Rennes sera cultivé dehors car il n'y a plus de place sous la serre. Il y aura aussi de la tétragone, un épinard d'été qui est délicieux ».
Le travail de la terre est très limité pour favoriser la vie du sol. Macération d'orties, de prêle ou de consoude, purin de tomate sont fabriqués sur place. Les associations intelligentes entre espèces végétales sont largement utilisées pour limiter les attaques des nuisibles.
À proximité, un autre espace de production et une autre méthode de travail : Mathys utilise la méthode Fortier qui consiste à produire des légumes en planches, de façon beaucoup plus organisée. « Le domaine est un lieu d'innovation et d'expérimentation. En 2023, tout sera certifié bio. Nous avons également replanté un verger où il y a 30 pommiers de variétés différentes », précise Guillaume Baschet-Sueur.
Le domaine du Grand Daubeuf s'étend sur une surface de 40 hectares. Le château du XVIIe siècle, les écuries du XIXe siècle, les maisons de ferme, le chenil... tous les éléments paysagers et le bâti font l'objet d'une campagne de restauration gigantesque pour un projet global d'accueil du public : visites du potager, structure hôtelière et gîtes, espaces d'expositions, de réceptions, de concerts, de théâtre...
« Nous sommes actuellement dans l'attente d'instructions précises quant à la réouverture du domaine au grand public. Depuis son ouverture en 2017, nous avons accueilli près de 6 000 visiteurs ». •

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Le suivi sanitaire ne s'improvise pas : la performance de l'élevage repose sur un travail d'équipe et une confiance étroite entre Éric Monnet, à gauche et Jérémy Vimbert.
« En médecine rurale, nous avons affaire à des professionnels »

Vétérinaire mixte à Saint-Romain-de-Colbosc depuis plus de vingt ans, Éric Monnet revient sur l'évolution de sa pratique :…

"La transmission en questions"

La section des Seniors agricoles proposera lors de ses réunions de secteur une information sur la transmission avec des…

Récoltes céréalières 2026 : les plus précoces en Normandie depuis 20 ans

Les situations météorologiques extrêmes de janvier à juin expliquent des rendements en baisse, mais pas catastrophiques, pour…

La filière céréales est en forte progression au premier semestre, avec 4,07 Mt traitées, soit une hausse de 33 % par rapport aux 3,06 Mt enregistrées sur la même période 2025, portée par une très bonne campagne céréalière au premier semestre 2026.
Haropa Port : premier semestre très dynamique pour les céréales
À la mi-année 2026, Haropa Port confirme sa bonne dynamique en partie grâce aux 4,07 millions de tonnes de céréales traitées au…
Samuel Crèvecœur, président de la section de Fontaine-le-Dun chez Cristal Union, et Christophe Croison, directeur de l'usine, posent devant le nouvel évaporateur à 6 effets.
La campagne betteravière a démarré dans les temps à Fontaine-le-Dun

Les importants travaux engagés lors de l'inter-campagne ont été achevés à temps. Le site seinomarin de Cristal Union a pu…

Embauche des saisonniers : guide pratique
Face à la complexité des démarches réglementaires en période de forte activité, la MSA a édité le guide "J'embauche un saisonnier…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole