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La Région Normandie visite la SCEA du Four Banal

Il y a dix ans, Sophie et Olivier Blondel décident de créer un atelier de transformation à la ferme et la vente en circuits courts de leur viande de porc sous la marque J'adore le cochon. La Région avait accompagné leur projet.

Clotilde Eudier, vice- présidente de la Région Normandie en charge des dossiers agricoles, et Éric Herbet, conseiller régional et maire de Quincampoix, sont venus visiter la SCEA du Four Banal à Grigneuseville le 13 juin. Il s'agissait d'une visite post-investissement car la Région a accompagné, à hauteur de 82 579 euros, le développement de la structure, au travers des dispositifs "transformation à la ferme" et "investissement dans les exploitations agricoles au titre du pacte de biosécurité et bien-être animal".

Le choix du sans additif

En 2004, Olivier Blondel s'installe sur la ferme familiale, une exploitation de polyculture-élevage classique de 125 hectares. " Mon père engraissait déjà du cochon mais la variation des cours ne permettait pas d'optimiser l'atelier. Je ne voulais pas m'agrandir, devenir naisseur ou me diriger vers la méthanisation. Alors la transformation à la ferme, pourquoi pas ? En 2010, je suis parti cinq semaines au CFPPA d'Aurillac suivre une formation qui m'a montré que cela était possible ".

À partir de là, Olivier Blondel change le système et bouscule l'équilibre de l'exploitation. Un laboratoire de 500 m2 est construit avec l'objectif d'offrir de bonnes conditions de travail aux employés. La commercialisation de la viande de porc commence en 2015, avec de grands principes mis tout de suite sur la table : travailler la carcasse entière pour aller à l'équilibre, ne pas devenir traiteur et travailler la viande sans additif. Ces objectifs clairement déterminés au départ n'ont pas bougé depuis dix ans.

Les porcelets arrivent d'un élevage local de Bermonville. Ils sont élevés sans castration, sans antibiotique. 40 % de l'assolement de l'exploitation part à l'engraissement des cochons.

J'adore le cochon : 42 cochons par semaine

À ce jour, sur les 56 cochons qui partent chaque semaine à l'abattoir de Houdan (Yvelines), 42 reviennent pour être transformés et vendus en circuits courts : au magasin de la ferme, dans les magasins de producteurs (Le Producteur Local) et les épiceries. " Les magasins de producteurs représentent 30 à 40 % du chiffre d'affaires et le magasin à la ferme, ouvert en fin de semaine 25 % ".

L'équilibre carcasse se fait grâce aux équipements supplémentaires tels que l'autoclave pour la conserve, et les séchoirs pour les saucissons et les jambons secs. 120 tonnes de produits finis sont vendues chaque année. La gamme s'est étoffée au fur et à mesure, environ 220 produits sont proposés aujourd'hui dont le jambon sec qui est le produit phare.

" L'emploi de main-d'œuvre est une problématique. J'ai toujours peur qu'un employé m'annonce son départ. Six personnes sont à la vente, l'emballage, la mise sous vide, les livraisons, les marchés et à la boutique à la ferme. À la transformation, il y a trois bouchers et deux charcutiers ".

Afin d'avoir de la main-d'œuvre sur place rapidement qui peut migrer vers l'atelier transformation dans les périodes plus chargées, Sophie et Olivier Blondel ont planté 2 hectares de cassis. Ils ont fait le choix de la variété noir de bourgogne, adaptée à la transformation, et proposent du pétillant de cassis et de la sauce pour accompagner les viandes.

Manque de moyens marketing

" Nous mettons tout en œuvre pour préserver la qualité nutritionnelle de nos produits, pas d'additifs, pas de protéine ajoutée, c'est un choix mais il faut pouvoir vendre. Quels sont les moyens de communication à la disposition des producteurs pour aller chercher les consommateurs qui veulent se nourrir correctement ? Nous avons une force de marketing beaucoup moins forte que la grande distribution ", fait remarquer Olivier Blondel à Clotilde Eudier.

Un million d'euros ont été investis sur l'installation de transformation depuis dix ans. " Il y a eu des périodes compliquées comme 2018 ou des périodes d'euphorie comme en 2020. Mais si notre chiffre d'affaires a augmenté de 15 % (1,7 million en 2024), l'équilibre est fragile. Nous embauchons 20 salariés, dont 12 sont à la transformation et à la vente. Nos charges augmentent et l'euphorie du circuit court est passée ", reconnaît Olivier Blondel.•

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