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La ramulariose, maladie de l'année dans les orges

À destination des agriculteurs, conseillers et techniciens de la région Normandie, le rendez-vous technique Arvalis est revenu sur les particularités de la campagne céréalière 2024.

© Arvalis

Parmi les sujets de sa réunion technique du 19 novembre au Havre, Arvalis - Institut du végétal a proposé un focus sur la ramulariose.

« La ramulariose est la maladie de l'année. Elle était présente partout en France comme on ne l'avait jamais vu, y compris en Normandie », a expliqué Quentin Girard, ingénieur régional Arvalis pour la Normandie.

L'impact sur le rendement dépend toutefois de la précocité de l'attaque. Il peut atteindre 20 % du rendement.

Les orges, principaux hôtes

Avant 2020, ce n'était pas un sujet dans notre région. Les premiers symptômes ont été observés en 2023, mais encore de façon modérée. C'est malgré tout une maladie connue depuis longtemps qui a été décrite pour la première fois en Italie en 1893.

Les orges d'hiver et de printemps sont les principaux hôtes de la ramulariose. Elle a déjà été observée, mais de façon plus rare, sur blé tendre, blé dur, avoine, paturin, ray-grass. C'est un agent pathogène des cultures depuis une trentaine d'années dans le monde, avec une grosse difficulté de diagnostic et un développement lié à plusieurs facteurs.

L'émergence de cette maladie a été constatée depuis une vingtaine d'années en France.

Une identification difficile

Les clés de diagnostic ont été énumérées avec l'appui de photos. L'identification n'est pas toujours facile : des lésions rectangulaires de couleur brune et une décoloration de la feuille par déficience de la chlorophylle. Ces petites taches entourées d'un halo jaune traversent la feuille et sont visibles sur les deux faces. Les lésions brunes, presque rougeâtres, sont contraintes par les nervures et on parle d'un aspect global de tache léopard. Il ne faut pas confondre avec les grillures, l'helminthosporiose, les tâches physiologiques ou la septoriose.

L'observation à la loupe montre des alignements de petits points blancs sur la face inférieure de la feuille, au niveau des nécroses ou à côté. Ils sont composés de touffes de "poils" blancs portant des spores.

Une sénescence très rapide des feuilles

Les premiers symptômes apparaissent généralement à l'épiaison et provoquent une sénescence rapide des feuilles.

L'évolution très rapide de la maladie s'expliquerait par la présence d'une toxine photosensible (rubellin D). Quand cette toxine est activée par la lumière, elle détruit les parois cellulaires et cela accélère la sénescence. Les feuilles du haut et les épis sont plus soumis aux rayons solaires et donc plus touchés que les feuilles du bas.

« Il est important de comprendre que la contamination a lieu via la semence. La maladie progresse ensuite de manière asymptomatique dans les plantes. Enfin les symptômes apparaissent en fin de cycle, autour de la floraison. À cette époque, les épis sont atteints et la maladie revient dans la semence. »

La contamination a également lieu de proche en proche par des spores aériennes, pendant la période asymptomatique et à la floraison.

Est-ce que le risque sera élevé pour 2025 ?

D'après l'état des connaissances, l'environnement serait un facteur prépondérant dans l'expression des symptômes de cette maladie. Les facteurs agronomiques, de pratiques culturales et variétales semblent moins déterminants.

« D'après les différentes études, les facteurs de risque de la ramulariose seraient des températures comprises entre 15 et 25 °C, une hygrométrie importante et en particulier des périodes humides fin mai-début juin, un excès d'eau couplé à des excès de lumière. La sécheresse serait plutôt un facteur négatif à la ramulariose. Ces critères sont cohérents avec les conditions vécues en 2024 ».

« Pour 2025, les semences d'orge provenant de parcelles touchées sont probablement contaminées mais il n'y a pas de certitude quant à la présence de ramulariose l'année prochaine car cela dépendra du climat ».

La destruction des repousses d'orge qui assurent le maintien de la maladie pendant la période estivale limite le risque. Il y a peu de valeur pratique du critère variétal pour le moment. Les symptômes semblent différer en taille selon les variétés, signe d'une résistance partielle.

À l'apparition des symptômes, la maladie ne peut plus être contrôlée. La protection fongicide est limitée et le diagnostic de la ramulariose est difficile dans le complexe maladie. Aujourd'hui, la lutte contre cette maladie ne peut donc être que préventive.•

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