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La pulvérisation localisée passe au banc de test avec Arvalis

Depuis 2018, Arvalis teste plusieurs solutions de pulvérisation ciblée, en simultané ou en différé.
Retour sur les essais effectués en maïs et en prairie avec les capteurs de Carbon Bee.

La réduction des usages de produits phytopharmaceutiques est au cœur des recherches des constructeurs pour répondre aux enjeux de biodiversité et aux attentes sociétales. C’est la pulvérisation ciblée qui apparaît aujourd’hui comme la meilleure solution en traitant uniquement les adventices présentes. Arvalis étudie depuis 2018 l’efficacité de ces systèmes en vérifiant la capacité des capteurs et des algorithmes à repérer les adventices, puis à pulvériser en différé ou en simultané. Les essais se déroulent sur les Digifermes de Boigneville (Essonne) et de Saint-Hilaire-en-Woëvre (Meuse) sur plus de 100 hectares chaque année.

Capteurs et algorithmes

Arvalis – Institut du végétal teste des solutions sur des applications « tout sauf culture », sur chardons et sur rumex en prairie. « L’objectif est de qualifier l’algorithme en vérifiant, sur le terrain, la détection ou non des adventices par les capteurs », explique Caroline Desbourdes, spécialiste agriculture de précision chez Arvalis. Une carte de détection est créée grâce à un algorithme, en passant dans la parcelle avec un tracteur ou un drone, équipé de capteurs.
Pour confirmer les zones d’adventices, les cartes générées sont ensuite comparées manuellement sur le terrain. Arvalis note 80 à 90 % de bonne détection. L’ingénieure précise : « Les algorithmes continuent de s’améliorer grâce à l’entraînement sur de nouvelles images ».

Pulvérisation en différé...

Pour ses tests, Arvalis utilise notamment une rampe prototype de Carbon Bee de 9 mètres, équipée de trois capteurs RVB (prise de vue dans le spectre visible) et hyperspectral (dans plusieurs spectres de la lumière, notamment infrarouges). Les essais sont effectués à différentes vitesses, par paliers de 6 à 14 km/h. La carte obtenue est composée de zones « à pulvériser » et « à ne pas pulvériser », délimitées par des nœuds (points) qui constituent des polygones. Les cartes de préconisation sont ensuite introduites dans un pulvérisateur avec coupure de tronçons tous les deux mètres.
Les tests ont relevé que le poids de la carte peut rapidement faire saturer les consoles et provoquer des décalages. « La carte doit alors souvent être retravaillée pour éviter les latences »,
complète Caroline Desbourdes. De plus, pour appliquer les doses au bon endroit, la pulvérisation en différé demande une précision exacte avec un GPS RTK. La solution offre cependant un moindre investissement que la pulvérisation simultanée.

... ou en simultané

Les promesses de la pulvérisation simultanée sont grandes : capter les images, les traiter et agir en pulvérisant, le tout en temps réel. Les constructeurs se sont massivement lancés dans le développement de ces solutions, à l’image de Berthoud, en partenariat avec Carbon Bee. Le Sniper de 30 mètres de la marque, équipé des mêmes capteurs que la rampe prototype, a été soumis aux tests d’Arvalis, qui a mis en évidence des imprécisions lors de la pulvérisation sans qu’elles ne soient systématiques. Celles-ci devraient s’amoindrir avec l’évolution des algorithmes et de la communication informatique entre capteurs et pulvérisateurs.
Autre inconvénient : la complexité pour anticiper la quantité de bouillie à préparer avant application, contrairement au système en différé qui permet de l’estimer en amont. L’injection directe reprendrait alors du sens avec d’un côté les matières actives et de l’autre, une cuve d’eau claire.
Carbon Bee, également partenaire de Kuhn, pour l’I-spray, propose désormais ses capteurs adaptables sur des pulvérisateurs existants. •
 

 

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