Aller au contenu principal

La profession vent debout contre la remise en herbe

Confrontée à une dégradation de son ratio prairie, la Normandie entre dans un régime d’interdiction avec obligation de réimplantation des prairies permanentes. La profession, dans son ensemble, contre-attaque.

La règle sur le maintien des prairies permanentes (BCAE 1) fait partie de la conditionnalité renforcée de la Pac 2023.
© D. R.

Au titre de la conditionnalité des aides Pac et notamment de la BCAE1, les agriculteurs sont soumis à l’obligation de maintien des prairies permanentes (PP). Ainsi, d’année en année, l’évolution des surfaces en prairie permanente est scrutée par l’administration et comparée à un ratio régional. Si le ratio se dégrade trop (de plus de 5 %) alors tout retournement est soumis à autorisation (donc majoritairement interdit) à l’échelle de la région et les agriculteurs peuvent être contraints de remettre en herbe une partie des surfaces retournées par le passé. Justement, un arrêté du ministère de l’Agriculture, daté du 31 octobre 2023, fixe les ratios prairies pour 2023. Pour la Normandie, et selon l’administration, le ratio s’est fortement dégradé entre 2018 et 2023 à hauteur de - 6,45 %. En conséquence la région entre dans un régime d’interdiction de retournement de prairies permanentes qui implique l’obligation de réimplantation d’une partie des parcelles converties dans les deux années précédentes pour atteindre une dégradation du ratio de - 4,5 % et la mise en place d’un système d’autorisation à la conversion des prairies permanentes.

La résistance s’organise

Voilà pour la technique. Syndicalement, maintenant, la FNSEA 76, la FRSEA Normandie mais aussi JA 76 et les Chambres d’agricul­ture s’opposent fermement à cette obligation de remise en herbe. D’abord, la profession demande à l’administration qu’elle publie les chiffres qui ont permis d’élaborer ce ratio afin de s’assurer que toutes les surfaces, sorties de la surface agricole ou de la Pac pour diverses raisons aient bien été comptabilisées. Et en attendant la publication de ces chiffres et leur vérification, la profession demande à l’administration de surseoir à l’application de cette réglementation. Pour Bruno Ledru, président de la FNSEA 76, « il n’est pas concevable d’obliger les agriculteurs à remettre en herbe. Cette décision de retourner une prairie, jusque-là autorisée par la réglementation, est avant tout guidée par une réflexion économique. Si l’élevage se portait mieux, si les éleveurs étaient davantage soutenus, peut-être que l’herbe se porterait mieux elle aussi ». Par ailleurs, la FRSEA Normandie plaide depuis longtemps pour que le ratio, aujourd’hui régional, soit remplacé par un ratio national. « La France a fait le choix de se baser sur cette gestion régionale des prairies. Cette forme de surtransposition européenne nous pénalise une nouvelle fois », s’insurge Bruno Ledru qui souhaite que la France adopte un ratio national. Depuis l’annonce de cette obligation, les réseaux FNSEA 76, JA 76, Chambre d’agriculture, en Normandie mais aussi en région Pays de la Loire concernée également par cette interdiction, s’activent pour s’opposer à cette mesure liberticide et pour défendre l’intérêt des agriculteurs.•

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Le suivi sanitaire ne s'improvise pas : la performance de l'élevage repose sur un travail d'équipe et une confiance étroite entre Éric Monnet, à gauche et Jérémy Vimbert.
« En médecine rurale, nous avons affaire à des professionnels »

Vétérinaire mixte à Saint-Romain-de-Colbosc depuis plus de vingt ans, Éric Monnet revient sur l'évolution de sa pratique :…

"La transmission en questions"

La section des Seniors agricoles proposera lors de ses réunions de secteur une information sur la transmission avec des…

Récoltes céréalières 2026 : les plus précoces en Normandie depuis 20 ans

Les situations météorologiques extrêmes de janvier à juin expliquent des rendements en baisse, mais pas catastrophiques, pour…

La filière céréales est en forte progression au premier semestre, avec 4,07 Mt traitées, soit une hausse de 33 % par rapport aux 3,06 Mt enregistrées sur la même période 2025, portée par une très bonne campagne céréalière au premier semestre 2026.
Haropa Port : premier semestre très dynamique pour les céréales
À la mi-année 2026, Haropa Port confirme sa bonne dynamique en partie grâce aux 4,07 millions de tonnes de céréales traitées au…
Samuel Crèvecœur, président de la section de Fontaine-le-Dun chez Cristal Union, et Christophe Croison, directeur de l'usine, posent devant le nouvel évaporateur à 6 effets.
La campagne betteravière a démarré dans les temps à Fontaine-le-Dun

Les importants travaux engagés lors de l'inter-campagne ont été achevés à temps. Le site seinomarin de Cristal Union a pu…

Embauche des saisonniers : guide pratique
Face à la complexité des démarches réglementaires en période de forte activité, la MSA a édité le guide "J'embauche un saisonnier…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole