Aller au contenu principal

« La montée en gamme, les agriculteurs l'ont déjà faite »

Arnold Puech d'Alissac, président de la FRSEA de Normandie, réagit aux annonces du président de la République lors des Etats généraux de l'alimentation.

file-alt-64722
Arnold Puech d'Alissac, président de la FRSEA Normandie, sur le stand de la Normandie au salon international de l'agriculture.
© lgeffroy

Comment réagissez-vous au discours d'Emmanuel Macron ?

Globalement, on ne peut pas dire que nous n'avons pas été entendus. Négocier les prix en marche avant, cela fait des années que nous le demandons pour une meilleure prise en compte des coûts de production et éviter que les prix agricoles soient le reliquat issu des négociations commerciales une fois que tous les intermédiaires ont pris leurs marges. C'est donc très positif même s'il va falloir traduire la parole du président en actes législatifs et que ces textes soient appliqués concrètement. Mais on avance.

On vous sent satisfait mais pas complètement...

On n'est jamais complètement satisfait. Mais l'organisation des producteurs est un autre point de satisfaction qui nous engage, nous producteurs. Nous ne devons plus tergiverser, nous devons adhérer. Que ce soit à des coopératives ou à des organisations de producteurs (OP), nous ne pouvons rester seuls. Sinon, quel producteur sera en mesure de proposer un contrat de vente à son acheteur de lait ainsi que le président le souhaite ? Nous avons donc un travail de terrain important à fournir. J'ajoute que c'est un travail qui dépasse les philosophies syndicales. Tous doivent oeuvrer pour l'adhésion des producteurs aux OP.

Il a aussi exhorté les filières à travailler ensemble, cela doit vous convenir...

C'est une bonne idée. Car si la course aux prix les plus bas est destructrice et doit être arrêtée, la concurrence effrénée à laquelle peuvent se livrer les entreprises agro-alimentaires entre elles n'est pas plus productive. Que les filières, à travers les interprofessions, définissent des plans stratégiques, cela a du sens à la condition que tous les maillons des filières veuillent bien considérer les autres maillons comme des partenaires, pas comme un adversaire qu'il faudrait « plumer ». On a vu des consensus se former aux cours des ateliers du premier chantier des Etats généraux de l'alimentation, il n'y a pas de raison que les bonnes intentions exprimées alors ne se traduisent pas dans les faits.

Le président a évoqué une nécessaire « montée en gamme ». Qu'est-ce que cela vous inspire ?

Je ne comprends pas, et je n'accepte pas, que le président de la République lui-même s'adonne à l'agriculture bashing à travers cette exigence de montée en gamme. Je préférerais que le discours politique lui-même monte en gamme. Faire croire, comme certains de nos détracteurs, que ce que l'on met dans l'assiette des consommateurs n'est pas de qualité, n'est pas digne de lui.

Cela vous énerve ?

Oui, parce que je pense que la montée en gamme a été faite. Il suffit de comparer la qualité des produits agricoles d'aujourd'hui à ce qu'elle était il y a vingt ans ou trente ans. Nos produits agricoles répondent aux besoins de marchés différents, pas seulement aux consommateurs riches. Il faut, et c'est ce que nous faisons, satisfaire tous les consommateurs en produits bruts et élaborés, en produits haut de gamme et de consommation courante, en produits biologiques et conventionnels, en frais et en surgelés, etc. Tout cela, nous le faisons déjà : l'adaptation aux marchés, la démarche de progrès, nous sommes engagés dedans au quotidien et demander encore une « montée en gamme », c'est une façon de renvoyer la balle dans le camp des agriculteurs. J'attends du président de la République qu'il reconnaisse les efforts que nous faisons et admette que plus vert c'est plus cher.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Union agricole

Les plus lus

Les Prés d’Artemare à Saint-Vaast-Dieppedalle (22 juillet).
Concerts à la ferme : carton plein en Seine-Maritime

Près de 900 personnes sont venues assister aux cinq concerts à la ferme qui se sont tenus en Seine-Maritime du 20 au 24…

L'aide à l'achat d'engrais minéraux azotés simples va de 50 à 70 € la tonne. Épandage d'engrais azoté sur blé.
Plan engrais 2026 : l'aide est aujourd'hui disponible

Le dispositif d'urgence exceptionnel qui accompagne les exploitations agricoles face à la hausse des coûts des intrants liée…

Adoption définitive de la loi d'urgence agricole le 21 juillet 2026. Pour la FNSEA, « cette loi constitue une véritable bouffée d'oxygène pour les exploitations agricoles ».
Adoption définitive de la loi d'urgence agricole

L'Assemblée nationale puis le Sénat ont définitivement adopté le projet de loi d'urgence agricole mardi 21 juillet au soir.…

Philippe Sellier, membre du bureau de la FNB et éleveur allaitant dans l'Eure, martèle, devant le directeur de l'abattoir, que Bigard, leader français des abatteurs, orchestre une baisse continue des prix qui in fine se retournera contre toute la filière.
Les éleveurs bovins dénoncent des baisses de prix injustifiées

Dès 4 heures du matin, mardi 28 juillet, près d'une centaine d'agriculteurs venus de tous les départements normands ont bloqué…

Au printemps, David Léger composte la litière deux fois à 15 jours d'intervalle. Il l'épand ensuite, sans l'incorporer sur ses prairies temporaires.
Une litière en plaquette bois pour booster la vie du sol

À Esteville, les vaches de David Léger logent sur une litière mixte construite sur de la plaquette bois. Sans impact sur le…

Au 20 juillet, les prairies sont fortement touchées par la sécheresse. Les éleveurs s'inquiètent pour les fourrages à venir.
Sécheresse : mobilisation autour des fourrages

Face à la baisse des fourrages, les éleveurs s'inquiètent. Le réseau FDSEA-FRSEA de Normandie lance une enquête afin d…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 300 €/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site L'Union agricole
Consultez le journal L'Union agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal L'Union agricole