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« La France championne d’Europe de la collecte et du recyclage des déchets agricoles »

Découvrez l'interview de Christophe Grison, président d’Adivalor. Christophe Grison, agriculteur à Mareuil-sur-Ourcq dans l’Oise, vient d’être élu président d’Adivalor (agriculteurs, distributeurs, industriels) pour la valorisation des déchets agricoles). Une suite logique pour celui qui a été président du réseau Farre et préside la coopérative Valfrance.

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© D. R.

Vous venez d’être élu président d’Adivalor. Pouvez-vous nous rappeler l’historique et l’objet de cette association ?

À l’initiative des chambres d’agriculture et de la FNSEA, Adivalor a été créé en juillet 2001 par les organisations professionnelles de l’agrofourniture avec, pour objectif premier, la collecte et le recyclage des emballages vides de produits phytosanitaires (EVPP). Dès 2003, un accord-cadre a été signé avec le ministère en charge de l’environnement pour étendre le dispositif aux produits phytosanitaires non utilisables (EVPP). Depuis, la collecte et le recyclage se sont étendus à d’autres déchets de l’agriculture. Enfin, au travers la loi sur l’économie circulaire de 2020, la filière Adivalor a été reconnue par les pouvoirs publics. Aujourd’hui, Adivalor existe sous forme de SAS (société par actions simplifiée) dont sont actionnaires l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA), Association pour la récupération et le recyclage des emballages de semences (Ares), Coop de France-Métiers du grain, Collecte et valorisation des déchets agricoles (Covada), le Comité français des plastiques en agriculture (CPA), la Fédération du négoce agricole (FNA), la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), InVivo, Solution pour les emballages de produits d’hygiène (Seph) et la Société de valorisation des emballages d’engrais et amendements (Soveea).Nous incarnons et faisons savoir l’engagement responsable des acteurs de l’agro-fourniture, industriels, distributeurs, agriculteurs, en développant des solutions performantes et sûres de collecte et de valorisation de la fin de vie des intrants agricoles. Nous contribuons à la performance environnementale et à la compétitivité de l’agriculture française, et sommes acteurs précurseurs de l’économie circulaire en France et en Europe.

 

Que recycle-t-on en agriculture aujourd’hui ? Que peut-on imaginer recycler demain ?

On recycle presque tous les plastiques utilisés en agriculture : big bags, filets anti-grêle, films plastiques, ficelles et filets de balles rondes, EVPP, PPNU, EPI (équipements de protection individuelle), emballages vides de produits d’hygiène de l’élevage laitier, gaines souples d’irrigation et emballages vides des produits œnologiques et d’hygiène de cave…Malheureusement, actuellement, avec les cours bas du pétrole, il coûte moins cher de produire des plastiques neufs que d’utiliser des plastiques recyclés. Mais cela peut ne pas durer. Demain, viendront sans doute s’ajouter des déchets à base d’autres matériaux comme l’aluminium, le métal…

 

Les agriculteurs sont-ils de bons élèves en matière de recyclage ?  Y a-t-il des différences entre régions et productions ?

Oui, en 2018, 90 % des emballages et plastiques collectés sont recyclés. La France est aujourd’hui le seul pays d’Europe à disposer d’une organisation aussi performante, dédiée à la gestion de la fin de vie de l’ensemble des déchets agricoles. Le savoir-faire de la France fait donc référence, tant au niveau européen que mondial. Nous pouvons en être très fiers, même si nous pouvons encore nous améliorer. Nous devons prendre en agriculture les mêmes habitudes que dans notre vie quotidienne quand nous mettons nos plastiques dans la poubelle jaune. Cela doit devenir un réflexe et les salariés agricoles doivent aussi être sensibilisés.Il y a des régions qui ont plus de marges de progrès que d’autres en termes de taux de collecte, dans les zones viticoles notamment pour les emballages. Pour les plastiques, ce sont les zones d’élevage qui peuvent le plus progresser, cela vaut aussi pour les Hauts-de-France.

 

Comment améliorer le recyclage en agriculture ? Quelle sera votre feuille de route en ce sens ?

Par exemple, nous devons augmenter le nombre de collectes, améliorer la logistique pour qu’il soit plus facile pour les agriculteurs d’y participer. Généralement, deux semaines sont réservées au printemps et à l’automne dans les silos pour les opérations de collecte. Nous devons pouvoir ouvrir plus de créneaux, mais cela pose aussi des problèmes de stockage. Ensuite, les agriculteurs doivent être vigilants sur la propreté des déchets qu’ils apportent. Si les bidons de produits phytosanitaires sont mal nettoyés ou que les plastiques de maraîchage sont couverts de boues, ils ne pourront pas être recyclés. Il en va de la responsabilité de chacun. En tant que nouveau président, je veux mettre l’accent sur la communication autour du travail de la filière. D’abord auprès des agriculteurs, pour qu’ils participent plus et mieux aux opérations et surtout auprès du grand public qui méconnaît l’existence de cette filière. À l’heure où l’agriculture est souvent mise à mal sur ses pratiques, il est important de communiquer sur des actions positives comme celles d’Adivalor. Nous pouvons faire plus et mieux en créant de nouveaux partenariats avec l’État. Nous avons de l’avance dans ce domaine et nous devons rester exemplaires. Mais, comme le dit Rémi Haquin : l’avance, c’est ce qui est le plus difficile à garder !

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