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La décapitalisation du cheptel abordée par Elvea Normandie

À l'occasion de l'assemblée générale d'Elvea Normandie, jeudi 20 mars, à Godisson dans l'Orne, une présentation de l'état du marché de la viande à l'échelle mondiale et européenne a été réalisée par Charlène Lacroix, directrice d'Interbev Normandie.

Le territoire normand compte 765 400 vaches, soit 11,14 % du cheptel national. La Normandie, c'est 14,78 % du tonnage gros bovins produits, en deuxième position derrière les Pays de la Loire. C'est aussi 11,20 % du tonnage national de gros bovins abattus.
Le territoire normand compte 765 400 vaches, soit 11,14 % du cheptel national. La Normandie, c'est 14,78 % du tonnage gros bovins produits, en deuxième position derrière les Pays de la Loire. C'est aussi 11,20 % du tonnage national de gros bovins abattus.
© Ludivine Angé

« Tous les pays ne sont évidemment pas égaux quant à l'augmentation ou non des cheptels bovins. Nous notons une belle augmentation chez certains, notamment en Australie », introduit Charlène Lacroix, directrice d'Interbev Normandie, durant l'assemblée générale d'Elvea Normandie, jeudi 20 mars. En tête, l'Inde, avec 300 millions de bovins en 2019, suivie du Brésil avec 195 millions. « Alors que la production mondiale augmente, l'Europe connaît une baisse généralisée », précise Charlène Lacroix.

« La France étant à environ 85 % d'auto approvisionnement. Si la décapitalisation se poursuit, nous passerons, en 2035, à 65 % », alerte Charlène Lacroix d'Interbev.

La filière est frappée par la décapitalisation, soit 910 000 vaches perdues, dont 551 000 vaches allaitantes en moins (- 14 %) et 359 000 vaches laitières en moins depuis août 2016 (- 10 %). « La France a perdu 1,8 point, mais fait partie des gros consommateurs de viande bovine avec 21,1 kg/hab/an en 2024. » Le Danemark et l'Irlande ne sont pas loin avec respectivement 17 kg/hab/an et 21,6 kg/hab/an en 2024, année durant laquelle l'abattage des gros et jeunes bovins s'est maintenu en Europe.

Qui dit baisse de cheptel, dit hausse des cotations, « qui s'est poursuivie au premier trimestre 2025, excepté pour le haché, indique Charlène Lacroix. La cotation de la viande bovine, en particulier pour les jeunes bovins, est en hausse en raison d'une demande soutenue et d'une offre limitée sur plusieurs marchés européens. Nous sommes autour de 4,10 euros le kilo vif pour un charolais, soit une augmentation de 22 % par rapport à 2024. »

« L'augmentation des cours de la viande est bénéfique aux élevages », rappelle Franck Lainé président d'Elvea Normandie.

Plan de reconquête

Pour enrayer la décapitalisation du cheptel bovin allaitant, la Région Normandie a lancé un plan de reconquête de l'élevage en 2024 par la mise en place d'un accompagnement d'éleveurs souhaitant recapitaliser à travers les femelles reproductrices (vaches allaitantes, génisses amouillantes ou génisses pouvant être mises à la reproduction, âgées entre 15 et 24 mois), de race à viande pure, nées et élevées en France. Il s'agit là d'un contrat tripartite entre l'éleveur, la Région Normandie et Interbev Normandie.

Les modalités : « l'achat de minimum 20 femelles destinées à la reproduction sur une période de trois ans », précise la directrice. Deuxième modalité : la mise en place du contrat avec le premier acheteur respectant l'article L631-24 CRPM de la loi Egalim. À cela s'ajoute la justification d'une augmentation de cheptel de minimum 20 animaux après la mise en place du dispositif.

« La décapitalisation engendre une baisse du volume par abattoir. La FCO aura un impact sur les volumes de viande. Le manque risque de durer », intervient Mathieu Dagron, marchand de bestiaux.

« Il est demandé la mise en place d'un suivi technique de l'élevage », précise Charlène Lacroix. Elvea propose, gratuitement, un accompagnement dans la mise en place de ce plan.•

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