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La Brune a conquis Mathieu et Sébastien Delahais

Au Tilleul, le Gaec de Préfossé accueille quelques brunes dans le troupeau laitier pour augmenter ses taux et pour se faire plaisir.

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Mathieu et Sébastien Delahais accompagnés de Brunette, leur toute première Brune des Alpes.
© Catherine Hennebert

Mathieu et Sébastien Delahais sont tombés sous le charme de la brune des Alpes et projettent d'intégrer cette race dans leur troupeau laitier prim'holstein.
Tout a commencé avec Brunette qui est arrivée sur l'exploitation laitière du Tilleul complètement par hasard : « Nous avions un troupeau 100 % Prim'Holstein et un quota de 400 000 litres de lait. Avec la CLHN, nous avons récupéré des droits à produire et avons eu besoin de génisses. En 2012, nous avons acheté un lot chez un éleveur du pays de Bray, dans lequel il y avait une brune des Alpes prête à vêler. On s'y est très vite attaché car elle est très docile, calme et sociable. De plus, elle a une bonne production de lait, 7 500 litres en première lactation et 9 500 en seconde lactation, avec des taux de 42 et 35 ».
Conquis par la race, en 2016, les éleveurs achètent un lot de brunes des Alpes chez un éleveur de l'Oise. Aujourd'hui, elles sont au nombre de sept et l'intention est d'augmenter le nombre de Brunes dans le troupeau. C'est pourquoi, les éleveurs ont contacté l'Upra des brunes, le brune génétique services (BGS) pour se procurer des animaux de bon niveau génétique et avoir accès aux meilleurs taureaux et génisses.

Se faire plaisir avec une race attachante
En France, elle a été introduite en 1786 en Côte d'Or et dans le Tarn par des moines. Ces deux départements sont devenus les berceaux de la race. Le livre généalogique fut créé en 1911. Jusqu'à la fin des années 60, c'est une race mixte comme la plupart des laitières à l'époque. Aux Etats-Unis, la sélection s'oriente vers la quantité de lait et la qualité de la mamelle, donnant naissance à une race appelée « Brown Swiss » présentant des performances laitières importantes et une grande longévité. En France, les éleveurs vont utiliser la semence des meilleurs taureaux Brown Swiss pour améliorer le potentiel laitier de la Brune française. Aujourd'hui son lait très riche en protéines explique sa présence dans de nombreux élevages spécialisés dans la fabrication fromagère.
La grande force de la race est d'avoir réussi sa spécialisation laitière sans affecter la richesse de son lait en protéine, ni sa rusticité et sa longévité. « Ses pieds à corne noire sont plus résistants aux dermatites bovines et sa rusticité lui a permis de bien s'adapter à nos herbages de bords de mer », précisent ainsi Mathieu et Sébastien.
« Sans détruire le travail de génétique prim'holstein réalisé au sein de notre troupeau, intégrer 30 % de brunes va permettre d'augmenter les taux et de maintenir la production à 800 000 litres sans réaménager le bâtiment. C'est une race très proche de l'homme. Les brunes sont les meneuses dans le troupeau, elles sont toujours les premières en salle de traite. Les mâles font de bons taurillons. C'est une race très attachante qui nous donne beaucoup de satisfaction. C'est important de se faire plaisir dans notre métier qui connaît une conjoncture difficile ».

A noter
La race Brune est l'une des plus anciennes du monde. Elle est originaire de Suisse et est présente aujourd'hui sur tous les continents. Avec 10 millions de têtes, elle est la seconde race laitière.

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