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La baisse de la production porcine se confirme

Arnaud Clouet, secrétaire général de la Fédération nationale porcine (FNP), est venu à la rencontre des éleveurs normands, vendredi 6 décembre à Caen. De nombreuses préoccupations ont pu être partagées.

Boris Mousset, président de la section porc de Normandie, et  Arnaud Clouet, secrétaire général de la FNP.
Boris Mousset, président de la section porc de Normandie, et  Arnaud Clouet, secrétaire général de la FNP.
© Joël Rébillard

Premier sujet de préoccupation : le prix du porc. Si les deux années qui viennent de s'écouler ont été marquées par des prix en nette hausse, les charges ont suivi le même mouvement et rogné l'amélioration des marges que les éleveurs auraient pu espérer. Au-delà du prix en lui-même, c'est le mode de fixation du prix qui interroge les éleveurs. L'absence de grands opérateurs de la filière au marché du porc de Plérin (MPB) lui ôte une partie de sa représentativité. La FNP constate d'ailleurs que les prix pratiqués par les acheteurs de porcs suivent de près les mêmes évolutions que le prix du MPB. Mais si la rentabilité des élevages est de retour, de profondes inquiétudes demeurent quant à la pérennité de la production. Les tendances sont orientées à la baisse des volumes sous l'effet d'un manque de renouvellement des éleveurs et de difficultés de plus en plus grandes pour investir dans les outils de production. Les éleveurs s'inquiètent aussi des conséquences que cela pourrait avoir sur l'abattage, la Normandie ayant d'ailleurs déjà perdu ses outils d'abattage de porcs. Ainsi avec une perte de 16 % de ses sites de production, la production recule plus vite en Normandie que sur l'ensemble du territoire national (- 13 %). L'autosuffisance se dégrade de 3 à 4 points chaque année et la France va bientôt devenir importatrice nette de viande porcine. Les chiffres de l'Institut du porc (IFIP) démontrent que la production française est passée de 23 millions de porcs en 2020 à 21,9 en 2024. Une telle tendance pourrait amener la production à 16 millions de porcs en 2030, soit à 71 % d'autosuffisance. Des tendances qui justifient les demandes de simplification portées par le syndicalisme agricole en matière d'installations classées pour l'environnement (ICPE) ou de programme d'action de la directive nitrates, notamment dans le cadre de la proposition de loi Duplomb.

Sanitaire et bien-être

L'autre sujet majeur de préoccupation de la filière porcine est sanitaire. La fièvre porcine africaine est désormais aux portes de la France, à 40 kilomètres de la frontière. Si la "régionalisation" de la maladie permet aux pays européens indemnes d'exporter vers la Chine, la FNP s'interroge sur la réaction chinoise au cas où un cas de FPA serait détecté en France, qui plus est dans le contexte de contentieux commercial entre l'Europe et la Chine à propos des véhicules électriques. Les mesures de biosécurité doivent donc être appliquées au maximum autour des élevages français et la FNP déplore d'ailleurs que le taux d'audits qui remontent à la surface soit trop faible. La question de la prolifération de la faune sauvage, notamment des sangliers est aussi posée à ce propos.

Enfin, si le bien-être animal n'est plus un sujet annexe mais bel et bien une préoccupation des éleveurs et de toute la filière, les projets européens ne manquent pas d'inquiéter les éleveurs. La révision des surfaces disponibles en maternité et verraterie va entraîner des besoins d'investissements évalués à 2 milliards d'euros auxquels les éleveurs ne pourront pas faire face, seuls. Le projet de directive relatif au transport des animaux vivants pourrait avoir de graves conséquences sur les coûts et donc, sur la compétitivité de toute la filière française. Le texte sera discuté au printemps par le Parlement européen et, avec la directive sur les émissions industrielles, ce sera un nouveau combat qu'il faudra mener en relation avec les députés européens.•

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